Le Conseil de sécurité des Nations Unies adopte une résolution historique en faveur de la protection du patrimoine

24 Mars 2017

New York, 24 mars – La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, est intervenue aujourd’hui en séance publique d’information du Conseil de sécurité des Nations Unies sur le « Maintien de la paix et de la sécurité internationale : destruction et trafic de biens faisant partie du patrimoine culturel par des groupes terroristes et dans des situations de conflit armé », au cours de laquelle le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté à l’unanimité la résolution 2347 en faveur de la protection du patrimoine.

« La destruction délibérée du patrimoine est un crime de guerre, elle est devenue une tactique de guerre pour mettre à mal les sociétés sur le long terme, dans une stratégie de nettoyage culturel. C’est la raison pour laquelle la défense du patrimoine culturelle est bien plus qu’un enjeu culturel, c’est un impératif de sécurité, inséparable de la défense des vies humaines », a déclaré Irina Bokova alors qu’elle s’exprimait en faveur de la résolution, en présence du Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies sur la drogue et le crime, Youri Fedotov et du commandant des carabinieri italiens, Fabrizio Parrulli.

« Les armes ne sont pas suffisantes pour vaincre l’extrémisme violent. Bâtir la paix passe aussi par la culture ; cela passe par l’éducation, la prévention et la transmission du patrimoine. C’est tout le sens de cette résolution historique », a ajouté la Directrice générale.

C’est la première fois qu’un Directeur général de l’UNESCO est invité à informer les membres du Conseil de sécurité des Nations Unies lors d’une séance publique. La séance s’est tenue à l’initiative de la France et de l’Italie, sous la présidence du Royaume-Uni.

La Directrice générale a poursuivi en expliquant que depuis l’adoption par le Conseil de sécurité de la résolution 2199 en 2015, qui interdit le commerce des biens culturels en provenance de Syrie et d’Iraq, des progrès ont été accomplis pour faire obstacle au financement des terroristes par le trafic illicite des antiquités. « Dans un mouvement mondial initié par l’UNESCO, une cinquantaine d’Etats ont renforcé leur législation et partagent désormais l’information et les données pour démanteler les filières du trafic et faciliter les restitutions ».

« Ensemble, l’UNESCO, INTERPOL, l’Office des Nations Unies sur la drogue et le crime, les services des douanes, le secteur privé et les musées renforcent leur coopération et coordonnent de nouvelles actions », a-t-elle déclaré.

Le commandant des carabiniers Fabrizio Parulli et le groupe de travail UnisPourLePatrimoine ont partagé les derniers chiffres sur le trafic illicite et rappelé que depuis 1969, 800 000 objets ont été saisis par les forces italiennes dans leur lutte contre le financement des activités criminelles.

La résolution 2347 est la première résolution portant exclusivement sur le patrimoine culturel adoptée par le Conseil de sécurité. Le soutien unanime à cette résolution reflète une reconnaissance nouvelle de l’importance de la protection du patrimoine culturel pour la paix et la sécurité.  L’UNESCO est dépositaire d’un large éventail d’instruments normatifs qui sont d’une importance capitale pour la protection du patrimoine culturel : la Convention de La Haye pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé (1954) et ses deux protocoles, la Convention concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher, l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels (1970) et la Convention concernant la protection du patrimoine mondial culturel et naturel (1972).

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Contact : Ricardo de Guimaraes Pinto, Bureau de liaison de l’UNESCO avec les Nations Unies à New York, +1 917-975-8498, r.de-guimaraes-pinto@unesco.org