L’avenir du vivre ensemble face à la montée de l’extrémisme violent : perspectives d’Europe et du monde arabe

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Aladdin Project and UNESCO co-organized a conference on the theme: “The Future of living together in the face of violent extremism: Perspectives from Europe and the Arab World”, at UNESCO Headquarters in Paris.
© UNESCO/Fabrice Gentile

Le 25 février 2015, le Projet Aladin et l'UNESCO ont organisé une conférence sur le thème : L’avenir du vivre ensemble face à la montée de l’extrémisme violent : perspectives d’Europe et du monde arabe - Ensemble contre l’intolérance », au Siège de l'UNESCO à Paris.

Cette conférence s’inscrit dans un contexte international préoccupant qui affecte les valeurs fondamentales des sociétés démocratiques, rappelant l’urgence d’une réflexion approfondie pour ouvrir de nouvelles passerelles au dialogue, à la compréhension mutuelle et au vivre ensemble dans la paix, dans un monde globalisé et de plus en plus multiculturel. Elle a réuni d’éminentes personnalités du milieu politique, académique, des leaders religieux et des professionnels des médias de l'Europe et du monde arabe, en vue d'aborder certains défis posés par les récentes attaques à Paris, Copenhague et ailleurs au Moyen-Orient et en Afrique.

La Directrice générale de l'UNESCO, Mme Irina Bokova, a ouvert cette conférence en présence de M. Ely Ould Mohamed Vall, ancien Président de la République islamique de Mauritanie, M. André Azoulay, Conseiller du Roi du Maroc, M. Eric de Rothschild, Président de Mémorial de la Shoah, Mme Bariza Khiari, Sénatrice de Paris, M. Mohamed Moussaoui, Président honoraire du Conseil français du culte musulman, M. Moshé Lewin, Directeur exécutif de la Conférence des rabbins européens, M. Turki Al-Dakhil, Directeur général de la chaine Al- Arabiya, M. Mansour Al-Nogaidan, Directeur général du Centre d'études et de recherche Al-Mesbar, M. Mohamed Al Hammadi, rédacteur en chef du journal Al-Ittihad, et M. Jameel Al-Theyabi, rédacteur en chef du journal pan-arabe Al- Hayat.

« En réponse à la violence qui cherche à diviser, nous devons démontrer que le dialogue entre les cultures est non seulement possible, mais qu’il existe déjà en tant qu’aspect fondamental des droits humains», a déclaré la Directrice générale. «En réponse à l'extrémisme qui déforme la religion, nous devons opposer la richesse des échanges constants entre les cultures à travers l'histoire», a rajouté Irina Bokova, invitant à une nouvelle alphabétisation culturelle et aux compétences interculturelles.

La Directrice générale a par ailleurs rappelé l'engagement de l'UNESCO à promouvoir la connaissance sur les chapitres les plus sombres de l’histoire de l'humanité, pour renforcer la lutte contre toutes les formes de racisme, d'intolérance et la haine. Elle a souligné également le travail que mène l'Organisation en matière d’Education sur l’Holocauste, sur le projet La Route de l'esclave, pour l'engagement des jeunes femmes et hommes, pour la défense des journalistes et pour faire progresser l’éducation à l’information et aux médias, appelant à la nécessité de travailler ensemble, à l'échelle mondiale.

Abe Radkin, Le Directeur exécutif du Projet Aladin, a lancé la conférence, comme « un appel à mobiliser les forces de la société civile d’Europe et du monde arabe ».

« Le terrorisme est un cancer qui métastase, » et nous devons le combattre sans faiblesse, a déclaré l'ambassadeur de France auprès de l'UNESCO, SE Philippe Lalliot, « pour combattre, il faut comprendre, et réfléchir précisément à ses causes et à sa nature ».

Dans Une déclaration très applaudie, l'ex président de Mauritanie a déclaré « en tant que musulman, en tant qu'arabe, en tant qu'africain, je dénie à quiconque le droit de se revendiquer de l'islam pour justifier la violence. L'islam dit que celui qui tue un homme tue toute l'humanité. »

De nombreux journalistes et responsables des médias du monde arabes ont apporté leurs témoignages sur le rôle de la presse dans le traitement des informations et des religions. André Azoulay, conseiller du roi du Maroc a notamment rappelé que « il faut aussi valoriser et mieux connaître tous les exemples de dialogue réussi. Chaque année à Essaouira des juifs et des musulmans se réunissent pour le festival de musique mais personne n'en parle. Il faut multiplier les lieux de dialogue, les plates-formes de rencontre, comme ici à l'UNESCO, et faire entendre le message de la tolérance ».

Cette initiative touche au cœur même des actions voulues soutenues par cette Décennie internationale du rapprochement des cultures (2013-2022), dont le but est de : « promouvoir le respect des droits de l'homme et la diversité culturelle, tout en reconnaissant l'importance du dialogue interculturel et interreligieux pour combattre contre les nouvelles formes de racisme, de discrimination, d'intolérance, de l'extrémisme et la radicalisation, forgeant ainsi des liens entre les peuples et les nations ».