Le développement des compétences est essentiel à l’autonomisation des femmes

Le 6 mars 2015, la Directrice générale de l’UNESCO, Mme Irina Bokova, a pris part aux discussions d’un panel de haut niveau sur « l’accès à une éducation de qualité et le développement des compétences, outils de l’autonomisation des femmes et des filles », tenu au Siège de l'Organisation des Nations Unies, à New York, dans le cadre du débat thématique de haut niveau de l'Assemblée générale sur le thème « réaliser l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes en vue d’un programme de développement pour l’après-2015 transformateur ».

Ce débat était axé sur l’autonomisation économique et politique des femmes et leur accès à une éducation de qualité. Au cours de cette manifestation, à laquelle ont participé le Président de l'Assemblée générale, S. E. M. Sam Kahamba Kutesa, et le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, des déclarations ont été prononcées par Mme Phumzile Mlambo-Ngcuka, Directrice exécutive d’ONU-Femmes, M. Johnson Sirleaf, Président du Libéria, Mme Kolinda Grabar-Kitarovic, Présidente de la Croatie, M. Ahmet Davutoglu, Premier Ministre de la Turquie, et par la Très Honorable Michaëlle Jean, Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie.

La Directrice générale s’est associée à Mme Kolinda Grabar-Kitarovic, Présidente de la Croatie, M. Babatunde Osotimehin, Directeur exécutif du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), Mme Yoko Hayashi, Présidente du Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) et à Mme Geeta Gupta, Directrice exécutive adjointe du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), pour une discussion fructueuse sur la façon de surmonter les multiples obstacles à l’accès des femmes et des filles à une éducation de qualité.

La Directrice générale a souligné que pour définir un futur programme efficace, nous devons savoir clairement où nous en sommes aujourd’hui. « Des progrès sont faits à travers le monde, mais nous ne touchons pas encore au but », a-t-elle déclaré. « 31 millions de filles ne sont toujours pas scolarisées, elles sont encore plus nombreuses à ne pas atteindre l’enseignement secondaire, et 493 millions de femmes sont toujours illettrées. »

La Directrice générale a tiré quatre enseignements de ce constat. Premièrement, les adolescentes sont les plus exposées à la pauvreté, la discrimination, la pression sociale et les conséquences des conflits. « Nous devons cibler cet âge décisif, car ces problèmes affecteront les filles leur vie durant », a-t-elle déclaré. Deuxièmement, il faut créer des liens par le biais de politiques concertées, ce qui implique de travailler non seulement avec le Ministère de l’éducation, mais aussi avec ceux de la santé, du travail et des finances. Irina Bokova a rappelé que ce postulat était celui du Programme conjoint pour l’autonomisation des adolescentes et des jeunes femmes grâce à l’éducation, qui sera lancé mardi 10 mars avec ONU-Femmes, l’UNFPA et la Banque mondiale. Troisièmement, il faut élargir le cadre, au-delà de l’école, aux espaces informels comme le lieu de travail, les centres d’apprentissage communautaires, voire à la formation technique et professionnelle. « C’est pourquoi l’UNESCO plaide pour l’apprentissage tout au long de la vie dans le cadre du programme pour l’après-2015 » a-t-elle affirmé. Quatrièmement, il faut mobiliser tous les multiplicateurs d’apprentissage, à commencer par les technologies de l'information et de la communication – afin d’atteindre les exclus et d’améliorer la qualité de l’enseignement. « C’est le message qui a été adressé la semaine dernière pendant la Semaine de l'apprentissage mobile de l'UNESCO et la  Commission « Le large bande au service du développement numérique » » a-t-elle noté.

Pendant la discussion, la Directrice générale a mentionné certaines des actions de l’UNESCO dans ce domaine, notamment le Partenariat mondial pour l'éducation des filles et des femmes, lancé en 2011, qui est axé sur l’éducation secondaire des filles et l’alphabétisation des femmes.

« Au Sénégal, 6 500 filles et femmes ont bénéficié d’un projet d’alphabétisation et d’acquisition de compétences. En Éthiopie et en Tanzanie, nous avons soutenu le passage des filles dans l’enseignement secondaire. Des communautés, des enseignants et des écoles ont travaillé ensemble pour mettre en place un environnement d’apprentissage attentif à la question du genre et inclusif » a affirmé la Directrice générale.

Les participants au panel ont appelé à prêter une attention accrue à l’accès des adolescentes à la santé sexuelle et reproductive et à la formation, à une mise en œuvre efficace de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, à l’adoption d’une action positive en cas de nécessité. Ils ont en outre souligné les différentes approches multisectorielles qui lèvent les obstacles à l’accès des filles à une éducation de qualité. 

Pendant la discussion avec les États membres, les délégués ont rappelé que l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes restait la première priorité de la communauté internationale. Tous les membres du système des Nations Unies pour le développement doivent soumettre leurs divers domaines thématiques de travail au prisme de l’égalité des sexes et inclure la dimension de genre dans toutes leurs politiques et tous leurs programmes. Par exemple, la prise en compte du critère de l’égalité des genres dans l’étude des conséquences de la crise du virus Ebola a montré que les femmes étaient touchées de façon disproportionnée et qu’elles avaient besoin de mesures spéciales. 

Les délégations ont fortement soutenu l’inclusion d’un objectif autonome sur l'égalité des genres dans le programme de développement pour l’après-2015 et ont plaidé pour ‏la prise en compte de ce critère dans tous les autres objectifs, cibles et indicateurs ainsi que pour l’intégration de la question du genre dans les moyens de mise en œuvre.