S'appuyer sur la Convention de 2005 pour élaborer une politique culturelle en Indonésie

« La diversité des expressions culturelles est non seulement le reflet de l’identité d’une nation, mais également un moyen pour les personnes créatives de faire avancer leur pays en s’exprimant, et même parfois de jouer un rôle fondamental pour la promotion du changement dans les sociétés », explique Irawan Karseno, du Conseil des Arts de Jakarta, après un récent atelier de haut niveau de l’UNESCO sur la Convention de 2005, tenu à Jakarta, Indonésie (1-3 mars 2016).

Cet atelier de 3 jours a été l'occasion pour les professionnels de la création d'évaluer et de réviser la politique culturelle du pays, mais également de partager leurs points de vue sur l’importance des industries créatives : « Le fait de travailler dans le domaine des arts me permet de comprendre toute l’importance de penser la communauté culturelle comme un écosystème qui se soutient lui-même. Et dans cet écosystème, chacun joue un rôle différent et nous nous complétons les uns les autres », souligne Felencia Hutabarat, membre de la Coalition indonésienne pour l’art. Cet atelier, rendu possible par le projet « Renforcer les libertés fondamentales à travers la promotion de la diversité des expressions culturelles », financé par la Suède, a accueilli plusieurs fonctionnaires de haut niveau, notamment Son Excellence M. Anies Baswedan, ministre de l’Éducation et de la Culture, Son Excellence M. Triawan Munaf, responsable de l’Agence indonésienne pour l'économie créative, Son Excellence Mme Johanna Brismar Skoog, Ambassadrice de Suède en Indonésie, et M. Bernard Alens Zako, Chef du Secteur de la Culture du bureau de l’UNESCO à Jakarta.

En tant que Partie à la Convention de 2005, l’Indonésie doit soumettre un rapport périodique tous les quatre ans sur les progrès accomplis et les enjeux de la mise en œuvre de la Convention de 2005. Le professeur Aman Wirakartakusumah, un expert local qui assiste le Gouvernement indonésien dans la préparation du rapport, a fait remarquer que la Convention était devenue un instrument stratégique important pour le développement général de politiques et de mesures. Selon M. Wirakartakusumah, les 12 domaines traités par la Convention peuvent soutenir le développement d’une économie créative – elle-même motrice du développement durable de l’Indonésie. Le processus de préparation du premier rapport périodique fait office de « coup de semonce » pour les nombreuses parties prenantes, les sensibilisant à l’importance de la culture pour le développement national et les relations internationales », a-t-il ajouté.

Les participants à l'atelier ont souligné l'accès remarquable aux acteurs clés dont ils ont pu bénéficier pendant la préparation de ce premier rapport, qui devrait être finalisé en 2016 – leur donnant ainsi un rôle à jouer dans le processus d'élaboration d'une politique culturelle éclairée. Ainsi, plus de 100 participants ont pu prendre part à des débats animés sur la restructuration des politiques culturelles, sur l'état actuel des activités du secteur indonésien de la culture, et sur leur vision de l'avenir en ce qui concerne l'amélioration de la créativité dans le pays.

L'Indonésie est réputée pour la vigueur de ses scènes cinématographiques, musicales et artistiques dans des villes comme Yogyakarta, Bandung et Jakarta. Le pays peut se targuer d’avoir l’une des scènes d’arts visuels les plus vivantes de toute l’Asie du Sud Est, avec des biennales organisées à Yogyakarta et à Jakarta ainsi que Forum de la Ville créative de Bandung. Depuis peu, l’industrie de l’édition du pays est en pleine croissance, suite au rôle d’invité d’honneur de l’Indonésie lors du salon du livre de Francfort en 2015.

En 2013, l’Indonésie a exporté plus de 900 millions USD de biens culturels, comme le souligne le récent rapport de l’UNESCO La Mondialisation du commerce culturel (en anglais).

Reconnaissant que 10 pour cent du PIB de l’Indonésie provient des industries créatives, le pays est allé de l'avant en créant un nouvel organe traitant de leurs activités.

La formation a permis de développer un projet de plan, un sommaire et un vaste inventaire des politiques culturelles. Pour conclure l’atelier, le Directeur général de la Culture de l’Indonésie, Hilmar Farid, a souligné la création du noyau de l’équipe de rédaction du rapport périodique, et déclaré qu’il s’agissait de la première étape d’un long engagement de dialogue politique entre la société civile et le Gouvernement et du point de départ à l’élaboration de la politique culturelle nationale du pays.

L’équipe de rédaction du rapport périodique est composée de 27 personnes dont des fonctionnaires de plusieurs institutions gouvernementales (Éducation et Culture, Tourisme, Jeunesse et Sport, Information, Affaires étrangères, Justice et Droits de l’homme, Agence pour l'économie créative et le Bureau central des statistiques) ainsi que des représentants d’institutions publiques, des membres de la société civile et des associations de professionnels des médias.

« Depuis la ratification de la Convention de 2005 en 2012, l’Indonésie joue un rôle de leader dans le développement des industries créatives à travers, entre autres, l’organisation du Forum mondial sur la Culture (Bali, 2013) ainsi que la création d’une agence nationale pour l'économie créative (Bekraf). Il s’agit là de quelques-unes des nombreuses « meilleures pratiques » qui pourraient être partagées dans le premier rapport périodique quadriennal qui sera diffusé cette année » a déclaré Anupama Sekhar, directrice du Département de la culture de la Fondation Europe-Asie (ASEF) et l’un des deux experts internationaux à piloter la formation, avec Charles Vallerand, Directeur exécutif de la Coalition canadienne pour la diversité culturelle et Secrétaire général de la Fédération internationale des coalitions pour la diversité culturelle.

Les données et les informations recueillies dans le rapport périodique seront réutilisées dans la prochaine édition de 2017 du Rapport mondial publié tous les deux ans pour partager des informations sur la manière dont les politiques novatrices pour la diversité des expressions culturelles sont mises en œuvre dans le monde entier.

Cet atelier, organisé par le Bureau de l’UNESCO à Jakarta et le ministère indonésien de l’Éducation et de la Culture, fait partie d’une série d'ateliers réalisés dans 12 pays entre 2015 et 2017 : Burkina Faso, Cambodge, Cuba, Colombie, Éthiopie, Indonésie, Maroc, Rwanda, Sénégal, Tunisie, Vietnam et Zimbabwe.

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