Entretien de la Directrice générale avec M. Jean-Luc Martinez, Président du Louvre

Lundi 16 mars – La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, s’est entretenue avec le Président du musée du Louvre, M. Martinez, en présence de Madame Marielle Pic, Conservateur général, responsable du département des Antiquités orientales au sein du Musée. L’entretien a porté sur la situation du patrimoine culturel en Iraq et en Syrie, sur les moyens de le protéger et sur le rôle des musées dans ce domaine.

« Les musées sont des lieux pour découvrir sa propre culture, et s’ouvrir à celle des autres » a souligné le Président Martinez, rappelant le rôle des directeurs de grands musées à porter ce message d’ouverture et de protection de la culture de tous les pays et de toutes les époques. « Contre le commerce illicite, nous devons dire aussi clairement aux criminels et au trafiquants que nous savons reconnaître les pièces, très précisément, et que personne ne les achètera. » a-t-il ajouté.

La Directrice générale a souligné l’immense besoin de formation des professionnels, de renforcement des capacités et des outils de prévention pour mieux protéger le patrimoine, ou mettre à l’abri ce qui peut l’être en situation de conflit. Rappelant les précédents de la seconde guerre mondiale, où les collections des musées avaient été protégées ou mises à l’abri, le Président Martinez et la Directrice générale ont évoqué la mise en place de systèmes d’alerte précoce ou de mécanismes de protection anticipée en cas de conflit imminent. Elle a également évoqué la réunion d’experts prévue le 28 mai à l’UNESCO, rassemblant plus de 160 pays réunis pour discuter du rôle des musées aujourd’hui.

« La culture, ce sont les hommes, et si nous protégeons le patrimoine, c’est d’abord pour nourrir le dialogue et la paix entre les peuples, c’est le sens de notre travail » a rappelé Irina Bokova, en saluant l’initiative du Louvre Abu Dhabi, qui peut renforcer le dialogue des cultures à un moment décisif. « Contre la bêtise de ceux qui détruisent la culture, il faut répondre par davantage de culture et d’intelligence, expliquer l’importance de ce patrimoine, parler de sa beauté, raconter son histoire » a souligné Irina Bokova. « Nous disons que la meilleure protection d’une œuvre, c’est qu’elle soit connue et reconnue » a renchéri le Président du Louvre.