L’accès à l’information, la liberté et la sécurité des journalistes au cœur de la Journée mondiale de la liberté de la presse 2016

La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, le Premier ministre finlandais, Juha Sipilä, et le maire d’Helsinki, Jussi Pajunen, ont souligné l’importance de la liberté de la presse, de la liberté de l’information et de la sécurité des journalistes lors de la célébration principale de la Journée mondiale de la liberté de la presse organisée dans la capitale finlandaise.

Les intervenants ont célébré le 250e anniversaire de la première législation au monde sur la liberté d’expression et la liberté d’information, promulguée ce qui est aujourd’hui la Finlande et la Suède en 1766. Ils ont aussi évoqué le 25e anniversaire de la Déclaration de Windhoek, adoptée dans la capitale namibienne en 1991, et qui est à l’origine de la Journée mondiale de la liberté de la presse.

La cérémonie d’ouverture s’est terminée par un message de Gwen Lister, fondatrice du journal The Namibian, et co-présidente de la conférence sur la liberté, le pluralisme et l’indépendance des médias, organisée par l’UNESCO à Windhoek en 1991. Lors de son discours, Gwen Lister a rendu compte des progrès réalisés par les médias africains depuis la Déclaration de Windhoek et a évoqué les inégalités du paysage médiatique africain ainsi que les difficultés auxquelles le continent est confronté.

La Directrice générale de l’UNESCO a décrit cette Journée comme « l’un des moments les plus enthousiasmants du calendrier mondial. C’est l’occasion de célébrer la liberté de chaque femme et de chaque homme à s’exprimer. C’est l’occasion de mettre en lumière le droit à l’accès et au partage de l’information. C’est l’occasion de se tenir aux côtés des journalistes et de défendre leur sécurité ».

Irina Bokova a poursuivi en décrivant 2016 comme un tournant pour la liberté de la presse dans la mesure où c’est « la première année de mise en œuvre de l’Agenda 2030 pour le développement durable ». Cet agenda, a-t-elle rappelé, comprend l’objectif 16 qui vise à promouvoir des sociétés pacifiques et inclusives pour le développement durable.

La Directrice générale a qualifié d’intolérable le fait que 825 journalistes aient perdu la vie dans l’exercice de leur fonction au cours de cette dernière décennie. Elle a aussi exprimé son indignation que moins de 6% de ces meurtres aient été résolus. « Je réagis chaque fois qu'un journaliste est tué et insiste pour que justice soit rendue » a-t-elle déclaré. « Je demande aujourd'hui à chaque gouvernement, de répondre aux demandes d'information sur le suivi judiciaire. [...] Nous devons défendre les libertés fondamentales en ligne et hors ligne. L'UNESCO s’efforce de promouvoir Internet comme une plateforme s’appuyant sur des droits, ouverte, accessible et pilotée par de multiples acteurs », a-t-elle ajouté.

Lors de son allocution de bienvenue, le premier ministre finlandais, Juha Sipilä, a souligné l’importance pour la Finlande d'accueillir la Journée mondiale de la liberté de presse et déclaré qu’ « en raison du lien étroit entre la liberté d'expression, la liberté de la presse et de la démocratie, cet événement est également lié au 100e anniversaire de l’indépendance de la Finlande qui sera célébré l’année prochaine ».

Le Président finlandais et la Directrice générale de l’UNESCO ont présidé la cérémonie de remise du prix UNESCO/Guillermo Cano de la liberté de la presse qui a été décerné à la journaliste indépendante azerbaidjanaise, Khadija Ismailova. Le Président a aussi rappelé les principes du prix.

« Le Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano annuel est destiné à distinguer une personne, une organisation ou une institution qui a contribué, de manière notable, à la défense et/ou à la promotion de la liberté de la presse où que ce soit dans le monde, surtout si pour cela elle a pris des risques », a-t-il déclaré « Cette année le prix a été remis à Khadija Ismayilova, journaliste indépendante au service azerbaïdjanais de Radio Free Europe. Je regrette profondément qu’elle ne soit pas parmi nous aujourd’hui mais en prison ».

La Directrice générale de l’UNESCO a félicité Khadija Ismayilova pour son engagement sans faille en faveur des droits de l'homme et des libertés fondamentales. « C’est pour cela que le prix de la liberté de la presse UNESCO / Guillermo Cano 2016 est décerné à Khadija Ismayilova sur recommandation d’un jury international ».

Elmira Ismayilova, la mère de la lauréate, a lu un message de sa fille dans lequel elle dénonce la violence endurée par les journalistes dans le cadre de leur fonction et les encourage à continuer. « Défendez la vérité, osez poser des questions et ayez une réflexion critique. N’acceptez aucune excuse pour les prisonniers politiques. Une société ne peut aller de l’avant sans droit de regard ni critique publique. L’opposition n’a pas sa place en prison. Luttez contre la corruption et exigez l’intégrité et l’Etat de droit de vos gouvernements et de vos alliés ».

Doté d’un montant de 25 000 dollars, le Prix a été créé en l’honneur de Guillermo Cano Isaza, journaliste colombien assassiné à l’entrée des bureaux du journal, El Espectador, à Bogotá, le 17 décembre 1986. Il est financé par la Fondation Cano (Colombie) et la Fondation Helsingin Sanomat (Finlande).

La conférence de cette année ouvre de nouvelles perspectives en établissant des liens entre la liberté artistique et la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles et la liberté de la presse.

Près de 1100 participants ont pris part à la Conférence organisée dans le cadre de la Journée mondiale de la liberté de la presse qui se poursuit le 4 mai à Heslinki. En parallèle, une centaine d’événements ont été organisés dans le monde pour célébrer cette Journée. Parmi les événements clôturant ces célébrations figurent notamment un séminaire sur l’évaluation de l’impact des projets promouvant la liberté d’expression dans la région arabe et une exposition des travaux de 10 jeunes photojournalistes formés dans le cadre d’un projet régional de l’UNESCO financé par la Finlande et la Suède.

Les célébrations 2016 de la Journée mondiale de la liberté de la presse étaient organisées en partenariat avec le ministère finlandais de l’éducation et de la culture et du ministère des affaires étrangères, avec le soutien d’une cinquantaine d’organisations de médias et de la société civile.

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Dossier de presse: https://fr.unesco.org/journee-mondiale-liberte-presse-2016/kit-presse

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