Face aux attaques contre le patrimoine culturel, que peut faire l’UNESCO ?

Le 4 mai, à l’occasion de sa visite officielle en Estonie, la Directrice générale de l’UNESCO, Mme Irina Bokova, a tenu une conférence à l’Académie des arts d’Estonie sur le thème « Face aux attaques contre le patrimoine culturel, que peut faire l’UNESCO ? », en présence du recteur de l’Académie, le Professeur Signe Kivi, et de l’Ambassadeur et Représentant permanent de la République d’Estonie auprès de l’UNESCO, S.E. M. Marten Kokk.

La conférence s’est tenue dans le superbe bâtiment principal de l’Académie, devant un auditoire d’étudiants, de professeurs et d’experts.

« La culture représente bien plus que des monuments et des livres – la culture est ce que nous sommes, » a déclaré la Directrice générale. Elle a donné l’exemple de Tallin, dont les origines remontent au XIIIe siècle et qui est désormais capitale de l’un des pays les plus avancés technologiquement dans le monde, ainsi que capitale du design. Le centre historique de Tallin a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1997.

« Aucune société ne peut prospérer sans culture, » a-t-elle continué. « Aucun développement ne peut être durable sans elle. »

« La culture a toujours été victime des conflits – mais ce à quoi nous faisons face aujourd’hui est différent, » a-t-elle expliqué, faisant référence au nettoyage culturel sans précédent dont nous sommes témoins en Iraq et en Syrie.

« Ces attaques sont des atteintes à l’histoire commune de toute l’humanité. Des extrémistes violents ciblent les monuments et les sites pour frapper le cœur même des populations, parce qu’ils savent que la culture constitue la pierre angulaire du tissu social. »

La Directrice générale a donné un aperçu des actions entreprises par l’UNESCO en réponse au nettoyage culturel, pour limiter les risques de destruction et de pillage à travers des moyens de surveillance et de renforcement des capacités, pour lutter contre le trafic illicite, pour travailler avec les pays voisins, et pour faire l’inventaire détaillé de ce qui a été détruit et préparer la reconstruction. Elle a souligné l’importance de la campagne #Unite4Heritage qu’elle a lancée à l’Université de Bagdad en mars pour parer à la propagande de l’extrémisme violent et renforcer le récit d’une humanité unie autour de valeurs communes.

Elle a également souligné le travail de l’UNESCO au Mali pour reconstruire les mausolées détruits il y a deux ans à Tombouctou, pour reconstruire l’ancien pont de Mostar en Bosnie-Herzégovine, ainsi que le travail de l’Organisation pour participer à la sauvegarde des temples de Nubie en Égypte.

« Aucune culture n’est isolée de l'autre – chacune témoigne de siècles d’échanges et de dialogue entre les peuples, par-delà toutes les frontières. C’est le message de l’UNESCO et c’est pourquoi l’UNESCO met tout en œuvre pour sauvegarder le patrimoine culturel à travers le monde, pour souder l’humanité au sein d’une seule et même communauté, » a déclaré Irina Bokova.

La conférence a été suivie d’un débat animé qui a abordé la prévention, l’application des lois, ainsi que la numérisation et le rôle de la jeunesse.