Les paysages culturels vivants face au défi du tourisme

Quand, heure locale: 
Mardi, 15 Décembre 2015 -
9:00am au 5:00pm
Où: 
France, Paris
Type d’événement: 
Catégorie 7-Séminaire et atelier
Contact: 
p.debrine@unesco.org

Le 6e séminaire de la Chaire UNESCO posera une série de questions portant sur les paysages culturels vivants du tourisme, en s’appuyant sur plusieurs exemples de paysages culturels vivants de France et d'ailleurs, et le le défi du tourisme. Au cours de la première session seront abordés les paysages du vin et de la vigne, en tant que défis emblématiques autour de la question de la création de destinations oenotouristiques liées aux sites de l'UNESCO, et du rapport entre paysages de production et consommation touristique. Lors de l'après-midi, ces questions seront étendues à l’ensemble des paysages culturels.
En tant qu'«oeuvres conjuguées de l'être humain et de la nature», qui «expriment une longue et intime relation des peuples avec leur environnement», les paysages culturels vivants sont caractérisés par leur forte dimension anthropique. Le concept de paysage culturel vivant invite à prendre en compte l’articulation entre la topographie et les apports, traces et mémoires de ceux qui l’ont façonné, non seulement comme un héritage du passé, mais aussi comme une construction dynamique et continue de ceux qui l’habitent au quotidien. Concept complexe et polysémique, le paysage culturel vivant induit ainsi des questionnements spécifiques quant à son développement touristique, dans un sens différent d’autres biens inscrits au Patrimoine mondial, plus circonscrits géographiquement et thématiquement:

* L’étendue des paysages culturels pose la question de la destination touristique de façon complexe, car le périmètre inscrit au Patrimoine mondial n’a pas forcément une cohérence et lisibilité d’ensemble en tant que destination au moment de son inscription. Faut-il encourager la création d’une destination superposée au périmètre Patrimoine mondial, seul à se prévaloir de la reconnaissance prestigieuse de l’UNESCO, ou au contraire différencier le territoire du paysage culturel pour sa valorisation touristique ? Quelles sont les articulations ou les éventuelles concurrences avec des destinations existantes, au sein ou à proximité du périmètre établi ?

*La notion du paysage culturel vivant implique l’existence d’activités productives dont la durabilité est consubstantielle à leur inscription. Quelle sont les concurrences qui s’instaurent dès lors avec une activité touristique qui, d’un côté, contribue à une esthétisation et à une muséification des lieux et, de l’autre côté, peut entraver, par son déploiement dans l’espace, les autres activités économiques ?

* Le nombre parfois considérable d’acteurs qui interviennent sur ces territoires complexes implique une analyse de leur rôle et positionnement dans le développement, la communication et la création d’une nouvelle destination. Quelle gouvernance touristique peut-on créer pour mettre en syntonie des acteurs ayant des objectifs divers ?

*Les paysages culturels vivants sont le lieu de vie et d’activité de populations locales. Les attentes de ces différents mondes – ceux qui y vivent, ceux qui y travaillent et ceux qui visitent – ne sont pas toujours les mêmes. La « mise en tourisme » des paysages culturels vivants n’est ainsi pas toujours dénuée de conflits et de tensions. Comment assurer la rencontre entre ceux qui y vivent de façon permanente et ceux qui l’habitent temporairement, dans le cadre d’un séjour touristique ?