Célébration de la Journée internationale de la paix au Burundi

Au Burundi, le Projet Atelier Ecole de la Foi (ATEF), en collaboration avec la Maison de l’UNESCO pour la Culture de la Paix au Burundi, le Ministère de l’Intérieur et de la Formation Patriotique, la Fondation Mariya Arafasha, la Commission Justice et Paix, et d’autres organisations qui travaillent dans le domaine de la paix, comme Peace One Day – Great Lakes, a organisé un événement de grande importance sur la paix à Bujumbura, le 20 septembre 2015, sous le thème « Ensemble pour la Paix » qui s’inspire du thème international de la Journée « Partenariats pour la paix – Dignité pour tous ».

Comme vous le savez, l'Assemblée générale des Nations Unies, dans sa Résolution 55/282, en date du 7 septembre 2001, a décidé que la Journée internationale de la paix serait observée chaque année le 21 septembre comme une journée mondiale de cessez-le-feu et de non-violence, pendant la durée de laquelle toutes les nations et tous les peuples seraient invités à cesser les hostilités. Elle a engagé les États membres, les Organismes des Nations Unies, les organisations régionales et non gouvernementales et les particuliers à célébrer comme il convient cette Journée internationale de la Paix, y compris au moyen d'activités d'éducation et de sensibilisation, et à œuvrer, de concert avec l'Organisation des Nations Unies, à l'établissement d'un cessez-le-feu mondial.

Le thème de cette année « Partenariats pour la paix - Dignité pour tous » interpelle tous les Burundais et les amis du Burundi, dont le Système des Nations Unies, qui ne cessent de contribuer à la consolidation de la paix en vue d’un développement durable. L’absence de la paix, l’insécurité mettent à mal les droits humains et la dignité humaine, la cohésion sociale et la cohabitation pacifique.

Aujourd’hui, nous assistons malheureusement à la recrudescence de l’insécurité et de la violence avec les conséquences économiques et sociales sur les populations les plus vulnérables, en particulier les enfants et les femmes. C’est donc un appel pour que nous ne perdons pas de vue le besoin de conjuguer nos efforts pour la consolidation de la paix dans un climat de cohésion sociale.

En cette Journée internationale de la paix, alors que nous marquons le 70e anniversaire de l’UNESCO et de l’Organisation des Nations Unies, saisissons cette occasion pour réaliser l’objectif fondateur de l’Organisation : préserver les générations futures du fléau de la guerre. Aussi n’oublions pas les mots de l’architecte de la paix au Burundi, Nelson Mandela, quand il a dit « I dream of an Africa which is at peace with itself » (« Je rêve d’une Afrique en paix avec soi-même »). Autrement dit, ne pas croire dans la paix c’est démentir l’avenir.

En effet, le Burundi se trouve actuellement devant un grand défi. Après quelques années d’accalmie, le Burundi replonge petit à petit dans la violence. Et pourtant, personne ne veut la guerre dans ce pays car tout le monde se rappelle encore des dégâts humains et matériels qu’elle occasionne.

Sur le plan économique, les guerres successives ont fait reculer le Burundi à plus de trente ans en arrière, faisant de ce pays l’un des plus pauvres de la planète aujourd’hui. Elles ont occasionné des pertes énormes de vies humaines, de destructions de biens et des liens sociaux, des déplacements massifs de populations avec comme conséquences la présence d’un nombre élevé de veuves et d’orphelins sans assistance, la pauvreté des ménages, le chômage et bien d’autres problèmes qui ont déstructuré la vie des individus, des familles, des collectivités et de toute la nation. Cette fragilité des individus s’est ajoutée à la cassure du tissu social qui somme toute était un point de repère. Un contexte socio-culturel, qui est devenu plus pesant et plus menaçant que sécurisant, et qui a plongé les burundais dans l’incertitude et la peur du lendemain.

« Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes qu’il faut élever les défenses de la paix. » * Il devient donc important de réunir toutes les parties prenantes à cette situation, en particulier la jeunesse et toutes les personnes de bonne volonté, le Gouvernement en premier, pour leur offrir un cadre d’échanges sur les valeurs de la paix et du vivre ensemble en évitant tout ce qui peut mener à la guerre.

L’organisation de cette journée avait donc pour but principal de contribuer à redonner espoir à la population burundaise et de montrer qu’il est possible de vivre en paix. Entre autres activités qui ont marqué cette Journée internationale de la paix édition 2015, nous pouvons citer notamment une marche pour la paix, une messe célébrée par Monseigneur l’Archevêque du Diocèse de Bujumbura, de courtes présentations sur la paix et le projet de formation de leaders pour la culture de la paix, diverses activités culturelles dont les danses burundaises, des poésies et sketches, le tout agrémenté par le son et percussion du Tambour. Un concert de musique animé avec l’orchestre « Peace and Love » a clôturé les cérémonies qui avaient mobilisé plusieurs milliers de Burundais dont de très hautes personnalités à savoir le Premier Vice-Président de la République, le Premier Vice-Président de l’Assemblée nationale, des députés,  ministres et hauts cadres de l’État, le Coordonnateur Résident, les chefs d’agences et personnel du système des Nations Unies, les représentants des différentes confessions religieuses et le représentant du Nonce Apostolique du Burundi.

Après les bénédictions de l’Archevêque et des représentants des musulmans et des protestants, quelques allocutions et discours ont été prononcés : la lecture du message de la Directrice générale de l’UNESCO faite par la Chef de la Maison de la Paix-UNESCO Bujumbura, l’allocution de circonstance faite par le Coordonnateur Résident et le discours officiel prononcé par le Premier Vice-Président de la République S.E. M. Gaston Sindimwo.

Nous ne devons pas attendre dix ans pour atteindre l’idéal consigné dans la Vision Burundi 2025. Le Burundi doit être, pourquoi pas dès demain, « une nation unie, solidaire et en paix, un pays bâti sur une société de droit avec un patrimoine culturel riche, une économie prospère au service du bien-être de tous ».

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* Cf. Acte constitutif de l’UNESCO