La Directrice générale de l’UNESCO condamne la destruction de l’Arc de triomphe de Palmyre‎ : "les extrémistes ont peur de l'Histoire"

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L’Arc de triomphe de Palmyre
© Teo Jioshvili
05 Octobre 2015

La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova a vivement condamné la destruction de l’arc de triomphe de Palmyre, monument civil deux fois millénaire et symbole de la ville inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

«Cette nouvelle destruction montre à quel point les extrémistes sont terrifiés par l’histoire et la culture, car la connaissance du passé décrédibilise et délégitime tous les prétextes utilisés pour justifier ces crimes, et les font apparaître pour ce qu’ils sont : une pure expression de haine et d’ignorance. Palmyre incarne dans sa pierre tout ce que les extrémistes ont en horreur : la diversité culturelle, le dialogue des cultures, la rencontre des peuples de toutes les origines dans cette cité caravanière entre l’Europe et l’Asie.

En dépit de leur acharnement criminel, les extrémistes ne parviendront jamais à effacer l’histoire, ni à passer sous silence la mémoire de ce site qui incarne l’unité et l’identité du peuple syrien.  Chaque nouvelle destruction doit nous encourager à faire connaître la signification de ce patrimoine, dans les musées, dans les écoles, dans les médias… Cela fait partie intégrante du sauvetage de la ville, et de la lutte mondiale contre le nettoyage culturel qui sévit au Moyen-Orient. Je salue les professeurs, les journalistes, les associations et les professionnels de la culture et tous les citoyens qui participent à cet effort, et aident à transmettre l’histoire de Palmyre aux générations futures.

Il n’y aura pas d’impunité pour les criminels de guerre, et l’UNESCO mettra tout en œuvre, à son niveau, pour que les auteurs de ces destructions soient jugés et punis en étroite coopération avec la CPI. Dans l’immédiat, face à ce nouveau crime de guerre, l’UNESCO réaffirme sa détermination à poursuivre la protection de ce qui peut être sauvé, par une lutte sans merci contre le trafic illicite des objets culturels, par la documentation et la mise en réseau des milliers d’experts, en Syrie et dans le monde, qui s’attachent à la transmission de ce patrimoine, y compris par les moyens technologiques modernes.

L’arc de triomphe à trois entrées, construit par Septime Sévère entre 193 et 211 après JC est un symbole de la ville, dont l’image a fait le tour du monde. Chef d’œuvre d’architecture civile et d’aménagement urbain, il était surmonté d’ornements géométriques et floraux, et marquait la jonction entre l’immense colonnade de plus d’un kilomètre et le Temple de Bel, également détruit cette année.