Une alphabétisation de qualité

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© UNESCO
02 Décembre 2016

C’est ce que vise l’atelier de formation des formateurs des centres d’alphabétisation sur l’utilisation des nouveaux référentiels. Ledit atelier s’est tenu, les 17 et 18 novembre 2016, au centre d’alphabétisation de Nkembo, quartier populaire de Libreville. Pendant 2 jours, les 60 formateurs des centres d’alphabétisation de Libreville et Owendo se sont appropriés les nouveaux référentiels de formation et ont élaboré les fiches technico-pédagogiques intégrant les thèmes nouveaux.

Selon l’Institut de statistique de l'UNESCO, le taux d’alphabétisation du Gabon était de 82,28% en 2012, un chiffre bien au-dessus de la moyenne mondiale. Cependant, malgré la scolarisation obligatoire, les sorties du système éducatif classique restent un phénomène grandissant, ainsi l’on a observé en 2015 que près de 18% de personnes dont l’âge gravite autour de 25 ans sont sans instruction. L’UNESCO, tête de file de la mise en œuvre du cadre d’action 2030, stratégie pour atteindre l’Objectif de Développement Durable 4, accompagne le gouvernement gabonais par les actions de promotion de l’apprentissage tout au long de la vie et pour tous. L’objectif étant d’avoir des taux d’alphabétisation avoisinant les 100%, preuve d’une éducation de qualité.

Auparavant, les centres d’alphabétisation du Gabon ne disposaient pas de référentiels de formation. Jusqu’à un passé récent, les formations que les apprenants recevaient ne respectaient donc pas les standards internationaux. L’exercice d’élaboration de référentiels a démarré au deuxième trimestre 2016 grâce à l’appui de l’UNESCO à La Direction générale de l’éducation civique et de l’alphabétisation. Par l’organisation de ce nouvel atelier, les formateurs se sont s’appropriés les nouveaux référentiels de qualité pour l’alphabétisation traditionnelle et fonctionnelle.

L’alphabétisation traditionnelle, grâce à une formation accélérée, permet aux jeunes de 14 à 17 ans, sortis du système scolaire classique, d’apprendre à écrire, lire et de développer des capacités équivalentes au niveau de 5ème année de l’enseignement primaire. Ils ont alors la possibilité de se présenter au Certificat d’étude primaire (CEP), c’est-à-dire réintégrer le cursus de l’enseignement général. Parallèlement, ils peuvent apprendre un métier dans un centre de formation professionnel. 

Quant à l’alphabétisation fonctionnelle, elle porte sur 9 corps de métiers dont la couture, la coiffure-esthétique, le petit commerce, le bâtiment, le bois, l’automobile, le froid et l’électricité. Les thématiques abordées lors de l’atelier étaient, entre autres, l’éducation à la citoyenneté, l’éducation à la santé sexuelle et de la reproduction, l’éducation au développement durable, la conception d’une fiche technico-pédagogique qu’accompagnaient des activités pratiques. Ce type d’alphabétisation prépare les apprenants, jeunes et adultes, à s’approprier non seulement les mécanismes de base de la lecture et de l’écriture, mais aussi d’apprendre le vocabulaire spécifique à son métier tout en s’exerçant aux différentes tâches qu’ils sont appelés à réaliser quotidiennement telles que : gérer leurs budgets, établir une facture, faire les calculs (les prix d’achat, le prix de revient), etc. Ils pourront ainsi être plus autonome.

L’atelier de formation des formateurs des centres d’alphabétisation était présidé par Monsieur Paulin Obame Anda, Directeur général de l’éducation civique et Madame Séraphine Memine Me Zue, Administrateur du programme éducation au Bureau UNESCO Libreville, et animé par des experts locaux. Les résultats qui en ont découlés sont principalement : i) le renforcement des capacités d’une cinquantaine d’intervenants dans les centres d’alphabétisation et de dix encadreurs et ii) l’élaboration de vingt fiches technico-pédagogiques directement exploitables par les formateurs.