« Le Cameroun est un exemple de diversité pour le monde »

Au cours de sa première visite officielle en république du Cameroun, la Directrice générale a tenu plusieurs réunions de travail avec les membres du gouvernement et les représentants des agences des Nations Unies sur place, afin de renforcer plusieurs programmes en cours et définir les projets prioritaires de coopération future.

Parmi les thèmes de travail, l’éducation des filles et des femmes, qui est aussi un enjeu de santé publique, pour la prévention de maladies comme le VIH/SIDA ou la Polio, ainsi que la réduction de la mortalité maternelle. La Directrice générale a souligné l’urgence éducative en Afrique centrale, où l’on constate de fortes disparités entre les pays et en leur sein, notamment au Cameroun, en identifiant deux axes prioritaires d’action : le renforcement de la qualité de l’éducation, du primaire au supérieur, par une meilleure formation des enseignants, et le développement de l’éducation pour l’emploi et l’insertion. Elle a également fait le point des risques de braconnage dans le site Tri-national de la Sangha, Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, et partagé entre le Cameroun, la République Centrafricaine et le Congo.

Le ministre de la Communication, M, a rendu hommage au travail de l’UNESCO dans le développement des radios communautaires et en langues locales qui jouent un rôle essentiel de cohésion de d’information à travers tout le pays : « Quand un individu n’est pas informé il est un sujet, quand il est informé il devient citoyen » a-t-il souligné

Symbole d’une nouvelle étape de cette coopération, l’inauguration du bureau régional de Yaoundé s’est faite en présence de la ministre de l’éducation de base et de nombreux autres membres du gouvernement, sous le haut patronage du Premier Ministre du Cameroun. Le bureau pilotera les activités de l’UNESCO dans 10 pays de l’Afrique centrale, dans la réforme du réseau des bureaux Hors Siège de l’UNESCO, effective depuis fin 2013. « L’inauguration de ce bureau est un symbole fort de la coopération entre l’UNESCO et le Cameroun, et je voudrais commencer par remercier les autorités camerounaises, le Président Paul Biya et le gouvernement pour leur générosité et leurs efforts dans la mise à disposition de ce bâtiment et dans leur soutien à nos programmes. »

La Directrice générale s’est également rendue dans le Centre International de Référence Chantal Biya, spécialisé dans la prévention et la lutte contre le VIH/SIDA. Le Centre est un partenaire actif de l’UNESCO, qui a notamment contribué à plusieurs équipement et à la création du centre de documentation. Le centre, équipé de laboratoire d’immunologie et d’analyse médicale, reçoit chaque année, la visite de huit à dix mille étudiants chercheurs. « Ce centre est un élément important de notre action globale pour la lutte contre le VIH par l’éducation en Afrique, et je suis heureuse de rencontrer les équipes avec lesquelles nous travaillons. » a déclaré Madame Bokova.

Première femme à se voir décerné le titre de Docteur Honoris Causa de l’Université de Yaoundé I, la Directrice générale est revenue sur la longue coopération entre le Cameroun et l’UNESCO, à l’origine de la création de l’Ecole Normale Supérieure de Yaoundé, en 1961. « Je reçois cette décoration comme une reconnaissance du travail de l’UNESCO avec ce pays. Notre histoire est riche, et il n’y a guère de domaine de nos activités où le Cameroun ne soit pas actif, des réserves de la biosphères aux sites du patrimoine, des radios communautaires, très actives au Cameroun, à l’enseignement supérieur. Le Cameroun est un pays incroyablement divers, avec plus de 200 langues locales, des communautés différentes, des religions différentes, et dans le monde actuel, gagné par l’intolérance et le rejet de l’autre, il est bon d’avoir des exemples positifs comme celui-ci, et de voir qu’on peut être différents et vivre en paix, s’accepter et se comprendre. C’est un travail quotidien, parfois difficile, et il est d’autant plus important de le mener ensemble et de ce point de vue, le Cameroun peut être un exemple pour le monde. »

Faisant référence à la longue tradition de paix et de tolérance du peuple du Cameroun, la Directrice générale a appelé à renforcer les efforts en vue de diffuser cette culture de la paix, concept lancé par l’UNESCO il y a 25 ans, à Yamoussoukro et qui est au cœur de la campagne panafricaine « Agissons pour la paix » et de nombreux événements prévus d’ici la fin de l’année, comme le forum de l’UNESCO sur la jeunesse et la culture de la paix à Libreville (Gabon).