« Le patrimoine culturel représente l’histoire collective de l’humanité tout entière »

Washington D.C., 19 septembre 2014 – Au cours d’une manifestation marquant le 60e anniversaire de la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a évoqué la montée du nettoyage et du pillage culturels en Iraq et en Syrie, qui se traduit notamment par la destruction intentionnelle du patrimoine culturel, des atteintes à la diversité culturelle et le pillage systématique des biens du patrimoine culturel, qui apparaît de plus en plus clairement lié au financement des activités des extrémistes.

« Notre responsabilité n’a jamais été aussi grande », a déclaré la Directrice générale, « une nouvelle forme de conscience globale est en train de voir le jour sur toute la planète. Le patrimoine culturel porte à la fois des valeurs, un message et une histoire. Il représente l’histoire collective de l’humanité tout entière. Aujourd’hui, face à l’extrémisme, il nous incombe à tous de consolider cette conscience globale ».

L’UNESCO s’emploie à renforcer la vigilance et le contrôle pour faire cesser les flux de trafic illicite dans toute la région. Elle déploie notamment des efforts pour mettre en place un mécanisme de surveillance de l’état du patrimoine et dispenser des formations dans les États voisins pour rendre l’interdiction plus efficace. Ces efforts requièrent un partenariat – avec Interpol, l’Organisation mondiale des douanes, ainsi que l’ICCROM, l’ICOMOS et l’lCOM – matérialisé par le plan d’intervention d’urgence conjoint pour l’Iraq que l’UNESCO a lancé, avec ses partenaires, en juillet dernier.

La Directrice générale a déclaré qu’elle avait soumis à l’examen du Conseil de sécurité de l’ONU un projet de résolution en vue de l’interdiction, au plan international, du commerce de biens culturels syriens.

Elle a également mis en exergue les dangers que représente la réécriture de l’histoire du point de vue des extrémistes, comme on l’a vu en Syrie, en Iraq et au Mali.

« Ces groupes tentent d’effacer l’identité de ces communautés. Il s’agit là d’un nettoyage culturel, dont les victimes sont dépouillées de leur passé, de leur présent et de leur avenir ».

Cette manifestation, organisée conjointement par la Smithsonian Institution et le Comité américain du Bouclier Bleu, s’est tenue au Hirshhorn Museum.