La République de Corée s'associe à l'UNESCO pour renforcer les industries culturelles en Ouganda

L'Afrique de l'Est est en train de s'affirmer comme une zone importante de créativité et d'entrepreneuriat. C'est pourquoi l'UNESCO lancera, avec le soutien financier de la République de Corée, un nouveau projet de renforcement des industries culturelles et des compétences des professionnels de la création le 27 juillet 2016 en Ouganda.

Ce projet, intitulé « Développement des industries créatives pour la diversité des expressions culturelles : Renforcement de la durabilité des industries créatives en Ouganda », soutient la mise en œuvre de la Convention de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles ratifiée par l'Ouganda en avril 2015.

« Nous sommes reconnaissants du soutien de la République de Corée », souligne Mme Rosie Agoi, Secrétaire générale de la Commission nationale de l'UNESCO pour l'Ouganda. « L'Ouganda est convaincu du potentiel des industries créatives à contribuer au développement durable du pays. C'est l'une des raisons principales pour lesquelles nous avons ratifié la Convention de 2005. Nous sommes certains que ce projet nous donnera une base solide ainsi que l'impulsion nécessaire à un développement plus poussé des industries créatives en Ouganda. »

Pour le lancement du projet dans la capitale à Kampala, au Théâtre National et Village de l’artisanat, des experts techniques des ministères, départements et agences concernés ainsi que du secteur privé et des universités constitueront un groupe de travail qui sera présidé par le ministère du Genre, du Travail et des Affaires sociales ainsi que par le Directeur du Bureau régional de l'UNESCO pour l'Afrique de l'Est. Le groupe mènera un exercice de cartographie des industries culturelles dans trois régions du pays et supervisera une série de sessions de formation ayant pour objectif de renforcer les compétences en matière de design artistique, de marketing et de gestion afin d'améliorer la qualité des produits culturels et poser les bases d'une augmentation des revenus. 

La réunion sera inaugurée par Mme Rosie Agoi, Secrétaire générale de la Commission nationale de l'UNESCO pour l'Ouganda, S.E Jong-Dae PARK, Ambassadeur de la République de Corée en Ouganda, M. Mohamed Djelid, Directeur du Bureau régional de l'UNESCO pour l'Afrique de l'Est et M. Pius Bijirimana, Secrétaire permanent du ministère du Genre, du Travail et des Affaires sociales de l'Ouganda.

« Nous pensons que la Convention de 2005 est un outil important pour la promotion de la diversité des expressions culturelles et pour l'amélioration des voies du développement local, conformément aux objectifs de développement durable des Nations unies à l'horizon 2030 », déclare Keum Gi Hyung, Directeur de la division des affaires culturelles internationales de la République de Corée.  « La créativité est importante pour les sociétés car elle apporte une cohésion sociale et facilite les échanges et l'accès aux marchés », ajoute-t-il.

L'Ouganda est déjà une scène reconnue de l'industrie cinématographique : c'est là qu'a été tourné le film hollywoodien Mississippi Masala, avec Denzel Washington et réalisé par Mira Nair. Mme Nair a également créé une école de cinéma à Kampala, le Maisha Film Lab, qui accueille de jeunes réalisateurs, scénaristes et producteurs venant d'Ouganda, du Kenya, du Rwanda et de Tanzanie.

Une étude de 2015 du British Council intitulée Scoping the creative economy in East Africa (Étude sur la portée de l'économie créative en Afrique de l'Est) révèle que Maisha a fourni 400 bourses, produit 38 films et rendu le cinéma accessible à toute la communauté d'Afrique de l'Est par le biais d'échanges culturels, de partenariats, d'un tchat mensuel sur le cinéma et d'un festival annuel du film. Avec Hive Colab, la première plateforme numérique du pays, le Maisha Film Lab est considéré comme l'un des principaux exemples de l'économie créative de l'Ouganda.

Selon de récentes données de l'UNESCO/ISU sur les flux internationaux de biens et services culturels, l'Ouganda a exporté près de 7 millions de dollars de biens en 2013 et les experts considèrent que le pays peut augmenter ses recettes sur le long terme grâce à des investissements plus importants dans le domaine créatif, et ainsi contribuer à la réduction de la pauvreté.

L'emploi dans les industries créatives est en plein essor : le secteur des droits d'auteur, par exemple, emploie 100 000 personnes dans tout le pays selon une étude cartographique commandée par la Commission nationale de l'Unesco pour l'Ouganda (UNATCOM) en 2009.

 Dans un effort visant à garantir le rôle primordial des industries créatives dans le cadre du Plan national pour le développement, la Fondation interculturelle de l'Ouganda (CCFU) a mobilisé le gouvernement afin que celui-ci intègre la culture dans toutes les initiatives de développement et plus particulièrement pour qu'il affecte 1 % du budget national à des programmes de développement culturel.

« Nous espérons que ces formations seront également un moyen de trouver de nouvelles idées et de nouvelles connexions entre les acteurs clés de l'élaboration des politiques culturelles et de la société civile afin de produire de la musique, des films et d'autres formes d'arts créatifs », explique Danielle Cliche, Secrétaire de la Convention de 2005 de l'UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.

L'Ouganda est le premier pays d'Afrique à bénéficier du Fonds-en-dépôt coréen de l'UNESCO, établi en 2007 pour favoriser la créativité dans les pays en développement d'Afrique et d'Asie.  D'autres pays bénéficient  du financement coréen pour les industries créatives à l'avenir, parmi lesquels la Mongolie et le Viet Nam.

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Date de l'événement: 
Mercredi 27 juillet 2016
Lieu: National Theatre and Crafts Village, Kampala, Uganda
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