Huit nouveaux sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial

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Taputapuātea (France)
© SCP
09 Juillet 2017

Le Comité du patrimoine mondial, réuni à Cracovie depuis le 2 juillet, a inscrit sur la Liste du patrimoine mondial des sites culturels en Allemagne, au Danemark, en Fédération de Russie, en France, en Iran, au Japon, en Pologne et un site s’étendant entre la Croatie, l’Italie et le Monténégro.

Les nouveaux sites sont (par ordre d'inscription) :

Ville historique de Yazd (République islamique d’Iran)

La ville historique de Yazd est située au milieu du plateau central iranien, à 270 km au sud-est d’Ispahan, à proximité des routes des épices et de la soie. C’est un témoignage vivant de l’utilisation des ressources limitées pour assurer la survie dans le désert. L’eau est amenée en ville par un système de qanats -ouvrage destiné à la captation d’une nappe d’eau souterraine. Les édifices sont construits en terre. La ville a échappé aux tendances à la modernisation qui ont détruit de nombreuses villes traditionnelles en terre. La cité perdure avec ses quartiers traditionnels le système de qanats, les maisons traditionnelles, les bazars, les hammams, les mosquées, les synagogues.  

 

Ile sacrée d’Okinoshima et sites associés de la région de Munakata (Japon)

Située à 60 km de la côte ouest de l’île de Kyushu, l’île d’Okinoshima est un exemple exceptionnel de la tradition de vénération d’une île sacrée. Les sites archéologiques qui ont été préservés sont pratiquement intacts et offrent une image chronologique de la manière dont les rituels pratiqués sur l’île ont évolué du IVe au IXe siècle de notre ère. Au cours de ces rituels, des objets votifs étaient déposés comme offrandes en différents points de l’île. Beaucoup d’entre eux sont d’une exécution raffinée et viennent d’au-delà des mers, témoignant des échanges intenses entre l’archipel japonais, la péninsule coréenne et le continent asiatique. Intégrée dans le grand sanctuaire de Munakata, l’île d’Okinoshima continue d’être considérée comme sacrée.

 

Ouvrages de défense vénitiens du XVIe au XVIIe siècle : Stato da Terra - Stato da Mar occidental (Italie, Croatie, Monténégro)

Ce bien consiste en 15 éléments d’ouvrage de défense situés en Italie, en Croatie et au Monténégro, qui se répartissent sur plus de 1000 kilomètres entre la région lombarde en Italie et la côte orientale de l’Adriatique. Les fortifications du Stato da Terra, protégeaient la République de Venise au nord-ouest et celles du Stato da Mar, les routes maritimes et les ports de la mer Adriatique vers le Levant. Elles furent nécessaires pour soutenir l’expansion et le pouvoir de la Serenissima. L’introduction de la poudre à canon entraîna d’importants changements dans les techniques et l’architecture militaires qui se reflètent dans la conception des fortifications alla moderna (ou bastionnées) qui allaient se répandre dans toute l’Europe.

 

Kujataa au Groenland : agriculture nordique et inuite en bordure de la calotte glaciaire (Danemark)

Kujataa est un paysage agricole subarctique situé dans la région sud du Groenland. Il témoigne des histoires culturelles paléo-esquimaudes -celles des peuples de chasseurs-cueilleurs venus d’Islande à partir du Xe siècle-,  et des migrations de fermiers nordiques, de chasseurs inuits et des communautés inuits qui se sont développées à partir de la fin du XVIIIe siècle. Malgré leurs différences, ces deux cultures -nordique groenlandaise et européenne-inuite- et les conditions environnementales spécifiques ont créé un paysage culturel fondé sur l’agriculture, le pâturage et la chasse aux mammifères marins. Ce paysage témoigne de la plus ancienne introduction de l’agriculture dans l’Arctique et de l’installation d’un établissement nordique hors d’Europe. 

Taputapuātea (France)

Taputapuātea, sur l’île de Raiatea, se trouve au cœur du « Triangle polynésien », une vaste portion de l’océan Pacifique parsemée d’îles, la dernière partie du globe à avoir été peuplée par les sociétés humaines. Le bien comprend deux vallées boisées, une portion de lagon et de récif corallien et une bande de pleine mer. Au cœur de ce paysage culturel et marin se trouve le marae Taputapuātea, un espace politique, cérémoniel et funéraire. Il se caractérise notamment par une cour pavée et une grande pierre dressée en son centre. Répandus en Polynésie, les marae étaient des points d’intersection entre le monde des vivants et celui des ancêtres. Taputapuātea apporte un témoignage exceptionnel de 1000 ans de civilisation mā'ohi.

Grottes et l’art de la période glaciaire dans le Jura souabe  (Allemagne)

Les premiers humains modernes sont arrivés en Europe il y a 43 000 ans, pendant la période glaciaire. L’un de leurs lieux d’établissement fut le Jura souabe, dans le sud de l’Allemagne. Six grottes, fouillées depuis les années 1860, ont révélé des vestiges vieux de 43 000 à 33 000 ans. Des figurines sculptées d’animaux (lions des cavernes, mammouths, chevaux, bovins…), des instruments de musique et des objets de parure y ont notamment été trouvés. D’autres figurines représentent des créatures mi-animales, mi-humaines et une statuette de forme féminine a été retrouvée. Ces sites archéologiques témoignent d’un art figuratif parmi les plus anciens au monde et contribuent à éclairer les origines du développement artistique humain.

Mine de plomb, argent et zinc de Tarnowskie Góry et son système de gestion hydraulique souterrain (Pologne)

Situé en Haute-Silésie, une des principales régions minières d’Europe centrale sise dans le sud de la Pologne, le site comprend la totalité du réseau minier souterrain avec ses galeries, puits et galeries d’accès ainsi que son système de gestion hydraulique. La plus grande partie du bien est située en sous-sol, tandis qu’en surface ne subsistent que quelques éléments comme des vestiges de la station de pompage à vapeur du XIXe siècle. Ce système hydraulique reflète les efforts continus pendant trois siècles pour assécher les sites d’extraction souterrains. Il a permis de transformer la présence indésirable de l’eau dans les mines en une opportunité d’approvisionner en eau les villes et les industries. Tarnowskie Góry a apporté une contribution importante à la production mondiale de plomb et de zinc.

Cathédrale et monastère de l’Assomption de l’île-village de Sviajsk  (Fédération de Russie)

La cathédrale de l’Assomption se trouve dans l’île-village de Sviajsk et fait partie du monastère du même nom. Située à la confluence de la Volga, de la Sviaga et de la Shchuka, au carrefour des routes de la soie et de la Volga, Sviask fut fondée par Ivan le Terrible en 1551. C’est de cet avant-poste qu’il lança la conquête de Kazan. Le monastère de l’Assomption illustre par sa situation et sa composition architecturale, le programme politique et missionnaire développé par le tsar Ivan IV pour étendre l’Etat de Moscou. Les fresques de la cathédrale comptent les exemples les plus rares de peintures murales orthodoxes orientales.

La 41e session du Comité du patrimoine mondial, présidée par Jacek Purchla, fondateur et directeur du Centre culturel international de Cracovie, se tient du 2 au 12 juillet. Les inscriptions se poursuivent cet après-midi.

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Plus d’information sur le Comité

Regarder les débats en direct : https://www.youtube.com/watch?v=pa0-BCc0C2s

Photos : http://whc.unesco.org/fr/nouveauxbiens/

Vidéos des nouveaux sites : http://www.unesco.org/new/fr/new-inscriptions

 

Contacts médias 

 

Lucía Iglesias Kuntz, Service de presse de l’UNESCO, l.iglesias@unesco.org, +33 (0) 6 80 24 07 29 ou +48 574 645 560.

Agnès Bardon, Service de presse de l’UNESCO, a.bardon@unesco.org, +33 (0) 6 80 24 13 56 ou +48 574 645 559

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