Éducation 2030 : thèmes et problématiques

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© WEF 2015

La troisième journée du Forum mondial de l’éducation a été consacrée à une série de séances parallèles le matin – permettant aux participants de débattre d’un large éventail de thèmes et problématiques liés à l’éducation. Les débats ont eu lieu dans le cadre des séances suivantes :

Offrir des opportunités d'apprentissage pertinentes aux enfants non scolarisés

Lors de cette séance, un panel d'experts a examiné les changements nécessaires dans les pays ayant une large population d'enfants non scolarisés, tout en présentant des exemples de pays en passe de réaliser l’éducation universelle. « Ils sont tous différents et ne n'inscrivent dans aucune catégorie » a indiqué Mary Joy Pigozzi, Directrice de Educate A Child (EAC). Mme Pigozzi a insisté sur la nécessité de prêter attention aux enfants déplacés, aux enfants touchés par les conflits, aux enfants travailleurs, notamment. M. Albert Montivans, Directeur de l’analyse des données et des indicateurs de l’éducation à l’Institut de la Statistique de l’UNESCO a ajouté : « l’une des priorités est d’améliorer le sort des défavorisés ».

La séance a également vu la participation du Ministre de l'Éducation d’Haïti, Nesmy Manigat, de la Directrice générale du Partenariat mondial pour l’éducation Alice Albright et de la Directrice générale du Ministère de l'Éducation de Roumanie, Liliana Preoteasa. Les panélistes ont exprimé leur point de vue sur « l'inclusion », « le partenariat », « le financement » et « la planification durable » pour attirer les jeunes vers le système scolaire. La séance s'est terminée par d’autres éléments de réflexion donnés par M. Nesmy Manigat, Ministre de l'Éducation d’Haïti : « Parlons aussi des enfants scolarisés qui n'apprennent pas. Enseignez-leur ce que signifie le mot « école », ce qu’il faut faire à l’école et ne vous intéressez pas seulement aux politiques ».

Mobiliser le monde des affaires pour la réalisation du programme Éducation 2030

Les représentants d’organisations commerciales et éducatives se sont réunis pour une séance parallèle sur la mobilisation du monde des affaires pour réaliser le programme 2030. Présidée par Justin van Fleet, Chef de cabinet de l'Envoyé spécial des Nations Unies pour l'éducation mondiale, la séance a encouragé les entreprises à investir dans l'éducation et s'est concentrée sur la façon dont les entreprises peuvent coordonner leur action avec d'autres parties prenantes. Un débat animé a permis aux participants de poser des questions à propos des TIC, mais aussi de soulever des questions de confiance, par exemple un représentant des Philippines a demandé au panel si les entreprises se préoccupaient de l’éducation ou se contentaient d’en profiter. Le président de Lego Education, M. Jacob Kragh, a déclaré que son entreprise avait sincèrement pour objectif « d’œuvrer dans l’intérêt des enfants et de s'assurer qu'ils aient la chance d’atteindre le meilleur de leurs capacités dans la vie ». Il a indiqué que « avoir la main mise sur l’éducation n’était en aucun cas l'objectif du secteur privé » et il a réitéré l'importance de travailler en étroite collaboration avec les gouvernements et le secteur public. Au nombre des panélistes se trouvaient aussi Vikas Pota de GEMS Education, Martina Roth d'Intel Corporation et Jouko Sarvi de la Banque asiatique de développement.

En parallèle, le Ministre de l'Éducation d’Argentine, Alberto Sileoni, a été rejoint par le Directeur de l’UNESCO, David Atchoarena, et par la Conseillère spéciale pour la planification du développement après 2015, Amina Mohammed, pour une séance sur les mécanismes de coordination et de suivi mondiaux et régionaux. La séance a traité de l'importance de disposer de mécanismes robustes pour la coordination et le suivi. Les participants à la séance ont examiné la façon dont les mécanismes mondiaux et régionaux pour l'éducation devraient fonctionner en parallèle avec les nouveaux mécanismes relatifs à l’Objectif général du développement durable, M. Atchoarena montrant que l’accent mis sur le suivi et la revue au « niveau pays » était beaucoup plus fort dans le nouveau programme pour l’éducation.

Gouvernance efficace et redevabilité

Dans le cadre de cette séance de groupe, les panélistes ont suggéré de la direction à prendre pour la gouvernance nationale contemporaine de l’éducation. Des politiques et des stratégies clés pour bâtir un cadre de gouvernance pragmatique qui soit à la fois de type collaboratif et réglementaire ont été suggérées pendant toute la durée du débat.

Le président de séance, M. Gwang-Jo Kim, Directeur du bureau régional de l’UNESCO à Bangkok, en Thaïlande, a posé trois questions préliminaires au débat : Comment définir le terme « gouvernance efficace » ? Quel serait le rôle du secteur privé ? Comment équilibrer l'autonomie résultant de la décentralisation et la redevabilité ? Les panélistes et les participants se sont livrés à un débat animé : « La gouvernance devrait se focaliser sur le dialogue entre les communautés de la société afin que le secteur privé puisse devenir une partie prenante de l’investissement dans l'éducation » a déclaré le Ministre de l'Éducation de Bolivie, Roberto Aguilar, en réponse à la deuxième question. Il a également donné l’exemple de son pays où les campagnes en faveur de l’éducation sont habituellement financées par des institutions privées, indiquant qu’il va de la responsabilité sociétale des entités privées de participer activement au cadre de gouvernance efficace.

Le Ministre de l’Éducation de la République Démocratique du Congo, Maker Mwangu Famba, a dit pour sa part que transparence et responsabilité étaient au cœur d’une gouvernance efficace. 

Comment l'éducation contribue-t-elle au développement durable après 2015 ?

Le développement durable ne sera pas seulement le fruit de solutions technologiques, d’une régulation politique ou d’instruments financiers. La réalisation du pouvoir transformateur de l’éducation et l'importance d'approches intersectorielles doivent aussi être prises en compte. Tel est le message de Mme Amina Mohammed, Conseillère spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour la planification du développement après 2015, affirmant que l'éducation n’était pas seulement question d’apprentissage, mais aussi d’autonomisation, et qu’elle était essentielle à l'ordre du jour du développement durable. Pendant cette séance, les membres du panel ont débattu de la façon dont l'éducation peut surmonter les défis mondiaux, en particulier comment l'éducation contribue au traitement des changements climatiques, des problèmes en matière de santé et de la réduction de la pauvreté.

L'éducation est l’un des outils les plus puissants pour informer les populations sur les maladies, leur permettant de prendre des mesures préventives, de reconnaître les premiers symptômes d’une maladie et d’être informées sur l’utilisation des services de santé, ont insisté les intervenants. M. Mark Brown, Ministre des Finances des Îles Cook, a déclaré que les connaissances actuelles ainsi que les nouvelles connaissances devraient être dispensées non seulement aux enfants des écoles, mais aussi aux adultes, car ce sont eux les éducateurs.

Les interactions croissantes entre l'éducation et les changements climatiques ne peuvent pas être négligées, selon Mme Kandia Camara, Ministre de l’Éducation nationale de Côte d’Ivoire : « Il existe des programmes scolaires pour enseigner des modes de vie sains et l'importance des forêts », des mesures sont entreprises pour assurer des environnements scolaires résilients et adaptés au climat.

Par ailleurs, M. Renato Janine Ribeiro, Ministre de l'Éducation du Brésil, a fait état de la difficulté liée à l’éradication de la pauvreté, « le défi auquel nous faisons face est celui de « la faim, de personnes vivant dans des endroits très difficiles d’accès » a-t-il précisé. Par conséquent, la situation géographique devient un obstacle à l'accessibilité. Pourtant, pour lutter contre ce problème par un effort collectif, il a affirmé que le Brésil serait heureux de partager sa précieuse expérience sur l'éducation au développement durable avec tout autre pays pour renforcer les efforts.

Vers la fin de la séance, la Directrice générale de la Campagne pour l'Éducation populaire du Bangladesh, Mme Rasheda Choudhury, a fermement déclaré : « Les deux principes non négociables sont : en premier lieu, l'éducation est un droit humain fondamental et en deuxième lieu, c'est la responsabilité de l’État de fournir une éducation à chacun de ses citoyens ».