Éduquer les filles, autonomiser les femmes, transformer les sociétés

Mme Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO, a préconisé d’investir dans l’éducation des filles lors d’une discussion avec des cadres du secteur privé australien organisée par le CEO Institute à Sydney le 13 novembre 2014.

Le CEO Institute soutient le Fonds Malala destiné à promouvoir le droit des filles à l’éducation, ce qui en fait la première organisation privée d’Australie à entretenir un partenariat avec l’UNESCO.

« C’est le meilleur investissement – le plus stratégique aussi – qu’une société puisse faire, qui comporte d’énormes effets multiplicateurs sur l’économie, la santé, la mobilité sociale, l’environnement et la réduction de la pauvreté », a déclaré Mme Bokova. « Il est intelligent d’investir dans l’éducation ; un tel investissement est bon pour l’entreprise et regonfle le moral des salariés ».

Mme Bokova a informé l’auditoire du Partenariat mondial de l’UNESCO pour l'éducation des filles et des femmes, de la campagne mondiale « Les entreprises soutiennent l’éducation » en collaboration avec GEMS Education et du Cadre pour l’engagement du secteur des affaires dans l'éducation.

Attirant l’attention sur les attaques dont fait l’objet l’éducation et sur l’impact des situations de conflit, en particulier pour les filles, Mme Bokova a indiqué que l’attribution du prix Nobel de la paix 2014 à Malala Yousafzai et Kailash Satyarthi adressait le message que « l’éducation est un impératif en termes de droits de l’homme, de développement et de paix ».

Elle a aussi souligné que « la crise mondiale de l’apprentissage est contraire aux droits de l’homme, sape la cohésion sociale, menace la stabilité et crée une génération perdue qui ne peut participer à la vie de la société à laquelle elle appartient. La recherche du développement durable appelle de nouveaux modes de travail collaboratif, des compétences vertes, de nouveaux types d’emplois et une évolution des mentalités. Le secteur privé peut être un véritable partenaire pour susciter des alliances en faveur de l’innovation ».

La discussion était axée à la fois sur les obstacles et les facilitateurs : comment exploiter la technologie mobile pour autonomiser les filles, comment faire évoluer l’attitude des garçons et des hommes et comment encourager et soutenir l’entrepreneuriat des femmes.

M. Ken Gunn, fondateur et directeur du CEO Institute, a invité d’autres organisations à redoubler d’efforts et à nouer un partenariat avec l’UNESCO et a fait part de l’initiative de l’Institut de lancer un nouveau programme de bourses pour les dirigeantes en réponse au déséquilibre entre les sexes aux postes de direction.

Fondé en 1992, le CEO Institute, qui compte plus de 1 000 membres, est le principal réseau de dirigeants d’Australie, offrant toute une panoplie de possibilités de perfectionnement professionnel.