La crise migratoire au cœur de la cérémonie de remise du Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix

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© UNESCO/C. Alyx
27 Juin 2017

Le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix a été décerné aux deux lauréats de l’édition 2017 : l’ancienne maire de Lampedusa (Italie), Giuseppina Nicolini, et l’association SOS Méditerranée, au cours d’une cérémonie qui s’est tenue aujourd’hui au siège de l’UNESCO.

L’évocation des défis que représente la crise migratoire qui touchent les pays riverains de la Méditerranée et la nécessité d’accueillir les réfugiés dans des conditions respectueuses de leur dignité et de leur humanité, a dominé les interventions des nombreuses personnalités qui ont pris part à la cérémonie.

« La tragédie des migrants et des réfugiés pose la question de la dignité et de la solidarité aujourd’hui et toutes nos conceptions de l’aide, de l’action publique et de la justice sociale devraient être observées à cette aune », a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, tout en saluant le courage et la détermination des lauréats.

Elle les a également remerciés de rappeler au monde que les « migrants ne sont ni un fardeau ni une menace, ils sont le miroir d’une humanité que nous partageons tous dans sa dignité et sa responsabilité ».

« L’engagement et la détermination de ces deux lauréats constituent un modèle pour nous et pour les générations futures », a déclaré pour sa part le Président Alassane Ouattara, Président de la Côte d’Ivoire. S’adressant aux deux lauréats, il a poursuivi : « en vous décernant cette prestigieuses récompense, le jury du Prix appelle la communauté internationale à faire en sorte que la Méditerranée cesse d’être le théâtre de tragédies pour devenir un espace d’échanges, de solidarité et de dialogue interculturel ». 

« La crise migratoire à laquelle l’ensemble des pays riverains de la Méditerranée et l’Europe tout entière font face est un défi historique par son ampleur. Il s’agit du plus important déplacement de populations depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. En se battant pour sauver la vie des réfugiés et des migrants, en s’engageant pour les recueillir dans la dignité, les lauréats ont fait leur un idéal de la fraternité humaine que je voudrais saluer aujourd’hui », a souligné Jean-Yves Le Drian, ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères.

 

 

La Directrice générale de l’UNESCO a ensuite remis le Prix aux lauréats. Giuseppina Nicolini s’est illustrée en tant que maire des îles de Lampedusa et de Linosa (2012-2017) par son combat pour les droits des migrants.

« J’ai le sentiment d’avoir fait des choses ordinaires : j’ai été scandalisée par chaque cadavre qui s’est échoué parce que tous les noyés rejetés par la mer sont issus d’une embarcation dont personne ne saura rien en l'absence de survivants. Je refuse de considérer comme inévitable le sort terrible que la forteresse Europe a réservé à ceux qui ne se résignent pas à mourir de la guerre, de la persécution, de la violence et de la pauvreté […] Je me suis simplement rebellée contre l’idée que Lampedusa puisse être sacrifiée sur l’autel de l’égoïsme ».

SOS Méditerranée est une association de sauvetage en haute mer, créé en 2015 par des membres de la société civile européenne mobilisée face à l’urgence humanitaire en Méditerranée.

« Le premier devoir qui nous incombe à tous –et nous n’avons pas le choix-, c’est de tendre la main à ceux qui se noient. L’urgence absolue est de déployer des moyens de sauvetage dignes de ce nom et à la mesure de la tragédie. Car nous pouvons éviter ces milliers de morts annoncées », a souligné Sophie Beau, co-fondatrice de SOS Méditerranée.

« Notre but est que la Méditerranée devienne une mer humaine et civile », a ajouté Klaus Vogel, également co-fondateur de SOS-Méditerranée.  

Parmi les personnalités qui se sont exprimé au cours de la cérémonie figurent notamment Abdou Diouf, ancien Président de la République du Sénégal et parrain du Prix ; Henri Konan Bédié, ancien Président de la Côte d’Ivoire et protecteur du Prix ; Michaëlle Jean, Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie ; Maria Böhmer, ministre adjointe aux Affaires étrangères d’Allemagne ; Vincenza Lomonaco, Ambassadeur, Déléguée permanente de l’Italie auprès de l’UNESCO ou Joaquim Chissano, ancien Président du Mozambique et président p.i. du jury du Prix.

Le Prix Félix Houphouët-Boigny – créé en 1989 – se propose d’honorer des personnes, institutions ou organisations qui ont contribué de manière significative à la promotion, à la recherche, à la sauvegarde ou au maintien de la paix.