L'approche intégrée de la Colombie pour encourager son industrie cinématographique

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Cette publication fait partie d'une série d'articles mettant en lumière les principaux thèmes de l’édition 2018 du Rapport mondial de l'UNESCO "ReIPenser les politiques culturelles" qui sera lancé au Siège de l’UNESCO le 14 décembre prochain.

Les films colombiens ont reçu un grand accueil ces dernières années auprès du public, tant dans le pays que dans le monde. Une partie de ce succès revient aux politiques prises de manière intégrées et éclairées qui couvrent toute la chaîne de valeur du secteur cinématographique, de la création à la production, en passant par la distribution et l'accès.

En 2016, le cinéma colombien a été mis à l'honneur avec le film El Abrazo de la Serpiente de Ciro Guerra, devenant ainsi le premier long métrage de la Colombie à être nommé aux Oscars dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère.

Pendant plus d'une décennie, l'industrie cinématographique colombienne a connu une augmentation constante du nombre de films réalisés et dans la fréquentation des salles de cinéma. Si l’on en juge l’édition 2018 du rapport mondial de l'UNESCO "Re|penser les politiques culturelles", il existe une forte corrélation entre la mise en œuvre des politiques et les investissements financiers directs au sein de la chaîne de valeur culturelle et un meilleur accès du public au contenu produit localement, en particulier dans les pays en développement.

Une approche intégrée

Depuis l'adoption en 1997 de la Loi nationale de la culture (Ley Nacional de Cultura), qui a permis la création du ministère de la Culture, plusieurs textes législatifs et politiques concernant l'industrie cinématographique ont été adoptés.

La Loi de 2003 sur le cinéma a introduit des incitations fiscales pour la production de films et le Fonds de développement cinématographique a collecté les redevances auprès des distributeurs et des producteurs, en ciblant la formation, la production et la distribution de film aux niveaux national et international. Selon les statistiques nationales, le nombre de longs métrages réalisés en Colombie est passé de 5 en 2003 à 41 en 2016 ; quant à la fréquentation des salles de cinéma pour les films nationaux, elle s'est multipliée (passant de 2,3 millions de personnes en 2007 à 4,7 millions en 2016). De plus, le Fonds de développement du cinéma a investi plus de 10 millions de dollars des E-U dans la production cinématographique nationale depuis 2017. Ces résultats ont également eu un effet sur l’augmentation des emplois dans le secteur du film.

En 2012, la Loi sur le tournage (Ley Filmación Colombiana) a également été adoptée créant le Fonds du film colombien, qui offre des incitations financières aux entreprises étrangères pour tourner des films en Colombie, tout en les encourageant à avoir recours à des techniciens et des prestataires de services locaux. D'autres mesures ont également été adoptées pour dispenser une formation visant à renforcer les capacités dans les zones rurales

Un futur prometteur

Les données du compte satellite de la culture du pays indiquent qu'en 2013 le secteur cinématographique et audiovisuel représentait le plus grand secteur culturel avec 32,5% de la valeur ajoutée totale des industries culturelles, ce qui représente plus de 1,7% du PIB colombien.

Avec un cadre législatif puissant pour l'industrie du cinéma, l'objectif est de développer de nouvelles mesures pour d'autres secteurs des industries culturelles. L'adoption récente de la « Loi orange » en avril 2017 marque un pas prometteur vers le développement de toutes les industries culturelles et créatives.

Comme indiqué dans l’édition 2018 du Rapport mondial de l'UNESCO sur les politiques culturelles, le développement des industries culturelles et créatives doit s'accompagner de mécanismes croissants de coopération interministérielle et de participation multipartite à l'élaboration des politiques.