Coup de projecteur sur la liberté artistique avec la Convention de 2005 de l’UNESCO - Célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse

La liberté artistique dans l’environnement numérique et la réponse aux nouveaux défis que doivent relever les politiques culturelles feront partie des thèmes débattus pour célébrer la Journée mondiale de la liberté de la presse 2016 à Helsinki en Finlande.

Cette série d’évènements, organisée en partenariat avec le Centre Culturel HANASAARI pour la Suède et la Finlande et la division de l’UNESCO pour la liberté d’expression et le développement des médias, débutera le 2 mai prochain avec une table ronde de haut niveau portant sur l'avenir des politiques culturelles dans le cadre du développement durable et sur l'impact de la Convention de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles sur l'élaboration de celles-ci.

Seront présents lors de l’évènement : la Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova ; la ministre finlandaise de l'Éducation et de la Culture, Sanni Grahn-Laasonen ; la ministre suédoise de la Culture et de la Démocratie, Alice Bah Kuhnke ; la ministre norvégienne de la Culture, Linda Cathrine Hofstad Helleland ; le ministre danois de la Culture, Bertel Haarder et le ministre islandais de l’Éducation, de la Science et de la Culture, Illugi Gunnarsson.

L'événement explorera les priorités relatives à la mise en place de futures politiques culturelles, particulièrement dans le contexte du nouveau Programme de développement durable à l'horizon 2030, ainsi que les actions nécessaires dans le domaine de la liberté artistique. En 2015, 469 cas de censures et d'agressions contre des artistes ont été recensé, soit deux fois plus qu'en 2014, selon le rapport Art Under Threat rédigé par Freemuse, une ONG internationale qui défend et surveille la liberté d'expression des musiciens et des compositeurs à travers le monde.

« Dans l'esprit de la Convention de 2005, nous devons réaffirmer que le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales d'expression, d'information et de communication est un pré-requis à la création, à la distribution et à la jouissance de diverses expressions culturelles », a déclaré Danielle Cliche, Chef de la Section de la Diversité des expressions culturelles de l'UNESCO.

« Soutenir la liberté de circulation des professionnels de la création et améliorer les droits sociaux et économiques des artistes font partie des objectifs vers lesquels nous devons tendre » a-t-elle ajouté.

Parmi les moments forts de l'événement d'Helsinki, citons également le discours d'ouverture de Tarja Halonen, ancienne Présidente de la République de Finlande et Présidente de la galerie nationale de Finlande, ainsi qu'un débat sur « L'amélioration de la liberté artistique à l'ère du numérique ».

« En tant qu'artiste et activiste, je sais ce que ça fait de se voir priver de sa liberté d’expression ; ce n'est pas seulement bouleversant sur le plan personnel, mais cela dépossède aussi notre société de la diversité qui fait de nous des êtres humains », a témoigné Deeyah Khan, cinéaste norvégienne d'origine pakistanaise récompensée par un Emmy Award.

Mme Khan évoquera ensuite avec l'écrivain nigérien Jude Dibia, l'artiste visuel irako-finlandais Adel Abidin, l'artiste visuelle française Aude Pariset et le directeur du musée d'art contemporain Kiasma d'Helsinki Leevi Haapala, comment les artistes peuvent utiliser les technologies numériques pour promouvoir la liberté d'expression, ainsi que leurs impacts jusqu’à présent.

Le 3 mai se tiendra une session parallèle spéciale intitulée : « La liberté artistique est-elle un nouveau défi de développement ? » ouverte par Sanni Grahn-Laasonen, ministre finlandaise de l'Éducation et de la Culture ainsi que plusieurs auteurs du Rapport mondial de l'UNESCO, « Re|penser les politiques culturelles ».

« Les violations de la liberté artistique proviennent de problématiques politiques, religieuses, socio-culturelles et relatives au genre. Les conflits portant sur les expressions artistiques découlent de conflits internes aux sociétés, de conflits relatifs au contrôle de la sphère publique et les artistes sont particulièrement vulnérables puisqu’ils travaillent souvent seuls », affirme Ole Reitov, Directeur exécutif de Freemuse et auteur du chapitre Les défis de la liberté artistique dans le Rapport mondial de l'UNESCO « Re|penser les politiques culturelles. » 

« L'état de droit et les conventions internationales doivent être respectées et mise en œuvre par tous les États membres. La diversité culturelle n'est possible que lorsque le droit des artistes à la liberté d’expression est assuré et lorsque la liberté d'accès et la sécurité nécessaire pour prendre part aux événements culturels sont garanties pour tous les groupes sociaux », a-t-il ajouté.

Le rapport « Re|penser les politiques culturelles » a été financé par l'agence suédoise de coopération internationale pour le développement (ASDI) dans le cadre du projet Renforcer les libertés fondamentales à travers la promotion de la diversité des expressions culturelles.

« L'ASDI soutient les acteurs de la société civile qui ont un rôle clé dans le développement de la démocratie et la prise en compte croissante du respect des droits de l'homme. Grâce à la Convention de 2005, nous pouvons encourager les gouvernements à introduire des politiques qui protègent et font la promotion de la diversité des expressions culturelles et à plaider pour l’inscription de la liberté d’expression, notamment pour les artistes et professionnels de la culture, dans le programme pour le développement durable », a déclaré Marie Ottosson, Directrice générale adjointe de l'Agence suédoise de coopération internationale pour le développement (ASDI).


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Programme des événements de la Journée mondiale de la liberté de la presse 2016

Regarder en Streaming:

2 Mai, National Museum  à 13.00


3 Mai, Finlandia Hall à 10.30

Informations complémentaires :

RE|SHAPING CULTURAL POLICIES - En anglais

Art Under Attack - En anglais