Les Conventions culturelles de l’UNESCO, plus importantes que jamais

28 Septembre 2016

Les destructions du patrimoine culturel ont atteint des niveaux sans précédent. À la lumière de ces faits, et de la contribution unique qu’apporte la culture en matière de paix et de développement durable, la ratification, la mise en œuvre et la visibilité des six conventions culturelles de l'UNESCO sont plus importantes que jamais.

Ce fut l’objet principal de la Deuxième Réunion des Présidents des Comités des Conventions culturelles de l’UNESCO le 26 septembre 2016, au cours de laquelle deux thèmes principaux furent abordés: la sauvegarde du patrimoine culturel et de la diversité culturelle en période de conflit; et le rôle des Conventions dans l'Agenda 2030 pour le développement durable.

Mme Artemis Papathanasiou, Présidente du Comité du Deuxième Protocole relatif à la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, a pointé la situation alarmante dans les pays tels que l'Irak et la Syrie et a déclaré: «nous avons été témoins d'un nettoyage culturel... la protection du patrimoine culturel lors de conflits armés est plus urgente que jamais». Elle a souligné la complémentarité des objectifs de plusieurs conventions pour lutter contre le trafic illicite des biens culturels découlant de situations de conflit.

 « Il est important de donner une visibilité à la situation – de sensibiliser, d’éveiller une prise de conscience et d’inciter à l’action dans le monde entier», a déclaré Mme Maria Vlazaki, présidente du Comité subsidiaire de la Réunion des États parties à la Convention de 1970, au sujet des mesures à prendre pour interdire et empêcher l'importation, l'exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels. Elle a rappelé les engagements attendus en vertu des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU 2199 et 2253 ainsi que la coopération et le partage nécessaire des informations avec INTERPOL, les agents de douanes ainsi que les marchés d'art.

En trait ant de l'interaction entre les Conventions de l'UNESCO, Mme Lale Ulker, Présidente du Comité du patrimoine mondial, pour la Convention de 1972 de l'UNESCO concernant la protection du patrimoine mondial culturel et naturel, a souligné que «nous avons un ensemble de mesures juridiques et d’instruments politiques solides pour faire face aux défis actuels. Les menaces actuelles nuisent non seulement au patrimoine, mais également à la diversité culturelle, au pluralisme et au dialogue interculturel qui soutiennent la stabilité de la paix et le développement durable. » Constatant que les principes du développement durable sont intégrés dans les processus nationaux liés au patrimoine mondial, elle a également indiqué que le Comité était en train de préparer une stratégie de restauration post-conflits.

L’ambassadeur Alejandro Palma Cerna, Président de la Réunion des États parties à la Convention de 2001 sur la protection du patrimoine culturel subaquatique a expliqué dans son message que «les conflits, les troubles politiques, les situations géopolitiques et économiques défavorables, et le développement urbain rapide et non-durable le long des côtes infligeaient des dégâts au patrimoine culturel subaquatique". Faisant écho à l'appel pour renforcer les échanges et les synergies entre Conventions, il a appelé à une plus grande coopération, et à un meilleur suivi afin d’empêcher le pillage et le trafic illicite.

M. Yonas Desta Tsegaye, Président du Comité de la Convention de 2003 sur la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, a indiqué que « la sauvegarde du patrimoine vivant en situation d'urgence est une préoccupation croissante ». Il a partagé des Directives Opérationnelles définissant la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel ainsi que le développement durable, en et a mis en avant les cadres normatifs et opérationnels au sein desquels les six conventions pourraient travailler ensemble.

La réunion a démontré de façon très claire comment chacune des conventions culturelles de l'UNESCO soutient directement les États membres dans la mise en œuvre de l'Agenda 2030. L’ambassadeur M. Laurent Stefanini, vice-président du Comité intergouvernemental de la Convention de l'UNESCO de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, a notamment souligné l’efficacité du cadre pour le développement durable. La Promotion des industries culturelles et créatives traite de la qualité de l’éducation, de l'égalité des genres, des villes durables, et de la création d'emplois. La mise en œuvre de la Convention par les Etats Parties amène de façon tangible la culture dans les politiques et pratiques de développement. "Nous devons renforcer et démontrer les valeurs de la culture, et son potentiel pour chacun d'entre nous» a-t-il ajouté.