La conférence d’Ahmedabad reconnaît l’éducation en tant que moteur essentiel du développement durable

Plus de 600 participants originaires de 22 pays se sont réunis à l’occasion de la conférence internationale sur « L’éducation en tant que moteur du développement durable », tenue à Ahmedabad, en Inde, du 11 au 13 janvier.

La conférence a été organisée par le Centre d’éducation environnementale (CEE) en partenariat avec l’UNESCO et le PNUE et avec le soutien du Gouvernement indien, afin de rassembler l’expertise mondiale et de partager l’expérience indienne dans le renforcement du rôle de l’éducation pour atteindre les 17 Objectifs de développement durable (ODD) adoptés par l’Organisation des Nations Unies en septembre dernier.

Tracer une nouvelle voie pour les 15 prochaines années

« Le nouveau Programme de développement durable à l’horizon 2030 trace une nouvelle voie pour les peuples, pour la paix, pour la planète, pour les 15 prochaines années. Afin de réaliser ce programme, nous avons besoin de nouveaux modes de pensée et d’interaction avec les autres et avec le monde, et c’est pourquoi l’éducation doit être notre point de départ, pour façonner de nouvelles valeurs et attitudes pour le siècle à venir », a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO, Mme Irina Bokova, dans un message vidéo diffusé lors de la cérémonie d’ouverture.

La conférence a rassemblé des participants issus de la société civile, du milieu universitaire et des établissements d’enseignement ainsi que des acteurs de l’EDD (éducation en vue du développement durable), et a donné lieu à une série de groupes de travail organisés selon les 17 Objectifs de développement durable. Dans le cadre de l’objectif 4.1 sur l’éducation, les participants à l’atelier sur la qualité de l’éducation se sont penchés sur des questions telles que la scolarité formelle, les soins et le développement de la petite enfance, l’enseignement supérieur et l’enseignement et la formation techniques et professionnels, l’autonomisation des jeunes et le renforcement des capacités des enseignants.

En tant que cadre de suivi de la Décennie des Nations Unies pour l’EDD, l’importance du Programme d’action global de l’UNESCO pour accélérer les progrès dans la réalisation de l’ensemble des ODD ainsi que le leadership et l’approche de partenariat de l’Organisation dans ce domaine ont été reconnus lors de l’atelier. L’ACCU, un des partenaires du Programme d’action global dans le domaine d’action prioritaire 2, qui vise à promouvoir des approches institutionnelles globales de l’EDD dans les écoles, a présenté des documents montrant les bons résultats de leurs projets internationaux d’apprentissage collaboratif, le « ESD Rice Project » (2011-15) et le « ESD Food Project » (2015-) mis en œuvre dans la région Asie-Pacifique. Les deux projets visent à encourager les enfants à contribuer au développement durable en tant qu’acteurs du changement par le biais du thème commun du riz/de l’alimentation.

Ayant coordonné ces projets dans des écoles du niveau élémentaire au niveau secondaire, Mme Miki Saito, formatrice, chargée de projet et spécialiste de l’éducation à l’ACCU, a indiqué que « leur apprentissage les a transformés petit à petit, eux et leur société. L’apprentissage participatif et adapté au contexte local permet aux jeunes et aux adultes de travailler de manière collaborative ».

Les solutions technologiques ne sont pas suffisantes

En passant d’une vision du développement purement économique à une vision qui englobe les trois piliers de la durabilité, – environnemental, social et économique – les participants ont pris conscience que les instruments politiques ou les solutions technologiques ne seraient pas suffisantes, et que l’éducation est essentielle pour réaliser le développement durable.

Le document final, le Plan d'action d'Ahmedabad, reconnaît que les transformations requises par les ODD nécessiteront de revoir en profondeur la conception même de l'éducation. Il indique également que les systèmes éducatifs dominants ont eu tendance à imposer une conception étroite de rationalité aux dépens de la compréhension émotionnelle, de l'apprentissage par l'expérience et des systèmes de savoir traditionnels.

 

Pour conclure, il précise que "l'éducation doit être repensée de manière à permettre différentes formes de savoir et de nouvelles façons d'être et de devenir qui reflètent l'inclusion au sens propre du terme".