2015 : Une année de défis et d’opportunités pour l’UNESCO

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Lifelong education, Takmao, Cambodia
© UNESCO/Nicolas Axelrod

L’UNESCO célèbre son 70e anniversaire en 2015, une année cruciale pour que la communauté internationale parvienne à un consensus en faveur de la limitation du réchauffement climatique et de la création d’environnements plus sains pour les individus, les communautés et les pays.

Au cours des prochains mois, l’UNESCO poursuivra ses efforts pour faire face à ces défis en se concentrant sur plusieurs événements majeurs avant l’adoption de nouveaux objectifs de développement internationaux, aussi connus sous le nom d’Objectifs de développement durable (ODD), par l’Assemblée générale de l’ONU.

En éducation, sciences naturelles et culture, l’UNESCO continuera à utiliser le « soft power » qui sous-tend ses actions de plaidoyer, de diplomatie et de mise en réseau avec la société civile, pour réduire les effets dévastateurs des conflits et aider à faire de la paix durable une réalité.

Pendant le mois de mai, le Forum mondial sur l’éducation, qui réunit des partenaires de l’ONU, des gouvernements nationaux et des acteurs internationaux, tiendra sa troisième session en 25 ans à Incheon (République de Corée). Le Forum fera le bilan des progrès réalisés vis-à-vis des objectifs de l’Éducation pour tous mis en place en 2000, et entreprendra d’en définir de nouveaux. Comme la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, le dit, « ce forum représente réellement le point de départ du futur de l’éducation, et un tremplin pour l’agenda post-2015, » pour lequel l’UNESCO demande une « éducation équitable et de qualité, et l’apprentissage tout au long de la vie pour tous ».

Tandis que les Objectifs du millénaire pour le développement, adoptés en septembre 2000, insistaient sur la nécessité de donner accès à l’école à tous les jeunes, les États membres de l’UNESCO plaident désormais pour la reconnaissance du besoin pour tous d’avoir accès à une éducation de qualité tout au long de sa vie, et appellent à un objectif en faveur d’une « éducation équitable et de qualité, et l’apprentissage tout au long de la vie pour tous ».

Pour que l’éducation porte ses fruits, l’expérience montre que les apprenants doivent bénéficier de matériel de qualité et d’enseignants bien formés ; or, ces derniers sont encore inaccessibles dans certaines régions du monde. Pour que les sociétés puissent profiter d’un boom dans le domaine de l’éducation, les pays doivent s’assurer que tous les apprenants, quels que soient leur genre, situation géographique ou besoins particuliers, ont accès à un enseignement de qualité. L’UNESCO maintiendra son plaidoyer en faveur de l’intégration totale du droit des filles et des femmes aux programmes éducatifs partout dans le monde, non seulement parce que cela est juste, mais aussi parce que les pays ne peuvent espérer aller de l’avant sans la contribution des femmes.

L’UNESCO reste également déterminée à faire de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (Cop21), qui aura lieu à Paris fin novembre et début décembre, un succès. Cela sera rendu possible grâce à l’expérience de l’Organisation dans le domaine des sciences naturelles et à sa capacité à collecter des données et à aider les divers acteurs à identifier leurs objectifs communs, comme en témoigne le système d’alerte aux tsunamis mis en place ces dernières années avec le soutien de la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO. La contribution du Haut panel sur la science et le développement, nouvellement créé et accueilli par l’UNESCO, apportera également son aide au renforcement du travail de l’Organisation en faveur du développement durable.

L’Organisation insiste depuis longtemps sur le rôle central de la culture dans les ODD, de par son potentiel générateur de prospérité, mais aussi en tant que source d’autonomisation des individus et des communautés, et de véhicule de compréhension mutuelle et de résolution des conflits. Pour le 10e anniversaire de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles de 2005, l’UNESCO demande aux leaders et aux responsables politiques d’aborder la culture de manière dynamique, afin d’aider à révéler le potentiel des industries créatives et de récolter les fruits de la préservation et du partage des patrimoines matériel et immatériel.

À Paris comme à New York, l’UNESCO continuera à soutenir l’Afrique, ses besoins et son potentiel, pour s’assurer que le continent, qui reste une priorité pour l’Organisation, est bien servi par les nouveaux objectifs de développement et par le cadre réglementaire du développement durable qui sera défini par Cop21.

En attendant, l’UNESCO continuera à faire entendre sa voix pour dénoncer la destruction de patrimoine par des extrémistes dans diverses régions du monde, plus particulièrement en Iraq et en Syrie. Elle poursuivra également son travail en coulisses en faveur de la préservation du patrimoine, notamment en informant les forces de maintien de la paix et autres opérateurs militaires en zones de conflit de l’emplacement de sites de patrimoine culturel, conformément à la Convention pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé et de son Premier Protocole. L’UNESCO maintiendra ses liens avec ses partenaires pour contenir le trafic illicite de biens culturels dans les régions touchées par des conflits, et empêcher les vendeurs et collecteurs d’art de priver pays et communautés de témoignages inestimables de leurs passés et de ce qu’ils ont accompli. Ceci est un problème sérieux car lorsque le moment tant attendu de la reconstruction arrive, le patrimoine peut aider les citoyens à retrouver un sentiment de but partagé et d’identité commune.

Tout aussi important, comme en témoignent les récents événements, est le mandat unique de l’UNESCO au sein des Nations Unies en faveur de la promotion de la liberté d’expression et de la liberté de la presse, ainsi que le renforcement de la sécurité des journalistes. La récente attaque contre Charlie Hebdo à Paris témoigne de façon tragique de la nécessité pour l’Organisation de persévérer dans cette voie. Pour montrer sa solidarité et son soutien, l’UNESCO a participé à la marche pour la liberté et la solidarité à Paris le 11 janvier. Tournée vers l’avenir, l’UNESCO continuera à promouvoir le dialogue et la compréhension tout en protégeant la liberté d’expression et la liberté de la presse.

L’UNESCO est l’institution chef de file du Plan d'Action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l'impunité, et travaille avec des gouvernements du monde entier et le système des Nations Unies dans son ensemble.

Défendre la dignité humaine et les droits de l’homme, valeurs à la base de la création de l’UNESCO, est plus important que jamais face aux violences et discriminations persistantes dans le monde. À cette fin, l’UNESCO poursuivra la promotion indispensable du dialogue interculturel et de la compréhension mutuelle.

Tandis que l’UNESCO continue de mettre en œuvre sa réforme en profondeur, l’Organisation accueillera pas moins de cinq réunions inter-agences au cours de l’année, axées à la fois sur une coordination au sein du système et une coordination avec les agences sœurs, à chaque fois que les États membres le souhaiteraient : la Semaine de l'apprentissage mobile (24 février) ; le Forum politique de haut niveau (26 février) ; la Commission sur le haut-débit (27-28 février) ; le Comité de haut niveau sur la gestion (19-20 mars) ; enfin, le Conseil des chefs de secrétariat (29-30 avril). Tous ces événements servent d’exemples de l’engagement de l’UNESCO pour faire en sorte que l’ONU soit « unie dans l’action, » afin de mieux répondre aux besoins des États membres.