Commémoration du centenaire de la Première Guerre mondiale

Ruchira Kambo, Ambassadrice et Déléguée permanent de l’Inde auprès de l’UNESCO, a organisé une cérémonie pour commémorer le 100e anniversaire de la Première Guerre mondiale (1914-1918) le 11 décembre au Siège de l’UNESCO.

Nous ne sommes pas là pour démêler le vrai du faux en ce qui concerne le passé, mais pour commémorer les sacrifices suprêmes souvent oubliés de millions de soldats, qui sont venus des quatre coins du monde pour participer à la Première Guerre mondiale, a dit l’Ambassadrice Kamboj. Elle a également souligné la nécessité de comprendre le passé pour éviter de reproduire ses erreurs.

Organisée par la Délégation permanente de l’Inde, avec le soutien des Délégations de Belgique, du Canada, de France, d’Allemagne, de Nouvelle-Zélande et du Royaume-Uni, la commémoration a été inaugurée et clôturée au son de la Sonnerie aux morts, jouée par un membre de la Garde Républicaine française.

À titre de représentant de la Directrice générale de l’UNESCO, le Sous-Directeur général Eric Falt a parlé d’un devoir de mémoire de la Première Guerre mondiale, également appelée la Grande Guerre, laquelle, a-t-il dit, « a été plus triste qu’elle n’a été grande. […] Comprendre ce patrimoine est une initiation à la paix. Protéger ce patrimoine, ces ressources documentaires, et les transmettre, par l’éducation, par la culture, c’est justement ‘construire les défenses de la paix dans l’esprit des hommes et des femmes.’ C’est la mission de l’UNESCO, de puiser dans l’éducation, la culture, et l’art, la force de transfigurer le souvenir, de dépasser la haine et de construire la paix, » a-t-il déclaré.

Au cours de leurs remarques, les Ambassadeurs des six pays qui ont soutenu l’événement se sont mis d’accord sur la nécessité de se rappeler et de comprendre la Première Guerre mondiale, à l’origine de changements profonds et durables dans le monde, notamment pour ce qui est des territoires gouvernés par la Grande-Bretagne et la France.

Rana Tej Pratap Singh Chhina, auteur et historien militaire indien, a ensuite pris la parole pour décrire la participation de l’Inde à la Première Guerre mondiale, aux côtés de la Grande-Bretagne : un million de soldats ont été envoyés combattre sur presque tous les fronts et de très importantes ressources financières ont été mises à disposition. Cela a eu de profondes conséquences sur la conscience nationale du pays, menant ainsi à l’émergence de son mouvement indépendantiste, a-t-il expliqué.

L’historien français Yves Le Maner a également parlé des conséquences que le recrutement de soldats originaires d’Afrique du Nord et subsaharienne a eu sur les colonies françaises. Dans sa présentation, il a étudié la question complexe du racisme et la façon dont l’arrivée d’un grand nombre de soldats venus d’Afrique, de la région arabe et d’Asie en Europe, mettant en contact des populations qui ne s’étaient jamais rencontrées auparavant, a affecté cette question.

Le Maner a également noté que les soldats qui arrivaient en Europe en provenance de différentes régions du monde ont été suivis par la première vague de travailleurs immigrés d’outre-mer. Selon lui, tandis que les soldats non-européens avaient été généralement bien accueillis par les civils français, les travailleurs immigrés ont été en grande partie rejetés, notamment par les syndicats, et étaient considérés comme des concurrents déloyaux.

La cérémonie a été l’occasion pour les Délégations permanentes, le personnel de l’UNESCO et des élèves en visite au Siège de se faire une idée des événements complexes survenus lors de la Première Guerre mondiale et de leur impact durable sur les nations du monde. Cela a également été l’occasion, comme l’a souligné l’Ambassadrice Komboj à la clôture de la cérémonie, « d’honorer les héros méconnus qui ont sacrifié leurs lendemains pour nos aujourd’hui. »