70 ans après l'adoption de l'Acte constitutif de l'UNESCO : quelques itinéraires à travers son histoire

Le 16 novembre 1945, la Convention créant une Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture est signée par 37 pays, à Londres, Royaume-Uni. L’Acte constitutif entre en vigueur dès 1946. 

Au cours de ces 70 années, l'UNESCO a servi de laboratoire mondial d'idées. Mais comment ces idées ont-elles été traduites en actions et comment celles-ci ont-elles amélioré le monde ? Répondre à cette question est le défi relevé par un groupe international de chercheurs qui travaille actuellement sur une nouvelle Histoire de l'UNESCO, fondée non pas sur ses idées, mais sur leur mise en œuvre et leur pertinence sur le terrain.

« Construire la paix dans l'esprit des gens » - tel est le mandat fondamental de l'UNESCO. Mission impossible ? Pas nécessairement.

L'imprimerie nationale coréenne, capable de produire trente millions de livres par an, dans un pays où « un simple manuel de classe représentait un luxe » au début des années 1950, est l'un parmi tant d'autres exemples d'impact tangible de l'UNESCO dans le monde.

Dès 1945, l'UNESCO a adopté une approche holistique de l'éducation, et elle a réussi à convaincre le monde que l'éducation était un outil essentiel pour le développement. Aujourd'hui cela paraît une évidence. Il y a 70 ans, voire moins, il a fallu se battre pour faire accepter l'idée.

Autre innovation: l'UNESCO a inauguré sur la scène internationale ce qu'on appellerait aujourd'hui une « politique mondiale du livre ». Une démarche sans précédent qui a eu « un impact positif évident sur le développement du livre, de la lecture et de l’éducation dans le monde ».

« Chaque fois qu'il se manifeste, sous quelle que forme que ce soit, le racisme constitue une force du mal, et si l'UNESCO peut l'anéantir en le combattant avec la vérité, elle fera le bien », écrivait le New York Times, en 1950, à la suite d'une vaste campagne contre le racisme que l'Organisation avait menée depuis un an.

L'histoire globale, courant historiographique en vogue actuellement, qui se propose d'étudier les interactions entre les civilisations, a été précédée de longue date par le projet d'Histoire du développement scientifique et culturel de l’humanité, entériné par l'UNESCO en 1947 : sa collection d'Histoires générales et régionales comprend aujourd'hui plus de 50 volumes, qui totalisent environ 40.000 pages, rédigées par 1.600 experts internationaux.

Le seul exemple du Projet majeur pour l’appréciation mutuelle des valeurs culturelles de l’Orient et de l’Occident, adopté par la Conférence générale de l'UNESCO de 1956, en dit long sur l'approche de l'UNESCO, en matière d'histoire, axée sur l'interaction entre les cultures.

Il est évident que lorsque les objectifs sont d'ordre technique, l'impact de l'UNESCO est plus simple à démontrer que lorsqu'il s'agit d'objectifs d'ordre éthique. Mais il est aussi évident que l'UNESCO s'emploie depuis sa création à « bâtir cette utopie qui nous permettra de partager la Terre », évoquée par l'écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez, dans un entretien au Courrier de l'UNESCO, en 1991. « Une Terre où personne ne décidera à la place des autres, où les peuples marginalisés se verront accorder une nouvelle chance, où la solidarité sera devenue réalité.»

Liste des articles

 17 novembre 2015 Agnès Borde Meyer : L'UNESCO sur le terrain de l'archéologie iranienne et afghane 

16 novembre 2015  Elikia M'Bokolo : L'UNESCO contre le pari de l'amnésie

16 novembre 2015 Jens Boel : L'Education de base, un concept précurseur

16 novembre 2015 Céline Giton : Quel impact pour la politique du livre de l'UNESCO ? 

16 novembre 2015 Aigul Kulnazarova : Réconciliation historique et éducation au Japon

26 octobre 2015 Poul Duedahl : L'UNESCO, change-t-elle le monde ?
 

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