Donner des moyens au secteur privé pour stimuler la croissance économique dans les pays à faible revenu

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© Micky Wiswedel / shutterstock.com
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21 Avril 2016

Dans un article publié dans le journal The Guardian le 16 avril 2016 (1), le Ministre libérien du commerce et de l’industrie, Axel M. Addy, et le Vice-Secrétaire général de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, Joakim Reiter, suggèrent que les emplois sont la solution à la crise des migrants dans les pays à faible revenu. « Nous devons relancer les moteurs de croissance en stimulant le développement du secteur privé », ont-ils souligné.

Le Rapport de l’UNESCO sur la science souligne que de nombreux pays à faible revenu ont profité de leur forte croissance économique au cours des dix dernières années pendant le boom des produits de base pour développer les infrastructures telles que les routes, les chemins de fer, les ports, les hôpitaux, les écoles et les universités. Les pays sont également conscients qu’ils doivent diversifier leur économie afin de créer des emplois et d’être moins vulnérables aux fluctuations des prix du marché mondial des matières premières. Par exemple, le coton représente près des trois quarts des exportations maliennes, et le cuivre et le minerai de fer les deux tiers des exportations mauritaniennes. Lorsque les matières premières sont extraites ou cultivées localement, mais transformées sur d’autres continents, les pays producteurs sont privés d’industries et d’emplois. En Mauritanie, par exemple, le chômage a atteint un taux élevé de 31 % en 2013 malgré une croissance économique moyenne de 5,9 % depuis 2011. Cela indique que la croissance économique seule n’a pas été suffisante pour créer des emplois indispensables dans l’économie.

La nécessité de diversifier l’économie

En diversifiant leur économie, les pays peuvent tirer parti des recettes d’exportation des produits à valeur ajoutée et manufacturés et créer des emplois pour leur population, qui augmentent de 2,6 % par an en moyenne en Afrique et de 1,6 % en Asie. Avec l’effondrement du prix du baril de pétrole brut Brent à moins de 40 dollars des États-Unis depuis la mi-2014, la diversification économique est devenue urgente pour de nombreuses économies dépendant du pétrole. Le Nigéria, par exemple, a dévalué le naira et prévoit de réduire les dépenses publiques de 6 % en 2015. L’un des objectifs de Vision Nigeria 20 : 2020, une stratégie nationale adoptée en 2009, est de diversifier l’économie, mais en 2015, le pétrole et le gaz représentaient encore 35 % de la production économique nigériane et plus de 90 % des exportations.

En 2015, le gouvernement zimbabwéen analysait un projet de loi visant à favoriser la taille et le polissage locaux des diamants afin de créer 1700 nouveaux emplois. Il avait déjà réduit les droits de licence pour les entreprises locales de taille et de polissage. Actuellement, la totalité des stocks de diamants est exportée du Zimbabwe sous forme brute. L’exploitation minière représente 15 % du PIB et environ 1,7 milliard de dollars des États-Unis d’exportations chaque année, mais le gouvernement ne perçoit des redevances que de 200 millions de dollars seulement. La nouvelle loi obligera les entreprises à payer une taxe sur la valeur ajoutée de 15 %, mais elles bénéficieront d’une réduction de 50 % si elles décident de vendre leurs diamants à la Minerals Marketing Corporation of Zimbabwe.

Un certain nombre de pays à revenus faible et intermédiaire de la tranche inférieure ont déjà des industries produisant des produits à valeur ajoutée. La Côte d’Ivoire, le Ghana, la Guinée, le Kenya et le Nigéria, par exemple, ont tous créé des instituts de recherche pour transformer les matières premières en produits semi-transformés ou transformés à valeur ajoutée sur le marché. Le Ghana et le Nigéria ont également fondé des instituts spécialisés dans l’aéronautique, la chimie et la métallurgie. Des parcs technologiques et des cybervillages émergent dans un nombre croissant de pays africains.

Les parcs industriels et incubateurs technologiques kenyans

Le Kenya a lancé un ambitieux programme d’industrialisation dans le cadre de sa Vision 2030 adoptée en 2008. Il crée cinq parcs industriels pour les petites et moyennes entreprises, dont la majorité travaillent dans l’agro-transformation. En 2013, la construction de ce que le gouvernement a baptisé la « Silicon Savannah du Kenya » a commencé. La cité technologique de Konza est en train d’être bâtie sur un site de 50 hectares à une soixantaine de kilomètres de Nairobi grâce à un partenariat public-privé aux termes duquel le gouvernement fournit des infrastructures de base et des cadres politiques et réglementaires d’appui, et laisse les investisseurs privés construire et exploiter le complexe industriel. À terme, Konza devrait comprendre un campus universitaire, des logements résidentiels, des hôtels, des écoles, des hôpitaux et des établissements de recherche. Le projet devait créer 20 000 emplois dans les technologies de l’information jusqu’en 2015 et 200 000 emplois d’ici à l’achèvement des travaux de construction de la cité en 2030.

Pour soutenir le secteur en plein essor des nouvelles entreprises technologiques au Kenya, le gouvernement a conclu en janvier 2013 un partenariat avec un incubateur privé de start-up dans les technologies de l’information et de la communication (TIC), NaiLab. D’un montant de 1,6 million de dollars et d’une durée de trois ans, ce programme d’incubation technologique permettra à NaiLab d’élargir sa portée géographique à d’autres villes kenyanes pour aider les start-up à obtenir des informations, des capitaux et des contacts professionnels. En décembre 2013, le gouvernement a annoncé qu’il mettrait en place des incubateurs technologiques dans les 47 comtés du pays.

Des pôles d’innovation technologique ont vu le jour sur le continent africain ces dernières années, y compris dans des pays en proie à des conflits armés internes tels que la Somalie ou la République démocratique du Congo. Créé avec des partenaires sud-africains et britanniques en 2012, le pôle Somaliland fournit des services de couverture mobile et Internet et favorise l’incubation d’entreprises sociales et l’innovation avec des formations.

Les initiatives destinées à attirer les investissements étrangers

Si de nombreux pays à faible revenu sont sortis indemnes de la crise financière mondiale de 2008-2009, cela s’explique en grande partie par leur intégration limitée dans les marchés mondiaux. En Éthiopie, par exemple, un rapport du gouvernement datant de 2013 qui cartographiait l’état d’avancement de la mise en œuvre du Plan de croissance et de transformation du pays a conclu que les mesures destinées à attirer les investissements étrangers, combinées à la privatisation, avaient favorisé le transfert de technologie durable dans les industries de production de moyenne et grande échelles, ce qui a entraîné une croissance de 13,6 % des produits industriels à valeur ajoutée jusqu’en 2012 ; en revanche, les recettes d’exportation des textiles, des articles en cuir et des produits pharmaceutiques et agro-transformés avaient été décevantes en raison de la faiblesse de la productivité, du manque de capacités technologiques et de matières premières et d’autres problèmes structurels.

Au Malawi, le gouvernement a introduit une série d’incitations fiscales pour attirer les investisseurs étrangers, y compris des allégements fiscaux, afin de favoriser le transfert de technologie, de développer le capital humain et de donner des moyens au secteur privé pour stimuler la croissance économique. En 2013, le Centre d’investissement et de commerce du Malawi a créé un portefeuille d’investissement couvrant 20 entreprises dans les six grands secteurs de croissance économique du pays, à savoir l’agriculture, la production, l’énergie (bioénergie, électricité mobile), le tourisme (écogîtes), les infrastructures (services d’assainissement, câbles à fibres optiques, etc.) et l’exploitation minière. Parallèlement, le Fonds pour les défis innovants du Malawi offre aux entreprises des secteurs de l’agriculture et de la production des subventions compétitives pour des projets innovants qui peuvent avoir un fort impact social et pourraient aider le pays à diversifier son étroite gamme d’exportations. Le fonds est doté de 8 millions de dollars alloués par le Programme de développement des Nations Unies et le ministère britannique du Développement international. La grande majorité des investisseurs étrangers en 2012 venaient de Chine (46 %) et du Royaume-Uni (46 %).

La nécessité d’améliorer le climat des affaires

Un facteur qui freine la diversification économique dans les pays à faible revenu est la contribution négligeable des entreprises aux dépenses de recherche. C’est sur ce point que les pays à revenus faible et élevé divergent le plus : le gouvernement britannique a consacré seulement 0,44 % de son PIB à la recherche en 2013, soit moins que l’Éthiopie, le Kenya, le Mali, le Malawi ou l’Ouganda, mais les entreprises britanniques ont également apporté une contribution de 1,05 %. Comme le secteur privé contribue à la majeure partie des dépenses de recherche dans les pays développés, un secteur privé plus axé sur la recherche dans les pays à faible revenu pourrait favoriser considérablement le développement de l’industrie et la création d’emplois.

Pour ce faire, les gouvernements devront créer un meilleur climat pour les entreprises, notamment à travers des incitations fiscales, une protection renforcée de la propriété intellectuelle, un plus grand respect de la primauté du droit et une meilleure réglementation. Dans les pays qui accueillent des multinationales étrangères produisant des marchandises à valeur ajoutée telles que les machines électriques et les outils de télécommunication au Cambodge, le défi sera de faciliter les retombées de ces grands opérateurs pour les petites entreprises locales en matière de compétences et de capacité d’innovation.

Les entreprises contribuent encore peu aux dépenses globales pour la recherche en Tanzanie. Les sciences de la vie et le génie biologique sont des domaines prioritaires de la recherche-développement (R&D), mais il n’existe pas d’incitations fiscales spécifiques visant à encourager les entreprises dans le secteur de la biotechnologie. Les entrepreneurs privés ont demandé des régimes fiscaux capables de soutenir les idées conçues dans leur pays et de mettre à leur disposition des prêts et des structures d’incubation pour leur permettre de rivaliser avec les produits étrangers.

De l’autre côté de la frontière, en Ouganda, les entreprises ont apporté une plus grande contribution à la recherche ces dernières années. En 2010, les entreprises publiques et privées ont contribué à hauteur de 13,7 % aux dépenses totales de recherche, contre seulement 4,3 % deux ans plus tôt. Cet investissement a permis de faire passer les dépenses totales de recherche en Ouganda de 0,33 % à 0,48 % du PIB sur cette période. Le gouvernement encourage le secteur privé à investir dans l’innovation à l’aide de partenariats public-privé associant l’Autorité paraétatique ougandaise des investissements, l’Institut ougandais de recherche industrielle, et, depuis 2013, le Centre d’incubation pour l’externalisation des processus d’affaires, qui est géré par trois sociétés privées. Deux incubateurs technologiques dynamiques ont vu le jour en Ouganda depuis 2010 : Hive Colab, centré sur les technologies mobiles et climatiques et l’agro-industrie, et le Consortium pour l’amélioration de la réponse universitaire au développement de l’agro-industrie (CURAD), qui a été lancé en 2014. Le CURAD est un partenariat public-privé établi à l’Université de Makerere, cette même université qui avait fait les gros titres des journaux il y a quelques années quand elle avait présenté une voiture de sa propre conception au public, la Kiira EV. En 2010, le président Yoweri Musevini a créé un Fonds présidentiel pour l’innovation doté de l’équivalent de 8,5 millions de dollars sur cinq ans en vue de soutenir des projets tels que la Kiira EV à la faculté d’ingénierie, d’art, de design et de technologie de l’Université. L’Université a utilisé ce fonds pour développer un incubateur d’entreprises, le Centre pour la conception et le développement technologiques, et un centre pour les énergies renouvelables, ainsi que d’autres projets.

Pour sa part, le gouvernement kirghize privilégie la suppression des contrôles sur l’industrie dans le but de créer des emplois, d’accroître les exportations et de transformer le pays en une plaque tournante de la finance, des affaires, du tourisme et de la culture en Asie centrale. À l’exception des industries dangereuses et de la protection de l’environnement, où l’intervention du gouvernement est considérée comme justifiée, les restrictions sur l’entrepreneuriat et les licences seront levées en vertu de la Stratégie nationale pour le développement durable (2013-2017) et le nombre de permis requis sera réduit de moitié. Les inspections sont en train d’être réduites au minimum et le gouvernement s’efforce d’interagir davantage avec le milieu des affaires. D’ici 2017, le Kirghizistan souhaite entrer dans les 30 premières places du classement Doing Business de la Banque mondiale, les 40 premières places du classement mondial de la liberté économique et les 60 premières places du classement mondial des pays facilitant les échanges. En luttant systématiquement contre la corruption et légalisant l’économie informelle, le Kirghizistan espère figurer parmi les 50 pays les moins corrompus selon l’indice de perception de la corruption de Transparency International d’ici 2017.

L’accent sur un meilleur partage et un développement plus durable

Outre une meilleure gouvernance, les documents de planification de la « vision » des pays à revenu faible ou intermédiaire de la tranche inférieure pour la période 2020-2035 soulignent la nécessité de mieux partager la création de richesse. Au Libéria, par exemple, la stratégie de développement du gouvernement à l’horizon 2030, Liberia Rising, met l’accent sur un meilleur partage, car « l’instabilité et les conflits demeurent les principaux risques menaçant la création de richesse à long terme au Libéria ». « Le défi sera de se détourner de la pratique traditionnelle qui consiste à concentrer les richesses et le pouvoir dans les mains des élites et dans [la capitale] Monrovia », poursuit le document.

Une troisième idée importante des documents de planification nationale est le développement durable. Au Libéria, le gouvernement considère qu’être capable d’approvisionner en électricité la majeure partie de l’économie sera « essentiel » pour obtenir le statut de pays à revenu intermédiaire d’ici 2030. Liberia Rising cite une étude du rapport Doing Business de la Banque mondiale de 2012 selon laquelle le manque d’électricité et le manque de transports ont respectivement été désignés par 59 % et 39 % des entreprises libériennes comme étant des obstacles au développement de leur entreprise. L’ensemble des infrastructures de production et de distribution d’énergie ayant été détruit par la guerre, le pays envisage de recourir davantage aux énergies renouvelables et d’installer des services d’alimentation électrique abordables en « élargissant l’accès à des carburants qui ne contribuent pas à la déforestation » avec le soutien de l’Agence nationale des énergies renouvelables. Le financement de Liberia Rising devrait provenir essentiellement de grandes sociétés minières, y compris des entreprises qui mènent actuellement des activités de prospection pétrolière et gazière en mer, et de partenaires de développement. En 2012, les investissements directs étrangers ont contribué au PIB du Libéria à hauteur de 78 %, ce qui représente de loin la plus grande part en Afrique sub-saharienne.

Le développement d’une « économie verte » offre des opportunités très intéressantes pour la création d’emplois en Afrique. Le Rwanda suit une approche de transformation économique axée sur une « économie verte » qui met l’accent sur l’urbanisation et l’innovation vertes dans les secteurs public et privé. Une ville verte sera lancée à titre expérimental en 2018 afin de tester et de promouvoir une nouvelle approche d’urbanisation qui emploie diverses technologies pour créer des villes durables. La sécurité énergétique et le maintien d’une faible empreinte carbone sont également des piliers de la stratégie Kenya Vision 2030. En 2009, le gouvernement kenyan a créé la Société de développement géothermique pour protéger les investisseurs des risques élevés liés à l’investissement en capital dans les puits de forage géothermique de la vallée du Rift.

La diversification économique entravée par le manque de compétences

Diversifier l’économie exigera une base de connaissances plus solide dans les pays à faible revenu. On constate à l’heure actuelle un manque de personnel qualifié, y compris de techniciens pour assurer la maintenance technique, dans les secteurs à croissance rapide tels que l’exploitation minière, l’énergie, l’eau, la production, le développement des infrastructures et les télécommunications, ainsi que dans les secteurs de la santé et de l’agriculture.

Au cours des dix dernières années, la volonté d’assurer l’éducation primaire pour tous d’ici à l’année 2015 dans le cadre des objectifs du Millénaire pour le développement a eu pour effet de détourner les ressources publiques des investissements dans les niveaux supérieurs de l’enseignement. Le Libéria est ainsi parvenu à assurer l’enseignement primaire pour tous, mais moins de la moitié des élèves poursuivent leurs études dans des établissements d’enseignement secondaire et les inscriptions dans les universités stagnent à 33 000 depuis l’an 2000. Seules 3,5 % des dépenses consacrées à l’éducation dans le pays sont affectées à l’enseignement supérieur. Le Bangladesh a également accompli des progrès impressionnants sur la voie de l’éducation primaire pour tous en parvenant à un taux net de scolarisation de 97 % en 2013, mais là encore, 13 % seulement (0,23 % du PIB) des dépenses consacrées à l’éducation sont affectées à l’enseignement supérieur.

Plusieurs pays à faible revenu ont augmenté les dépenses publiques dans l’enseignement supérieur pour atteindre plus de 1 % du PIB ces dernières années (par ex., Bénin, Burundi, Guinée, Malawi et Mali), et d’autres s’en rapprochent (par ex., Burkina Faso, Mozambique et Togo), mais la majorité continue de consacrer moins de 0,5 % du PIB à l’enseignement supérieur.

Un certain nombre de pays à faible revenu ont répondu à la demande croissante d’accès à l’enseignement supérieur en créant de nouvelles universités depuis 2011, notamment le Malawi, le Mali, la Tanzanie et le Zimbabwe. Les inscriptions universitaires ont doublé en Afghanistan entre 2011 et 2014, mais les femmes ne représentaient encore qu’un étudiant sur cinq en 2014, malgré les objectifs ambitieux de la Stratégie d’intégration des filles dans l’enseignement supérieur (2013) visant à améliorer ce taux. Étant donné que les fonds versés par les donateurs étaient insuffisants, la construction d’installations n’a pas pu rattraper le rythme de la hausse rapide des inscriptions d’étudiants, ce qui fait qu’il n’a notamment pas été possible de construire un nombre suffisant de dortoirs pour filles sur les campus universitaires. Le manque de salles de classe a conduit à la création d’« écoles de nuit » qui utilisent l’espace limité qui serait autrement inoccupé le soir.

Renforcer la collaboration avec l’industrie faciliterait le transfert de technologie

Les pays devront également élargir leur base de connaissances s’ils souhaitent utiliser le mécanisme de facilitation de la technologie adopté par les Nations Unies en septembre 2015 qui a été conçu pour aider les pays les moins avancés à réaliser les nouveaux Objectifs de développement durable à l’horizon 2030.

Une plus grande collaboration entre l’industrie et les milieux universitaires dans les pays à faible revenu permettrait également de faciliter le transfert de technologie. Au Zimbabwe, le cadre réglementaire actuel entrave le transfert de technologie aux entreprises et la croissance de la recherche-développement industrielle, alors même que la commercialisation des résultats de la recherche est l’un des principaux objectifs de la Deuxième politique sur la science, la technologie et l’innovation du pays.

En Tanzanie, des chercheurs universitaires ont expliqué qu’on ne les incitait pas assez à collaborer avec le secteur privé, car l’obtention d’un brevet ou le développement d’un produit n’a aucune conséquence sur leur rémunération et les chercheurs sont évalués uniquement sur leurs diplômes universitaires et publications.

En 2014, le gouvernement éthiopien a décidé de placer les universités spécialisées dans la science et la technologie liées à l’industrie sous la tutelle du nouveau ministère de la Science et de la Technologie afin de promouvoir l’innovation dans les universités et de stimuler les entreprises technologiques. La tutelle des deux premières universités qui dépendaient du ministère de l’Enseignement Supérieur à Addis-Abeba et Adama a été transférée en 2014.

Le Bangladesh prévoit également d’encourager l’innovation et la collaboration universitaires avec l’industrie dans le cadre d’un Projet d’amélioration de la qualité de l’enseignement supérieur (2009-2018) financé par la Banque mondiale qui est en train d’établir un Bureau national pour le transfert de technologie.

Source : Adapté du Rapport de l’UNESCO sur la science, vers 2030

(1)Addy et Reiter (2016) The solution to the migrant crisis is jobs in low-income countries. The Guardian, 16 avril