Cinq nouveaux éléments sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel

L’art turc du papier, des chants populaires vietnamiens ou encore l’askiya, l’art de la plaisanterie ouzbèke font partie des cinq derniers éléments inscrits sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel.

Au cours de cette session, qui se réunit jusqu’au 28 novembre, le Comité de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel a inscrit au total 34 éléments sur la Liste représentative, ce qui porte à 314 le nombre d’éléments inscrits sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel.

La Liste représentative est composée des expressions qui démontrent la diversité du patrimoine immatériel et qui font prendre davantage conscience de son importance.

La Slava, célébration de la fête du saint patron de la famille, Serbie

En Serbie, les familles chrétiennes orthodoxes et leurs voisins et amis célèbrent une fête en l’honneur du saint patron, la Slava. On allume un cierge spécial dans la maison et on verse du vin sur le gâteau de la Slava avant de l'inciser en croix, de le faire tourner en l’élevant et de le découper en quatre morceaux. Les femmes jouent un rôle important dans la transmission des connaissances dans la famille concernant l’exécution des rituels, leur signification et leur but. Le repas de la Slava renforce les relations sociales et encourage le dialogue dans les régions multiethniques et multiconfessionnelles.

La kopatchkata, danse communautaire du village de Dramtche, Pianets (ex-République yougoslave de Macédoine)

La kopatchkata est une danse communautaire dynamique et énergique qu’exécutent les résidents du village de Dramtche, dans la région de Pianets. Elle se danse en demi-cercle lors des mariages, des rassemblements publics et des fêtes religieuses. La danse débute par un mouvement de marche lente avant d’enchaîner sur de petits pas rapides qui s’accélèrent, suivi d’un martèlement du sol. Pour le public local, la danse kopatchkata représente un symbole d’identité culturelle, non seulement pour la communauté du village de Dramtche, mais aussi pour toute la région de Pianets.

Ebru, l’art turc du papier marbré

L’Ebru est l’art traditionnel turc qui consiste à créer des motifs colorés en appliquant des pigments de couleur au goutte-à-goutte ou au pinceau sur de l’eau à laquelle on a ajouté des substances grasses dans un récipient, puis à transférer ce motif sur du papier. L’art du papier marbré est couramment utilisé pour la décoration dans l’art traditionnel de la reliure. Les connaissances et les savoir-faire des artistes, des apprentis et des praticiens de l’Ebru sont transmis oralement et par la pratique dans le cadre de relations maîtres-apprentis. L’Ebru encourage le dialogue, renforce les liens sociaux et consolide les relations entre les individus et les communautés.

L’askiya, l’art de la plaisanterie, Ouzbékistan

L’askiya est un genre de l’art oratoire populaire ouzbèke qui prend la forme d’un dialogue entre deux participants ou plus qui échangent des mots d’esprit sur un thème particulier. Les détenteurs et les praticiens, essentiellement des hommes, doivent maîtriser les particularités de la langue ouzbèke, et savoir improviser et raisonner habilement et rapidement, en utilisant l’humour et la plaisanterie. Les dialogues, bien que sous forme de plaisanterie, jouent un rôle inestimable pour sensibiliser aux tendances et aux événements sociaux et attirer l’attention sur des questions importantes, par l’observation attentive de la vie quotidienne.

Les chants populaires ví et giặm de Nghệ Tĩnh, Viet Nam

Le ví et le giặm sont chantés par différentes communautés du centre-nord du Viet Nam. Les gens les chantent lorsqu’ils cultivent le riz dans les champs, lorsqu’ils rament en barque, ou encore lorsqu’ils fabriquent des chapeaux coniques ou bercent les enfants pour les endormir. Les textes mettent l’accent sur les vertus et les valeurs fondamentales telles que le respect des parents, la loyauté, l’attention aux autres et le dévouement, ainsi que l’importance de l’honnêteté et d’une bonne conduite. Chanter permet aux gens de rendre leurs conditions de travail moins pénibles, d’atténuer les épreuves de leur existence et d’exprimer les sentiments entre les hommes et les femmes.

Au cours de cette session, le Comité pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel a également inscrit trois éléments (en Ouganda, au Venezuela et au Kenya) sur la Liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente en raison de leur fragilité et des menaces qui pèsent sur ces traditions. Ces inscriptions portent à 38 le nombre d’éléments figurant sur la Liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente.

Par ailleurs, la sauvegarde de la culture du carillon (Belgique) a été ajoutée au  Registre des meilleures pratiques de sauvegarde. Ce Registre permet aux États Parties, aux communautés et aux autres acteurs de partager des expériences de sauvegarde exemplaires et la manière dont ils ont relevé les défis rencontrés au cours de la transmission de leur patrimoine vivant.

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