Présentation du Rapport mondial de l'UNESCO « Re|penser les politiques culturelles » au Parlement européen

Le premier Rapport mondial de l'UNESCO sur la mise en œuvre et l'impact de la Convention de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles  a été présenté à la Commission de la culture et de l'éducation du Parlement européen, le 21 juin 2016, à Bruxelles.

Le Rapport Re|penser les politiques culturelles a été présenté à la présidente de la Commission de la culture et de l'éducation, Silvia Costa, aux membres du Parlement européen et aux autres représentants de l'UE, par le Sous-directeur général de l’UNESCO pour la culture, Francesco Bandarin, et la Secrétaire de la Convention de 2005, Danielle Cliche.

Ce rapport mondial, rédigé avec la contribution d'experts internationaux, analyse les tendances mondiales et les défis rencontrés dans les quatre domaines d'intervention principaux de la Convention : les systèmes de gouvernance durables de la culture ; un échange équilibré des biens et services culturels, ainsi que la mobilité des artistes et des professionnels de la culture ; la culture dans les cadres de développement durable ; et les droits de l’homme et les libertés fondamentales.

Le rapport s'intéresse également aux défis actuels relatifs à la liberté artistique. Il appelle à un soutien renforcé et continu des artistes dont la liberté d'expression est menacée, ainsi qu'à une meilleure représentation des femmes dans les industries créatives.

Il reconnaît par ailleurs les médias de service public et les technologies numériques comme des moteurs importants pour la diversité des expressions culturelles. À travers sa stratégie Europe 2020, l'Union européenne a ouvert la voie à la promotion d'un marché unique du numérique visant à encourager l'innovation, la croissance économique et le développement. Afin de répondre à la mutation profonde du paysage culturel, un nouveau projet de directives opérationnelles sur les questions numériques sera également présenté et débattu par le Comité intergouvernemental de la Convention de 2005 lors de sa prochaine session (12-15 décembre 2016).

À ce jour, 143 pays ainsi que l'Union européenne ont ratifié la Convention de 2005.

Dans le rapport, il est montré que la Convention de 2005 a eu un impact fort sur la politique économique et commerciale de l'UE, visant à parvenir à un échange plus équilibré des biens et services culturels dans le monde. Depuis 2005, l'Union européenne a notamment conclu sept accords commerciaux (avec la Géorgie, la Moldavie, l'Ukraine, le Canada, la République de Corée, les États du CARIFORUM et l'Amérique centrale) qui se réfèrent explicitement à la Convention de 2005. Trois de ces accords commerciaux (avec les États du CARIFORUM en 2008, la République de Corée en 2010 et plusieurs états d'Amérique centrale en 2012) comprennent des Protocoles de coopération culturelle reconnaissant la spécificité des biens et services culturels, et régissant l'attribution de clauses de traitement préférentiel pour les pays en développement.

La présentation du Rapport mondial à Bruxelles fait suite à la récente annonce par l'Union européenne d'une nouvelle Stratégie de relations culturelles internationales, qui souligne l'importance de la Convention de 2005 comme moteur de progrès économique et sociale des pays en développement. « En tant que Partie à la Convention de 2005, l'Union européenne s'attache à promouvoir la diversité des expressions culturelles dans le cadre de ses relations culturelles internationales », est-il souligné dans la stratégie.  

« Ces dernières années, grâce au financement de l'Union européenne, nous avons pu soutenir une douzaine de pays en développement dans leurs efforts pour concevoir et mettre en œuvre de nouvelles politiques dans les secteurs de la culture et de la création », déclare Francesco Bandarin, Sous-directeur général de l’UNESCO pour la culture.  « Les parlementaires ont un rôle essentiel à jouer pour promouvoir et respecter les objectifs de la Convention, notamment pour encourager des systèmes de gouvernance de la culture basés sur le respect des libertés fondamentales. Grâce à leur soutien et en collaborant étroitement avec les acteurs de la société civile, nous pouvons approfondir les dialogues politiques sur le rôle de la culture dans la mise en œuvre du Programme des Nations Unies pour le développement durable à l'horizon 2030 », souligne-t-il également.

Ce Rapport mondial a été réalisé avec le soutien financier du gouvernement suédois, à travers l'Agence Suédoise de Coopération Internationale pour le Développement (ASDI), dans le cadre du projet « Renforcer les libertés fondamentales à travers la promotion de la diversité des expressions culturelles ».

Informations complémentaires

Re|penser les politiques culturelles

Investir dans la culture pour parvenir au développement durable