Deeyah Khan – Réalisatrice norvégienne et productrice de musique nommée Ambassadrice de bonne volonté pour la Convention 2005 de l’UNESCO

Mme Deeyah Khan est devenue le 21 novembre 2016 la première Ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO pour la liberté artistique et la créativité.

La cérémonie s’est tenue au Siège de l’UNESCO à Paris en présence de la Directrice générale, Madame Irina Bokova, Mme Laila Bokhari, Secrétaire d’Etat du ministère des Affaires étrangères de la Norvège, et Mme Elin Østebø Johansen, Déléguée permanente et Ambassadrice de la Norvège auprès de l’UNESCO.

Mme Khan est née en Norvège et a consacré sa vie et son travail à la promotion de la liberté d'expression pour les artistes et des droits de l'homme grâce à diverses initiatives et plates-formes qu’elle a elle-même créées. Elle a réalisé plusieurs de ses projets par le biais de Fuuse, sa société de production de musique, d’art et de films, ainsi que par le World Woman Festival d'Oslo, le magazine primé en ligne « sister-hood » et une série d'événements pour promouvoir une meilleure représentation des femmes et des artistes.

Mme Khan, qui a déjà participé à des réunions d'experts sur la liberté artistique organisées par l’UNESCO, en particulier pendant la Journée mondiale de la liberté de la presse en 2016 à Helsinki, en Finlande, concentrera ses activités de plaidoyer sur les questions de la liberté de création, de la mobilité et des droits économiques et sociaux des artistes. Elle aidera également à mobiliser des appuis financiers au Fonds International pour la Diversité Culturelle (FIDC), qui a été créé dans le cadre de la Convention de l'UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles afin de soutenir les industries culturelles et créatives dans les pays en développement.

 « L'art est nécessaire à la démocratie au même titre que la liberté de la presse. Ce fait est d’une profonde importance dans cette Maison, pour que tous comprennent le mandat de l'UNESCO en matière de communication et de culture », a déclaré Irina Bokova lors de la cérémonie.

En acceptant cette nomination et son certificat, Mme Khan a souligné : « Dans n'importe quel pays, la notion des droits de l’homme devrait inclure la liberté de création des artistes. Cela inclut également la liberté de mouvement, car la mobilité est devenue une partie intrinsèque de la vie des artistes et de leurs pratiques créatives ».

« Le droit des artistes de s'exprimer librement est menacé dans le monde entier. L'art a la capacité extraordinaire d'exprimer la résistance et la rébellion, la contestation et l'espoir. Il est une contribution vitale pour qu’une démocratie fonctionne », a-t-elle ajouté.

Evoquant la nécessité de défendre les droits de l'homme pour les artistes, la Secrétaire d'Etat Laila Bokhari a déclaré: « La liberté ne dépend pas des politiques et mesures qui favorisent et protègent seulement la liberté artistique. Afin de maintenir un espace de liberté de création, il est également essentiel de favoriser des politiques et mesures qui reconnaissent et promeuvent les droits sociaux et économiques des artistes. Ceci est clairement souligné dans le Rapport mondial de suivi de la Convention de 2005 : "Reǀpenser les politiques culturelles" ».

À la suite de la cérémonie s’est tenu un débat réunissant la nouvelle ambassadrice de bonne volonté et M. Frank La Rue, Sous-Directeur général pour la communication et l’information, ainsi qu’un auditoire composé d'étudiants, d'universitaires et d'experts.

«Les voix critiques prennent différentes formes. L'art a toujours été une voix de contestation dans nos sociétés. En réalité, il exprime une expression très profonde des sociétés et a souvent un impact énorme au-delà des discours public et politique. La reconnaissance de la diversité des expressions culturelles est essentielle », a souligné Frank La Rue.

Le débat s'est terminé par la projection de l’un des derniers films de Deeyah Khan, JIHAD - A Story of Others (JIHAD – Une histoire des autres).

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