Le Directrice générale de l'UNESCO salue la libération d’Hatra et annonce l’envoi d’une mission d'évaluation d'urgence "dans les plus brefs délais"

27 Avril 2017

Après examen de plusieurs rapports concordants et des discussions avec les autorités irakiennes, l'UNESCO a confirmé la libération du site archéologique d’Hatra, situé dans le gouvernorat de Ninive en Irak. La Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova, a réitéré son soutien au gouvernement et au peuple irakien ainsi que la volonté de l'UNESCO de protéger et de promouvoir le patrimoine irakien comme force de cohésion nationale, de paix et de redressement du pays.

"La libération de la vieille ville d’Hatra, site du patrimoine mondial de l'UNESCO, est une bonne nouvelle pour l'Irak et pour la communauté internationale. Depuis deux ans, Hatra a été l'un des symboles du nettoyage culturel qui sévit au Moyen-Orient. La destruction et le pillage de ses vestiges, de la capitale du premier royaume Arabe, sont des pertes immenses pour le peuple irakien et pour le monde. Sa libération marque un tournant majeur et ouvre la voie à sa protection et sa conservation ", a déclaré la Directrice générale.

«Les extrémistes violents connaissent le pouvoir du patrimoine à unir, à rassembler les peuples et à leur procurer de la fierté, de la confiance et de la dignité - c'est pourquoi ils ciblent et détruisent le patrimoine. La protection du patrimoine est devenue plus qu'un enjeu culturel - c'est une question de sécurité, et c'est l'esprit de la résolution 2347 adoptée à l'unanimité par le Conseil de sécurité de l'ONU le 24 mars dernier, mettant la culture au cœur des efforts internationaux pour construire la paix " a déclaré Irina Bokova. " La destruction délibérée du patrimoine est un crime de guerre, et l’UNESCO mettra tout en œuvre pour que ces crimes ne restent pas impunis. Je rappelle à l’ensemble des forces en présence la nécessité absolue de préserver ce patrimoine emblématique comme condition essentielle de la paix et de l’avenir de la région. »


Hatra (Iraq) circa 2002
© UNESCO/Véronique Dauge

Les rapports préliminaires confirment qu’Hatra a subi de nouvelles destructions depuis la chute de la ville en 2015 ; dès que les conditions de sécurité l'autoriseront, l'UNESCO enverra en coopération avec le gouvernement irakien une mission d'évaluation rapide d'urgence pour évaluer les dommages et prendre des mesures de sauvegarde d'urgence. Ce travail est essentiel pour la préparation des plans de gestion de la conservation du site et pour aider les collectivités à regagner confiance. Carrefour des cultures depuis l'aube de l'humanité, Hatra représente l'un des sites les plus emblématiques d'Irak. Il témoigne de la richesse et de la diversité de l'identité irakienne et arabe. Au 3ème siècle av. J.-C., c'était une principauté arabe fortifiée qui plus tard devenue la capitale du Royaume. Le site comprenait une grande ville fortifiée qui a su résisté aux invasions romaines en A.D. 116 et 198 grâce à sa muraille renforcée de tours. L'architecture d’Hatra se caractérise par un mélange unique des styles, hellénistique et romain, couplé à des éléments de décor d'origine orientale, témoignant de la grandeur de la civilisation irakienne. Le site a été le tout premier site iraquien inscrit sur la liste du patrimoine de l'UNESCO en 1985. Il figure sur la liste du patrimoine mondial en péril depuis 2015. Le bombardement et le pillage de ses trésors et bas-reliefs en 2015 ont suscité une indignation unanime et renforcé la mobilisation internationale sans précédent en faveur des valeurs qui unissent toute l’humanité. Les 23 et 24 février 2017, l'UNESCO a organisé une Conférence internationale de coordination sur la sauvegarde du patrimoine culturel dans les zones libérées d'Irak, établissant un plan d'action d'urgence, à moyen et long terme pour préserver le patrimoine culturel du pays.