La liberté artistique et la créativité, facteurs clés du développement durable – Irina Bokova et les ministres de la Culture des pays nordiques

Les politiques culturelles qui garantissent la liberté d'expression et favorisent la créativité sont essentielles pour le développement à long terme d'un pays. C'est autour de ce thème principal que se sont réunis le 2 mai Irina Bokova, Directrice générale de l'UNESCO et six ministres de la Culture des pays nordiques,  pour un débat marquant le début des évènements de la Journée mondiale de la liberté de la presse, à Helsinki en Finlande.

Organisée au Musée national, cette discussion de haut niveau était animée par le Conseil des ministres des pays nordiques et avait pour thème :Repenser les politiques culturelles en faveur du développement, promouvoir la diversité des expressions culturelles et la liberté artistique à l'ère numérique.

« La culture est un élément essentiel du développement durable », a affirmé Mme Tarja Halonen, ancienne Présidente de la République de Finlande et Présidente du musée national de Finlande dans son discours, en soulignant l'importance de l'égalité des genres dans la refonte des politiques culturelles.

Modéré par Jussi-Pekka Rantanen, journaliste et producteur de la société finlandaise de radiodiffusion, ce débat a donné lieu à une discussion animée entre Irina Bokova ; Sanni Grahn-Laasonen, ministre finlandaise de l'Éducation et de la Culture , Alice Bah Kuhnke, ministre suédoise de la Culture et de la Démocratie ; Linda Hofstad Helleland, ministre norvégienne de la Culture ; Bertel Haarder, ministre danois de la Culture ; et Illugi Gunnarsson, ministre islandais de l’Éducation, de la Science et de la Culture. Rigmor Dam, ministre de la Culture des îles Féroé représentant les ministres de la Culture et de l'Éducation des trois territoires nordiques autonomes – le Groenland, les îles Féroé et Åland – a également pris la parole.

« Je remercie le Conseil des ministres des pays nordiques pour cette initiative – et pour avoir associé ce débat aux célébrations de la Journée mondiale de la liberté de la presse », a déclaré la Directrice générale.  

« Cet évènement est important et innovant, il témoigne de l'engagement profond des gouvernements et des sociétés représentés par le Conseil des ministres des pays nordiques en faveur de la promotion de la diversité culturelle, de la créativité et de la liberté d’expression, identifiées comme les fondements de sociétés saines, ouvertes et dynamiques. »

La Convention de 2005 de l'UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles met en avant les droits de l’homme et les libertés fondamentales d'expression, d'information et de communication, ainsi que le droit des gouvernements de mettre en œuvre des politiques qui soutiennent la créativité et la liberté artistique. En effet les industries culturelles et créatives ont une valeur à la fois économique et culturelle, et ont un rôle important à jouer pour l'économie mondiale et pour l'avènement de sociétés tolérantes.

Lors du débat de haut niveau à Helsinki, les interventions ont porté sur l'intégration de la culture dans les politiques nationales en faveur du développement et dans les programmes internationaux d'assistance au développement, conformément au Programme de développement durable à l'horizon 2030 adopté par les États membres des Nations Unies en 2015. 

Dans le cadre de ce programme pour 2030, le rapport mondial de l'UNESCO Re|penser les politiques culturelles financé par le gouvernement suédois, souligne la contribution de la liberté d’expression par le biais des industries créatives (cinéma, musique, art, arts du spectacle, médias, etc.) et montre comment cela favorise le développement des pays à travers le monde. Il s'agit du premier rapport de suivi sur l'impact de la Convention, dix ans après son adoption.

Les industries culturelles et créatives forment l'un des secteurs de l'économie mondiale qui progresse le plus rapidement, avec un taux de croissance de17,6 % au Moyen-Orient, 13,9 % en Afrique, 11.9 % en Amérique du Sud, 9,7 % en Asie, 6,9 % en Océanie, et 4,3 % en Amérique du Nord et Amérique centrale.

Tous les pays nordiques qui ont pris part au débat ont ratifié la Convention de 2005  qui guide les États sur les façons de mettre en place de meilleures politiques culturelles pour protéger et promouvoir le travail des professionnels de la création et des médias.

La ministre suédoise de la Culture, Alice Bah Kuhnke, a été très claire : « La ratification c'est une chose, mais maintenant nous devons pleinement mettre en œuvre la Convention. »

Alors que le nombre d'attaques visant des artistes recensées en 2015 a augmenté, le modérateur Jussi-Pekka Rantanen – journaliste pour la société finlandaise de radiodiffusion YLE – a appelé les ministres à adopter les mêmes priorités en matière de protection de la liberté artistique.

La discussion a mis l'accent sur le pouvoir de la diversité des expressions culturelles pour favoriser les droits de l'homme et la dignité humaine, ainsi que l'emploi, les revenus et l'égalité des genres. C'est ainsi que la culture est un vecteur de progrès et ouvre des voies vers un développement plus inclusif et plus durable – notamment dans les pays en développement – pour mener à bien le Programme pour 2030.

À l'occasion de la table ronde, les ministres de la Culture des pays nordiques ont publié la Déclaration sur la promotion de la diversité des expressions culturelles et de la liberté artistique à l'ère numérique. Celle-ci appelle la communauté internationale, en particulier, à renforcer le suivi mondial de domaines tels que la liberté artistique, l'égalité des genres, la participation de la société civile et les défis inhérents à l'ère numérique.


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Programme des événements de la Journée mondiale de la liberté de la presse 2016

Informations complémentaires : Re|penser les politiques culturelles

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