Médias: opération décontamination

Le Courrier de l'UNESCO juillet - septembre 2017

Médias traditionnels en perte de vitesse, profusion d’informations sans garantie de fiabilité, frontières brouillées entre faits et opinions, éthique professionnelle défaillante… Le journalisme est « sous les feux de la critique », pour reprendre le titre du colloque international qui s’est tenu à l’UNESCO le 23 mars 2017. L’heure est venue de se demander si le quatrième pouvoir constitue encore un pouvoir. Il perd sa crédibilité, il peine à regagner la confiance du public.

Les évolutions technologiques, économiques et politiques de cette dernière décennie ont fini par contaminer le champ médiatique mondial. La polarisation des médias qui constitue, certes, un outil précieux de la démocratie, favorise en même temps la viralité de contenus éditoriaux faux, truqués, souvent toxiques. Informé ou manipulé ? Le public a souvent du mal à faire la distinction entre vérité et contre-vérité.

Alors que l’infaux risque de l’emporter sur l’info, le Courrier invite des journalistes et experts d’une dizaine de pays à se prononcer sur le sujet dans son Grand angle, et à proposer des solutions possibles aux problèmes qui menacent aujourd’hui les médias.

Pour surmonter la crise du journalisme, il faut commencer par décontaminer le champ médiatique, estiment les journalistes, car il est aujourd’hui attaqué par toutes sortes de « hoax », « faits alternatifs » et autres « fake news » (voir lexique). Mais le débat sur cette crise va plus loin : il met en relief des points de vue différents, voire divergents, sur les rôles respectifs et entrecroisés des médias traditionnels et des nouvelles technologies médiatiques ; il interroge l’éthique et l’éducation ; il s’intéresse aux nouveaux modèles économiques ; il cherche des moyens permettant aux médias de retrouver leur fonction essentielle de contre-pouvoir et de redevenir les garants du bon fonctionnement de la démocratie.

En effet, journalistes et  médias tiennent à assumer ce qu’ils considèrent comme l’un de leurs devoirs majeurs : dénoncer les violations des droits démocratiques. Parfois le prix à payer est très cher, comme le montre l’exemple de Dawit Isaak, lauréat du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano 2017. Son portrait est à la une de nos Actualités, rubrique qui propose par ailleurs un débat sur la reconstruction des biens culturels détruits, au moment de la tenue de la 41e session du Comité du patrimoine mondial ; un « vaccin » contre l’analphabétisme, à l’occasion de la Journée internationale de l’alphabétisation ; et une plaidoirie en faveur des Ressources éducatives libres, pour marquer le 2e Congrès mondial des REL.

Notre invitée de ce numéro est la « Lionne » de Lampedusa, Giuseppina Nicolini, qui partage avec SOS Méditerranée le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, décerné par l’UNESCO en avril 2017. Elle raconte notamment comment les 6 500 habitants de la petite île italienne ont accueilli 25 000 migrants en deux mois.

Avec la rubrique Idées, le Courrier s’associe à la première Conférence mondiale des humanités, qui se tient à Liège (Belgique), du 6 au 12 août 2017. Une occasion de promouvoir l’humanitude, un concept qui explore l’ouverture sur l’Autre, seule issue possible d’un monde désenchanté ; le rôle des sciences humaines, notamment dans les Caraïbes ; et la poésie, en tant que vecteur des connaissances et des valeurs humaines.

« Mon visage, ma terre » est le titre du photoreportage d'IDENTiTESproject, publié à l’occasion de la Journée internationale des peuples autochtones. Dans ce Zoom, le Courrier vous invite à faire un tour au Paraguay, chez les Xákmok Kásek.

Jasmina Šopova, Directrice éditoriale

 

2017 Juillet - septembre