Formation des forces de sécurité sur la liberté d’expression et la sécurité des journalistes

Depuis la révolution du 11 janvier 2011, l'UNESCO a accompagné le processus de transition démocratique en Tunisie, notamment dans le domaine de la liberté d'expression et de la liberté de la presse. En collaboration avec le ministère de l'Intérieur et le Syndicat national des journalistes tunisens (SNJT), l'UNESCO a en particulier mis en place le projet de « Formation des forces de sécurité sur la liberté d’expression et la sécurité des journalistes ».

Le projet vise à renforcer les compétences des forces de sécurité pour garantir le droit des citoyens à la liberté d'expression et d'information en améliorant la sécurité des journalistes. Il a pour objectif d'instaurer des relations plus professionnelles entre les forces de sécurité et les journalistes, qui permettront de créer un environnement plus favorable à la liberté d'expression pour tous les citoyens. La formation doit permettre aux forces de sécurité de comprendre le rôle et la fonction des journalises dans les sociétés démocratiques et d'assurer leur sécurité ainsi que celle des autres professionnels des médias et des créateurs de médias sociaux.

Depuis 2013, plus de 260 officiers de maintien de l'ordre ont suivi cette formation. En outre, 90 journalistes ont participé à des séances de formation conjointes avec les forces de sécurité, qui ont permis de réduire les tensions et les incidents entre les deux parties. Enfin, 1125 agents des forces de sécurité ont participé à des séances de sensibilisation avec des formateurs de l'UNESCO.

L'UNESCO a également publié le manuel pédagogique Maintien de l'ordre et respect de la liberté d'expression, en arabe, anglais et français. Le manuel montre que le maintien de l'ordre ne doit pas se faire au détriment de la liberté d'expression et de la sécurité des journalistes.

En Tunisie, cette formation a été intégrée dans le cursus des écoles de la Garde nationale. Les officiers de la garde nationale suivent désormais un cours de 20 heures sur la liberté d'expression, la sécurité des journalistes et les relations avec les médias. Le projet a abouti à la mise au point d'une formation commune par le ministère de l'Intérieur et le Syndicat national des journalistes tunisens (SNJT), qui porte sur la sécurité des journalistes, les questions centrales et le protocole de communication entre les deux parties.

Selon les ONG de défense de la liberté d'expression le projet a permis de réduire les tensions entre les forces de sécurité et les journalistes et d'améliorer la compréhesion mutuelle, en particulier dans les dix régions de Tunisie où la formation a été assurée. Il convient toutefois de poursuivre les efforts de formation dans ce domaine auprès des forces de maintien de l'ordre.

Les résultats obtenus contribuent à renforcer la liberté d'expression, la liberté de la presse et l'Etat de droit. L'existence de médias libres et pluralistes, travaillant dans un environnement sûr, est un élément essentiel pour assurer la libre circulation de l'information à l'intérieur d'une communauté et entre les différentes communautés.

Le projet, qui a pour objectif de soutenir la réforme des institutions de maintien de l'ordre et la transition démocratique en Tunisie, est soutenu par le Royaume des Pays-Bas avec la contribution du Royaume de Suède, du Royaume de Norvège et de la République de Finlande.

Depuis 2013, l'UNESCO et ses partenaires ont organisé des formations pour les forces de sécurité dans plusieurs pays, comme la Somalie, la Côte d’Ivoire, le Sud-Soudan, l'Irak et la Tanzanie.

Vidéo sur le projet :