La Directrice générale de l’UNESCO condamne fermement la destruction du temple antique de Baalshamin à Palmyre (Syrie)

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Palmyra's ancient temple of Baalshamin, Syria
© Bernard Gagnon

La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a fermement condamné la destruction du temple antique de Baalshamin, situé sur le site emblématique de Palmyre en Syrie, inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

« La destruction systématique de symboles culturels incarnant la diversité culturelle de la Syrie révèle la véritable intention de telles attaques, qui privent le peuple syrien de son savoir, de son identité et de son histoire. Une semaine après le meurtre du Pr. Khaled al-Assaad, l’archéologue chargé du site de Palmyre depuis quatre décennies, cette destruction est un nouveau crime de guerre et une perte considérable pour le peuple syrien et pour l’humanité », a déclaré la Directrice générale. 

Construit il y a près de 2000 ans, le temple de Baalshamin témoigne de la richesse de l’histoire préislamique du pays. D’après un certain nombre d’informations, l’édifice a subi une explosion dimanche 23 août. Sa cella, ou partie intérieure, a été sérieusement endommagée et les colonnes qui l’entouraient se sont effondrées. 

La structure du temple de Baalshamin date de la période romaine. Elle a été érigée au premier siècle après J.-C. et agrandie par l’empereur romain Hadrien. Le temple est l’un des édifices les plus importants et les mieux conservés de Palmyre. Il fait partie du site de Palmyre, l’un des plus importants centres culturels du monde antique, célèbre pour ses vestiges gréco-romains monumentaux. Il a été régulièrement pris pour cible par Daesh depuis mai 2015. 

« L’art et l’architecture de Palmyre, à la croisée de plusieurs civilisations, est un symbole de la complexité et de la richesse de l’identité et de l’histoire syriennes. Les extrémistes cherchent à détruire cette diversité et cette richesse et j’appelle la communauté internationale à faire preuve d’unité face à la poursuite de ce nettoyage culturel. Daesh tue des personnes et détruit des sites mais ne peut museler l’histoire et ne parviendra pas effacer cette grande culture de la mémoire mondiale. Malgré les obstacles et le fanatisme, la créativité humaine prévaudra, les édifices et les sites seront réhabilités et certains d’entre eux seront reconstruits ». 

« De tels actes relèvent des crimes de guerre et leurs auteurs devront répondre de leurs actions. L’UNESCO soutient les efforts consentis par le peuple syrien pour sauvegarder son patrimoine, qui est un patrimoine de l’humanité toute entière », a déclaré la Directrice générale.