Le Forum mondial des médias met l’accent sur la sécurité des journalistes

Les obstacles actuels à un exercice libre et sûr du métier de journaliste ont focalisé l’attention lors d’une session plénière du Forum mondial des médias organisé annuellement par la Deutsche Welle, qui s’est tenu cette année à Bonn le lundi 22 juin et auquel l’UNESCO a participé.

Peter Noorlander, directeur de Media Legal Defence Initiative, organisation qui apporte un soutien juridique aux journalistes, a évoqué une tendance croissante à persécuter les journalistes sur le plan juridique, en engageant des poursuites sous des prétextes comme la fraude fiscale.

Le Dr Antonia Rados, correspondante principale en Allemagne de la télévision RTL pour les Affaires étrangères, a identifié de nouvelles menaces. Elle a indiqué que sa chaîne ne met plus l’intégralité de son contenu en ligne, car cela pourrait mettre en danger certaines des personnes interviewées, du fait de la portée d’Internet.

Elle a ajouté que les groupes terroristes ne respectaient plus les journalistes, parce qu’ils disposent désormais de leurs propres moyens médiatiques. Il est nécessaire de construire une communauté de journalistes afin de retrouver une certaine force.

Zalah Zater, ancien reporter des chaînes Al-Assema TV et Al-Nabaa a décrit comment les menaces grandissantes l’avaient forcé à quitter son pays. Beaucoup de journalistes ont abandonné leur métier plutôt que de travailler pour la propagande.

Pour Guy Berger, de l’UNESCO, tous les acteurs ont besoin d’une information et d’une couverture médiatique fiable, ce qui veut dire qu’il est possible de persuader les propriétaires de médias et les groupes extrémistes de reconnaître l’autonomie des journalistes. Il faut signifier clairement que ceux qui s’en prennent aux journalistes peuvent avoir à subir de graves conséquences.

Berger a également signalé que le Plan des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité était un cadre susceptible de contribuer à la construction de coalitions pour la protection du travail de la presse et d’assurer l’application de la loi en cas d’agression.