Forum mondial sur l’éducation, Jour 2 : Exploration des thèmes et des problématiques

La deuxième journée du Forum mondial sur l’éducation a été consacrée le matin à des débats thématiques et l’après-midi à une série de séances parallèles – afin de permettre aux participants d’explorer un large éventail de thèmes et de problématiques en rapport avec l’éducation. Les débats ont eu lieu dans le cadre des séances suivantes :

Équité et inclusion - organisé par l'UNICEF

« Investir en faveur des enfants les plus défavorisés est la clé du triomphe sur les inégalités », a déclaré Anthony Lake, Directeur général de l’UNICEF, lors de la séance sur l'équité et l'inclusion. Les débats ont principalement porté sur les défis majeurs et les opportunités liés à la création d'un agenda social inclusif et robuste.

Les autres panélistes étaient le co-lauréat du Prix Nobel de la Paix 2014, Kailash Satyarthi, et la ministre népalaise de l'Éducation Chitralekha. « Mon cœur et mon esprit sont auprès des enfants et des écoles du Népal », a déclaré la ministre dans ses observations préliminaires, faisant allusion au récent tremblement de terre qui a dévasté certaines régions du pays et touché de nombreuses écoles.

« Dans certains pays, les enfants sont vendus pour 50 dollars, et l'éducation est la clé qui permettra de changer cette situation », a indiqué M. Satyarthi. « Je continuerai mon combat pour l'éducation des enfants. »

Placer une éducation de qualité au centre de l’apprentissage tout au long de la vie - organisé par l'UNESCO

De plus en plus, le consensus se fait sur la nécessité, dans les 15 prochaines années, de se focaliser sur l'amélioration de la qualité de l’éducation. Les évaluations sont un pilier essentiel de la qualité, a déclaré Mmantsetsa Marope, Directrice du Bureau international de l’éducation de l’UNESCO, lors de cette séance sur l'éducation de qualité dans l'apprentissage tout au long de la vie.

Sous la présidence de David Edwards, Secrétaire général adjoint de l’Internationale de l’éducation, les six panélistes ont débattu des stratégies essentielles pour faire progresser la qualité de l’éducation et améliorer les résultats de l'apprentissage.

« Nous avons besoin d’évaluations qui soient pertinentes pour tous : les enseignants, les apprenants et les gouvernements », a rappelé Baela Jamil, Coordinatrice du Forum d’Asie du Sud pour le développement de l’éducation.

L’éducation dans les conflits et les crises - organisé par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés

L'éducation dans les situations de crise est gravement sous-financée, a indiqué Julia Gillard, Présidente du Conseil d’administration du Partenariat mondial pour l’éducation (PME). « Nous avons le cœur brisé quand nous voyons, partout dans le monde, des enfants touchés par les crises et les conflits, mais cela ne doit pas pour autant briser notre volonté d’agir », a-t-elle déclaré. Les autres panélistes étaient les ministres du Soudan du Sud et d’Irak ainsi que des représentants de l'UNICEF, de l’Initiative mondiale pour l’éducation avant tout, et les Philippines.

Les intervenants ont décrit comment les conflits et les crises freinent les progrès vers la réalisation des objectifs de l'Éducation pour tous, et la façon dont les crises peuvent entraver les cibles de l’Éducation 2030. Jesus Lorenzo R. Mateo, représentant le Département de l’Éducation des Philippines, a souligné que, dans son pays, le mot « amour » symbolise l’esprit de l’éducation. Pour montrer comment l'amour s’est manifesté dans la vie réelle, il a décrit le typhon ravageur Haiyan qui a frappé les Philippines l'an dernier. Les responsables de l’éducation sont restés auprès des citoyens, et ils ont utilisé les écoles comme abris, sans pour autant interrompre l’enseignement et les cours.

 

L'après-midi, les participants du Forum avaient le choix entre 10 séances parallèles différentes. Quelques points saillants :

 

Une vision élargie : l’alphabétisation des jeunes et des adultes dans une perspective d'apprentissage tout au long de la vie

 

Cette séance sur l'alphabétisation a réuni les ministres de l'Éducation d’Égypte, de Mongolie et du Niger, ainsi que des représentants de l'UNESCO et du Conseil international pour la formation des adultes. Elle a débattu des problèmes qui se traduisent par un faible niveau d’alphabétisation – une préoccupation mondiale qui touche également des pays à revenu moyen et élevé. Dans le monde entier, environ 781 millions d'adultes, dont les deux tiers sont des femmes, ne savent ni lire ni écrire. Anne-Therese Ndong-Jatta,  Directrice à l’UNESCO, a indiqué que l'alphabétisation était la composante la plus importante des objectifs du développement durable. « L'alphabétisation dont nous parlons ne signifie pas seulement savoir lire et écrire. Une personne doit pouvoir utiliser ces compétences pour accéder aux TIC et aux téléphones mobiles. »

 

Corps sains, esprits brillants : santé, VIH et éducation sexuelle

 

Les élèves en bonne santé apprennent mieux, et plus les élèves sont instruits, plus ils possèdent les connaissances et les compétences pour être en bonne santé – tel a été le message clé de ce débat. Les intervenants étaient les ministres de l'Éducation d’Argentine et du Népal, et le vice-ministre de l'Éducation de Zambie. Il a qualifié l'éducation de « vaccin social » contre des maladies infectieuses comme le VIH, ajoutant qu’une éducation sexuelle efficace fondée sur les compétences nécessaires à la vie courante devait intégrer des compétences cognitives. Un avocat de jeunes de l’Initiative mondiale pour l’éducation avant tout, Anna Susarenko, a indiqué que les jeunes devaient acquérir des connaissances grâce à l’éducation sexuelle, surtout en matière de droits sexuels. Quand les jeunes posséderont ces connaissances, a-t-elle ajouté, ils se comporteront de façon plus responsable.