L’alphabétisation, un facteur d’autonomisation pour le Mali

23 Septembre 2016

Bamako 08 septembre 2016 : Le Mali à l’instar de la communauté internationale a célébré le 8 septembre 2016, la Journée Internationale de l’Alphabétisation avec comme thème international « Lire le passé, écrire l’avenir » et thème national « Synergie, alphabétisation et éducation non formelle, formation professionnelle et technologies de l’information et de la communication (TIC), facteurs incontournables pour un développement durable ». La participation du Représentant de l’UNESCO au Mali à cette cérémonie avait notamment pour objectif de réaffirmer l’engagement de l’UNESCO auprès du gouvernement malien envers l’alphabétisation, l’éducation non formelle et la valorisation des langues nationales pour une paix et un développement socio-économique durable.

La cérémonie était présidée par Mme Keïta Aminata Maïga, épouse du Président de la République, en présence du Ministre de l’Education Nationale, Kenekouo dit Barthely Togo, du Représentant de l’UNESCO au Mali, Lazare Eloundou, des anciens Ministres de l’Education, et bien d’autres responsables chargés des questions scolaires et d’alphabétisation.

Dans son allocution, M. Eloundou a rappelé que pendant 50 ans, la journée internationale de l’alphabétisation a été l’occasion de célébrer l’alphabétisation comme force d’autonomisation, tant pour les femmes et les hommes que pour la société dans son ensemble. « Pourquoi se focaliser cette année sur le passé et l’avenir ? parce que 50 ans c’est quand même un demi-siècle et il est important d’avoir un regard rétrospectif pour évaluer les acquis et de tirer des leçons utiles pour envisager l’avenir » a-t-il souligné.

Il a en outre réaffirmé que son organisation renforcera son appui au Gouvernement du Mali dans la lutte contre l’analphabétisme à travers les interventions dans le renforcement des capacités des enseignants du formel aussi bien que du non formel, et le programme « d’autonomisation des adolescentes et des jeunes femmes par l’éducation » qui a été signé avec le ministère de l’éducation nationale, le 26 août dernier , d’une durée de 5 ans, financé par la République de la Corée du Sud à hauteur de 2 milliards neuf cent cinquante-deux millions  cinq cent soixante-six mille franc CFA. « Ce programme contribuera à réduire la disparité entre les garçons et les filles et améliorer la qualité de l’éducation » a-t-il affirmé.

Il a évoqué le projet « Appui à la réinsertion sociale des enfants victimes de la crise malienne », à travers lequel l’UNESCO intervient dans les régions du Nord depuis 2015, et qui a permis à 65 enfants victimes de la crise de bénéficier de formation des métiers pratiques et des cours d’alphabétisation.

Le ministre de l’Education nationale quant à lui a estimé que « lire le passé interpelle tout le monde sur ce qui a été réalisé en termes d’acquis et d’échecs dans le domaine de l’alphabétisation, de l’éducation non formelle, de la formation professionnelle et des activités post-alphabétisation. Ecrire l’avenir, doit amener tout le monde à se projeter dans le futur dans une synergie de nos efforts pour faire acquérir des connaissances à des milliers de néo-analphabètes, de finalistes des Centres d’éducation pour le développement (CED) et du Centre d’éducation pour l’intégration (CEI) ». Il a enfin souligné l’importance de l’alphabétisation de masse, l’éducation citoyenne et la lutte contre la précarité, pour aider à la mise en œuvre efficace de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale.

Mme Kéïta Aminata Maïga, a pour sa part rappelé la portée incontournable de l’alphabétisation et le rôle fondamentale de l’UNESCO. « L’alphabétisation est un droit humain. Elle autonomise les individus, les familles, les communautés et améliore leur qualité de vie. Grâce à son effet multiplicateur, l’alphabétisation contribue à éliminer la pauvreté, à réduire la mortalité infantile, à infléchir la croissance démographique, à atteindre l’égalité des genres et à assurer le développement durable, la paix et la démocratie » a-t-elle affirmé.

« La formation professionnelle est une nécessité vitale. Il faut donc lier l’école à la vie. Nous devons tous prendre conscience de l’urgence d’une formation professionnelle qui ouvre d’autres perspectives d’insertion sociale, à la fois différentes et complémentaires de celle des fonctionnaires et bureaucrates » a-t-elle rajouté. L’épouse du Président de la République a conclu son intervention par une boutade de l’ancien président américain, Abraham Lincoln : « Si vous trouvez que l’éducation coûte cher, essayez l’ignorance ».

La cérémonie a pris fin par la remise des attestations aux lauréats du concours national en langues nationales Bamanankan, Bomu, Fulfuldé, Soninké, Sénoufo, Bozo, Dogon, Malinké, Kassongué, Songhoy et Tamasheq. Un hommage a été rendu à feu Lamine Tiécoura Coulibaly, journaliste de l’ORTM, pour ses efforts dans le domaine de l’éducation et de l’alphabétisation. Madame Kéïta   a, à cet effet remis un Ciwara à son épouse.

Contact médias : Bureau UNESCO Bamako. Clarisse NJIKAM,

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