La coopération entre les puissances émergentes peut accélérer les progrès en éducation d’après un nouveau rapport

Compte-tenu des progrès importants qui ont affecté les systèmes éducatifs des cinq économies émergentes, une collaboration plus étroite entre ces pays pourrait accélérer les progrès dans le domaine de l’éducation, d’après un nouveau rapport présenté par l’UNESCO.

BRICS (Brazil Russia India China and South Africa) : Building Education for the Future [Les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) : bâtir une éducation pour demain] est la première étude approfondie sur les avancées et les défis relatifs à l’éducation dans ces pays. Les BRICS assurent actuellement l’éducation de plus de 40% de la population mondiale.

            L’une des conclusions clé du rapport est que les BRICS ont utilisé à bon escient des politiques innovantes pour améliorer la qualité de l’éducation et pour développer la formation professionnelle et technique ainsi que l’enseignement supérieur. Ainsi, le Brésil a-t-il mis en place l’un des systèmes d’évaluation les plus complets au monde. Le pays utilise en effet une combinaison de données, sur les effectifs scolaires et les taux de réussite scolaire notamment, pour fixer des objectifs et donner une direction à la réforme. 

            La mise en place d’une nouvelle législation en Inde, qui exige des entreprises qu’elles consacrent 2% de leurs profits à des activités relevant de leur responsabilité sociale, intéressera tous les gouvernements qui cherchent à financer les niveaux d’éducation élevés et le développement des compétences.

            Le rapport montre la progression rapide de l’enseignement supérieur, notamment en Chine, où le nombre d’étudiants a été multiplié par cinq entre 1999 et 2012. En Russie, les efforts réalisés pour intensifier les échanges et la coopération entre les étudiants et les universités, comme le Réseau des universités BRICS, enrichit l’apprentissage. En Afrique du Sud, la réforme de l’éducation, qui s’est focalisée sur la lutte contre les inégalités de l’apartheid, est un exemple pour tous les pays désireux de s’attaquer aux inégalités.

            La Chine et l’Inde abritent les plus vastes systèmes éducatifs du monde et si les cinq pays intensifient leurs efforts, les BRICS peuvent devenir chefs de file en matière de qualité de l’éducation. En retour, des millions d’étudiants profiteront de meilleurs systèmes d’apprentissage qui les doteront de compétences et de connaissances plus adaptées qui leur permettront de transformer les sociétés et les économies.

            Le rapport est assorti de 12 recommandations qui définissent les domaines clé de coopération susceptibles d’améliorer les systèmes éducatifs, l’enseignement supérieur et le développement de compétences.

            « Les BRICS ont déjà modifié la carte mondiale de l’éducation, en scolarisant des millions d’enfants, en mettant en place des centres d’apprentissage de niveau international, en stimulant l’innovation et en partageant l’expérience et la connaissance. Une coopération renforcée dans l’éducation, prônée par l’UNESCO, permettrait aux BRICS d’aller plus loin en améliorant les niveaux d’éducation et en garantissant plus vite une viabilité à long terme », a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova.

            Malgré les progrès, de nombreux défis demeurent. Dans certains pays, les réformes économiques, la décentralisation et la privatisation de l’éducation se sont traduites par un accroissement des disparités qui frappent d’abord les enfants les plus pauvres, pénalisés par une éducation de mauvaise qualité. En dépit des progrès considérables de ces dernières années, seul un jeune sur cinq en Inde et un sur quatre en Chine a accès à l’enseignement supérieur.

            La pauvreté et l’inégalité des genres dans les BRICS se reflètent toujours dans le cycle d’apprentissage et peut entraver les capacités d’apprentissage des enfants. Les communautés qui luttent pour nourrir leurs familles sont confrontées à la perspective de dommages à long terme causés par la malnutrition.

            Au cours du 6e Sommet des BRICS qui s’est tenu au Brésil le 15 juillet 2014, les dirigeants des BRICS ont déclaré que l’éducation était un élément clé du succès à long terme. Ils ont reconnu qu’un investissement supplémentaire était vital dans l’éducation pour faire face aux inégalités et alimenter la croissance économique.

            « Pour progresser vers une économie du savoir, il faudra renforcer la coopération dans le domaine de l’éducation afin d’établir des liens horizontaux entre les BRICS », a déclaré Dilma Roussef, la Présidente du Brésil, au cours du Sommet des BRICS.

            Les BRICS sont déjà engagés dans des partenariats mondiaux pour l’éducation. Ces pays ont joué un rôle important dans le mouvement de l’Education pour tous coordonné par l’UNESCO. Le Brésil, la Chine et l’Inde font partie du groupe des pays à forte population (E9), qui s’emploie depuis 1993 à favoriser la coopération dans la perspective de l’éducation pour tous.

            L’UNESCO travaille étroitement avec les BRICS depuis 2013 pour soutenir leurs efforts en vue de renforcer la coopération dans l’éducation. L’objectif est de favoriser l’accès à l’apprentissage de millions de jeunes dans les cinq économies à croissance rapide.

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Consultez le rapport : BRICS: Building Education for the Future

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Sue Williams / +33 (0)1 45 68 17 06 / s.williams(at)unesco.org