Huit éléments d’Algérie, d’Arménie, d’Azerbaïdjan, de Bolivie, de Bosnie-Herzégovine, du Brésil, de Bulgarie et du Burundi inscrits sur la Liste représentative du patrimoine immatériel

La capoeira du Brésil, la danse rituelle au tambour royal du Burundi ou encore les danses yampara de Bolivie font partie des huit nouveaux éléments qui ont été inscrits ce matin sur la Liste représentative du patrimoine immatériel.

Le comité de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel se réunit à Paris jusqu’au 28 novembre. La Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité est composée des expressions qui démontrent la diversité du patrimoine immatériel et qui font prendre davantage conscience de son importance.

Le rituel et les cérémonies de la Sebeïba dans l'oasis de Djanet, Algérie

Le rituel et les cérémonies de la Sebeïba sont pratiqués par deux communautés qui vivent à Djanet le premier mois du calendrier lunaire musulman. Des danseurs et des chanteuses s’affrontent pour représenter leur communauté lors d’une compétition qui se déroule sur neuf jours. Une fois sélectionnés, les danseurs forment un cercle rituel en faisant cliqueter leurs épées tandis que les femmes chantent des chants traditionnels au rythme des tambourins. Le rituel conjure symboliquement les éventuels actes de violence entre communautés en transposant cette violence dans le domaine de la compétition artistique.

Le lavash : préparation, signification et aspect du pain traditionnel en tant qu’expression culturelle en Arménie

Le lavash est un pain fin traditionnel qui fait partie intégrante de la cuisine arménienne. Sa préparation exige beaucoup d’efforts, de la coordination et un savoir-faire spécial, et renforce les liens familiaux, communautaires et sociaux. Les femmes travaillent en groupes pour préparer le lavash, qui est fréquemment servi enroulé autour de fromages locaux, de légumes ou de viandes. Il exerce une fonction rituelle lors des mariages, où il est placé sur les épaules des jeunes mariés afin de leur souhaiter fertilité et prospérité. Les hommes interviennent également dans la fabrication des outils et la construction des fours.

L’art et le symbolisme traditionnels du kelaghayi, fabrication et port de foulards en soie pour les femmes, Azerbaïdjan

La fabrication du kelaghayi comprend le tissage de l’étoffe, sa teinture et sa décoration à l’aide de blocs de bois. Les tisserands choisissent de fins fils de soie pour produire des étoffes carrées. Les couleurs des foulards ont une signification symbolique souvent liée à des occasions sociales : mariages, cérémonies funéraires, célébrations et activités quotidiennes. La fabrication et le port du kelaghayi, expression de l’identité culturelle ainsi que des traditions religieuses et symbole de cohésion sociale, renforcent le rôle des femmes et l’unité culturelle de la société azerbaïdjanaise.

Pujillay et Ayarichi : musiques et danses de la culture yampara, État plurinational de Bolivie

Le Pujillay et l’Ayarichi sont des formes musico-chorégraphiques complémentaires de la culture yampara. Le Pujillay est exécuté au cours d’un rituel qui célèbre le renouveau de la vie et l’abondance amenée par la saison des pluies ; l’Ayarichi est exécuté pendant la saison sèche, lors de fêtes dédiées aux différents saints catholiques. Ces pratiques culturelles représentent un moyen privilégié de communiquer avec la nature. Elles mobilisent de vastes réseaux communautaires, notamment les enfants qui apprennent les connaissances et les savoir-faire associés par le biais des jeux collectifs et l’observation.

La broderie de Zmijanje, Bosnie-Herzégovine

La broderie de Zmijanje fait appel à une technique spécifique pratiquée par les femmes des villages de Zmijanje, en Bosnie-Herzégovine. Traditionnellement, la broderie de Zmijanje sert à décorer les tenues portées par les femmes ainsi que les textiles de maison, comme les robes de mariée, les foulards, les robes et le linge de lit. On utilise un fil bleu foncé pour broder de riches motifs géométriques improvisés ; les variations de ces motifs déterminent le statut social des femmes du village. Cette broderie est généralement faite par des groupes de femmes qui se consacrent à leurs travaux d’aiguille tout en chantant et en discutant.

Le cercle de capoeira, Brésil

La capoeira est une pratique culturelle afro-brésilienne, à la fois un combat et une danse, qui promeut le respect mutuel et la cohésion sociale. Les participants forment un cercle au centre duquel deux d’entre eux s’affrontent. Les mouvements exécutés exigent une grande souplesse du corps. Les autres participants, situés autour du cercle, chantent, tapent des mains et jouent d’instruments à percussion. Les cercles de capoeira sont constitués d’un maître, d’un contremaître et de disciples. Le maître est le gardien des connaissances contenues dans le cercle et transmises aux autres participants par le biais de l’observation et de l’imitation.

Tchiprovski kilimi (la tradition de la fabrication de tapis de Tchiprovtsi), Bulgarie

Les kilimi sont des tapis tissés à la main par les femmes de Tchiprovtsi. Les tisseuses utilisent des métiers à tisser manuels verticaux pour produire des tapisseries traditionnellement utilisées comme revêtement de sol. Le processus de transmission se fait de mère et grand-mère en fille et petite-fille, souvent lors du travail collectif sur de grands tapis. Les hommes de la ville s’occupent généralement de la production, du traitement et de la teinture de la laine. Les tapis sont renommés pour leur composition, leurs motifs ornementaux et leurs couleurs.

La danse rituelle au tambour royal, Burundi

La danse rituelle au tambour royal associe le son du battement des tambours, puissant et synchronisé, à des danses, de la poésie héroïque et des chants traditionnels. Cette danse exige au moins une dizaine de tambours, toujours en nombre impair, disposés en demi-cercle autour d’un tambour central. Deux ou trois tambourinaires exécutent des danses au rythme des tambours. La danse rituelle est un cadre de transmission de messages culturels, politiques et sociaux, ainsi qu’un moyen privilégié de réunir des personnes de générations et d’origines diverses, encourageant ainsi l’unité et la cohésion sociale. 

Le Comité poursuivra cet après-midi et demain l’examen des candidatures pour inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel.
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Les journalistes souhaitant couvrir la session du Comité (UNESCO, Salle I, 125, avenue de Suffren, Paris) sont priés de s’accréditer auprès du service de presse de l’UNESCO.