Les Etats membres établissent un « Groupe d’amis » pour soutenir le travail de l’UNESCO sur la sécurité des journalistes

16 Novembre 2016

Les crimes commis à l’encontre des journalistes bénéficient d’un taux d’impunité inacceptable. C’est pourquoi les Etats membres de l’UNESCO s’engagent à faire avancer son travail sur la sécurité des journalistes.

Selon l’édition 2016 du rapport de la Directrice générale sur la sécurité des journalistes et le danger de l’impunité, 827 journalistes ont perdu leur vie dans l’exercice de leur fonction lors des dix dernières années et seuls 8% des assassinats auraient été résolus. Reconnaissant que ce taux inacceptable d’impunité perpétue un cycle de violence et constitue une menace réelle pour le droit d’accès à l’information, le développement et l’Etat de droit, les Etats membres de l’UNESCO ont établi un « Groupe d’amis » pour promouvoir le travail de l’UNESCO sur la sécurité des journalistes.

Le 15 novembre dernier, à l’initiative de la Délégation de l’Autriche auprès de l’UNESCO, 29 ambassadeurs et délégués ont rencontré Frank La Rue, Sous-Directeur général pour la communication et l’information et Nathalie Prouvez, Chef de la Section pour la démocratie et l’Etat de droit à l’HCDH (Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme) pour discuter de la façon dont les Etats membres peuvent mieux coopérer ensemble et avec l’UNESCO afin de contrer cette violence, protéger les journalistes en danger et poursuivre les criminels en justice.

« Je soutiens l’établissement d’un Groupe d’amis sur la sécurité des journalistes à l’UNESCO, après des initiatives similaires à New York et Genève » a déclaré aujourd’hui la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova. « Améliorer la sécurité des journalistes n’a jamais été aussi crucial et l’UNESCO en est à l’origine ».

L’Ambassadeur d’Autriche auprès de l’UNESCO, Harald Stranzl, et Sous-Directeur général pour la communication et l’information, Frank La Rue. © UNESCO

Dans ses remarques liminaires, Frank La Rue a mis en valeur les liens étroits entre sécurité des journalistes et développement durable et a souligné que « la sécurité des journalistes n’est pas seulement une question de droit de l’homme, liée à la protection de deux droits fondamentaux –la liberté d’expression et l’accès à l’information. Son impact direct sur le développement durable est reconnu dans l’indicateur 16.10 de l’Agenda 2030 pour le développement durable ».

La représentante du HCDH, Nathalie Prouvez, a qualifié de « préoccupante » la tendance, en dépit des efforts menés, à une violence accrue envers les journalistes qui se révèle très difficile à inverser. « Il est donc crucial que les Etats, les organisations concernées des Nations Unies, en particulier l’UNESCO et le HCDH, les organisations et les mécanismes régionaux, ainsi que les organisations de la société civile, redoublent d’efforts pour mettre en œuvre le Plan d’Action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes aux niveaux local, national et international » a-t-elle ajouté.

Pour les délégués, des échanges réguliers et des efforts conjoints de la part de pays souhaitant mener le combat pour la sécurité des journalistes sont bénéfiques. C’est pourquoi ils ont convenu de se réunir au moins deux fois par an pour échanger sur les progrès et les mesures visant à briser le cycle de la violence contre les journalistes.

Selon l’Ambassadeur d’Autriche auprès de l’UNESCO, Harald Stranzl, le groupe inter-régional est ouvert, inclusif et devrait s’élargir : « tout membre de l’UNESCO engagé dans la sécurité des journalistes est invité à participer ».