A Genève, la Directrice générale met en lumière le lien profond entre la diversité culturelle et la protection des droits humains

Le 31 Mars – la Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova, a participé à une table ronde sur le thème « Droits de l'Homme et protection de la diversité culturelle" à l'Université de Genève, avec la participation du Haut-Commissaire des Nations Unies pour les droits humains, Zeid Ra'ad Al Hussein, de l’écrivain et Envoyé spécial de l'UNESCO pour le dialogue interculturel, Metin Arditi et de la professeure d'université, Mme Julia Kristeva. Le Recteur de l'Université de Genève, Jean-Dominique Vassalli, et un certain nombre comme également présents à l'événement.

La Directrice générale a évoqué la situation en Irak, d'où elle rentrait de mission. "Ce que nous voyons en Irak et en Syrie est sans précédent dans sa nature et dans son échelle, à la fois par ses dimensions humanitaires et morales, car cette tragédie touche à l'essence même des droits humains et à la protection de la diversité culturelle», a-t-elle dit.

Irina Bokova a poursuivi en soulignant que "la Diversité culturelle est une expression des Droits Humains. La persécution des minorités ethniques et religieuses en même temps que le saccage et le pillage du patrimoine participent d'une stratégie globale et délibérée d'éradiquer l'histoire, la mémoire, l'identité et l'existence même des peuples et des Communautés, et par-delà, de la diversité culturelle qui incarne notre patrimoine commun.

Metin Arditi pour sa part a souligné que "les destructions du patrimoine culturel ne sont qu'un symptôme de la destruction de l'Autre"‎. Il a poursuivi en soulignant que "l'occident vit une crise intellectuelle sans précédent. Il faut restituer aux humanités leur place au cœur de nos sociétés. C'est par ce moyen que se formeront les idées et les intellectuels de demain. L'université a une responsabilité historique de préparer la société a sa propre mutation et d'aider les gens a se comprendre et à vivre ensemble".

Julia Kristeva a quant à elle a mis l'accent sur "la question de l'identité et du fanatisme qui constituent des aspects centraux entre d'un côté les ambitions de l'universalisme et de l'autre cote l'expression de la diversité culturelle qui se sent menacée"."L'humanisme doit constituer une perpétuelle remise en question, de ses propres valeurs et de celles des autres, une perpétuelle refondation et il n' y a que les humanités qui sont le laboratoire du nouvel humanisme. Il importe donc de soutenir les humanités et le discours politique et médiatique doit s’en imprégner pour lutter contre les symptômes mortifères du fanatisme‎" a-t-elle poursuivi.

Les intervenants on souligné l'importance d'un enseignement du fait religieux par les humanités afin d'en faire un sujet de savoirs et de connaissance, mais aussi de discussion "afin d'‎éviter que les croyances ne deviennent la possession des fanatiques et des extrémistes."

‎Le Haut-Commissaire a tenu a souligner la centralité du respect du patrimoine culturel ‎comme partie intégrante des droits humains, du droit à jouir de sa propre culture "ce qui subsiste doit être protégé et nous devons y porter la plus grande attention."

‎La Directrice générale a conclu sur le rôle clé de l'éducation à la citoyenneté globale promue par l'UNESCO dont l'éducation aux droits humains constitue le pilier, en soulignant la nécessité d'une alphabétisation culturelle et le développement de compétences interculturelles pour faire face aux sociétés multiculturelles contemporaines et aux défis du vivre ensemble.