Agir pour l’océan et le climat : la COI-UNESCO et la Plateforme Océan & Climat dévoilent de nouvelles recommandations à la veille de la COP21

A seulement deux semaines de la COP21 (30 novembre-11 décembre 2015), la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO a appelé l’attention des divers acteurs participant à la COP21 sur l’importance d’intégrer l’océan, absent des précédentes négociations sur le climat, au futur régime climatique au cours d’une conférence de la Plateforme Océan & Climat le 12 novembre 2015 à Paris.

L’appel formulé par la Plateforme se base sur les neuf recommandations suivantes :

  • Produire pour les décideurs un état de la science sur les enjeux et les mesures appropriés concernant les océans et les changements climatiques, notamment par le biais d’un Rapport Spécial du GIEC sur l’océan.
  • Considérer l’importance d’écosystèmes sains et fonctionnels face au changement climatique, en accélérant la mise en place d’un réseau cohérent et résilient d’aires marines protégées.
  • Reconnaître le rôle des écosystèmes marins et côtiers en tant que puits naturels de carbone (carbone bleu).
  • Développer les Énergies Marines Renouvelables (éolien, hydrolien, énergies marémotrices et houlomotrices), tout en préservant la biodiversité marine.
  • Accompagner la transition énergétique du transport maritime et développer des solutions technologiques innovantes pour des navires plus sûrs et plus respectueux de l’environnement.
  • Soutenir prioritairement les mesures d’adaptation pour les régions les plus vulnérables, en particulier les zones côtières des pays en développement (PED), les territoires et les petits Etats insulaires.
  • Renforcer le transfert de technologies, vers les pays et les régions océaniques et côtières les plus vulnérables. La coopération internationale doit compter des projets d’adaptation et de préservation des écosystèmes marins.
  • Dédier explicitement une part du Fonds Vert aux projets marins et côtiers (protection des mangroves, zones humides et vulnérables dont la capacité de stockage du CO2 est très importante)
  • Mieux articuler la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques avec les accords existants relatifs à l’océan, notamment les « Objectifs de Développement Durable (ODD) ».

« L’océan n’est pas une ressource comme les autres, et il n’y a aucun défi plus important que sa protection car il représente l’avenir de la planète. Notre rôle est de faire comprendre ces enjeux et d’en informer à tous les niveaux, politique et société civile, » a déclaré Julian Barbière, Chef de la section des politiques marines et de la coordination régionale à la COI, lors de l’ouverture de la conférence de presse.

Ces recommandations font suite à l’ « Agenda 2030 pour le développement durable », récemment approuvé par les Nations Unies, et dont l’Objectif 14 engage les Etats membres à « conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable. »

La ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, a également assisté à la conférence de presse et a clairement manifesté son soutien à la Plateforme Océan & Climat pour la COP21 : « L’océan est une solution pour le climat et une ressource extraordinaire pour la transition énergétique. Je compte sur vous pour donner l’aura nécessaire à tous ces débats qui auront lieu très bientôt. »

Elle a en outre affirmé l’implication directe de la France en annonçant le soutien du pays en faveur d’un Rapport Spécial du GIEC et l’organisation d’une session spécialement dédiée à l’océan pendant la COP21. Cet événement, qui aura lieu le 2 décembre 2015, se tiendra dans la Zone bleue réservée aux délégués des Nations Unies. La COI-UNESCO fera partie des invités.

Etaient également présents Romain Troublé, Secrétaire général de Tara Expéditions, Françoise Gaill, Coordinatrice scientifique de la Plateforme Océan & Climat et Directrice de recherche au CNRS, Raphaël Cuvelier, Coordinateur des projets de la Fondation Prince Albert II, Julien Rochette de l’Institut du développement durable et des relations internationales, et Catherine Chabaud, membre du Conseil économique, social et environnemental et Présidente d’Innovations Bleues.

Ces institutions sont toutes membres de la Plateforme Océan & Climat, dont la COI est cofondatrice. Lancée à l’occasion de la Journée mondiale de l’océan 2014 au Siège de l’UNESCO, elle a pour but de placer l’océan au premier plan des discussions sur le climat par la promotion de son lien avec le climat,  et organisera et participera à divers événements liés à l’océan pendant et après la COP21.

La conférence de presse a été suivie de l’inauguration du Pavillon Tara « Océan et Climat » en présence de la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, et du Secrétaire exécutif de la COI, Vladimir Ryabinin.

Ce site de 600m2 présentera au public le rôle essentiel de l’océan dans la régulation du climat au travers d’expositions, de conférences scientifiques, et de projections de films, et accueillera 100 classes scolaires pour des ateliers. Aux côtés et au sein de la Plateforme Océan & Climat, Tara Expeditions veillera à sensibiliser à la nécessité d’un accord sur le climat qui soit universel et juridiquement contraignant à la COP21.

« Cet espace va être un lieu de rencontre pour discuter, comprendre et s’engager pour l’océan, et l’UNESCO sera à vos côtés, durant toute cette Conférence de la COP21 avec tous nos partenaires, pour mettre l’océan au cœur des négociations, au cœur de notre ambition pour la planète, » a déclaré Irina Bokova. Elle a également souligné la « belle histoire » qui lie l’UNESCO et Tara depuis la signature d’un accord de coopération en juin 2013.

Amarré au cœur de Paris, le Pavillon Tara sera ouvert sous le pont Alexandre III, au pied du Grand Palais, jusqu’au 18 décembre 2015.