Investir dans l'éducation et de la culture est la clé pour une citoyenneté mondiale

Les 8 et 9 Octobre, la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a rejoint des leaders mondiaux, des représentants gouvernementaux et des visionnaires, pour discuter de l'avenir de la citoyenneté mondiale, la dignité humaine et de nouveaux moyens de lutter contre l'extrémisme violent et contre l'intolérance, au cours de deux réunions de haut niveau à Monaco et Genève.

La Directrice générale a souligné la pertinence et le moment opportun du Forum mondial des Citoyens tenu à Monaco, à l’heure où la communauté internationale vient d'adopter à New York l'Agenda 2030 pour le développement durable.

« Cette nouvelle vision propose un profond changement dans la façon dont nous vivons ensemble et prenons soin de notre planète», a déclaré la Directrice générale. « De l’éradication de la pauvreté à l’assurance d’une vie en bonne santé et à la prise des mesures urgentes pour lutter contre le changement climatique, les 17 objectifs de développement durable appellent à un niveau de solidarité mondiale sans précédent. »

« Pour cela, nous avons besoin d'une nouvelle génération de citoyens du monde », a poursuivi Irina Bokova. « La citoyenneté mondiale favorise de nouvelles compétences pour une nouvelle époque, pour promouvoir un plus grand respect pour notre planète et pour la compréhension entre les cultures, pour donner des outils aux jeunes afin qu’ils puissent profiter de la diversité, pour développer de nouvelles valeurs et des comportements de solidarité et de responsabilité, pour exploiter l'énergie des jeunes femmes et les hommes au bénéfice de tous ».

La Directrice générale a souligné l'importance de la protection de la diversité culturelle dans ces temps troublés où l'extrémisme violent menace nos sociétés, ciblant notre patrimoine mondial, et attaquant la diversité culturelle. Elle a également souligné la puissance de l'éducation comme un droit humain, une puissance pour l'égalité entre les genres, et une force de transformation pour les sociétés.

« La meilleure stratégie est de s’unir, dans la diversité de nos origines, de nos religions, de nos opinions, pour dialoguer, et pour réaffirmer notre unité dans la diversité », a déclaré Irina Bokova.

« Nous devons rapprocher les cultures à travers le dialogue basé sur la compréhension mutuelle, les droits humains, la solidarité et l'harmonie avec la planète », a déclaré la Directrice générale.

La Directrice générale a également apporté ce message à l'Université de Genève, où elle a prononcé un discours sur « Les défis des droits humains au XXIème siècle » à l'occasion de la cérémonie du Dies academicus, en présence de Mme Anne Emery-Torracinta, Conseillère d’Etat du canton de Genève, Chargée du Département de l'instruction publique, de la culture et du sport, et M. Metin Arditi, Ambassadeur de bonne volonté de l'UNESCO.

La Directrice générale a présenté l'approche de l'UNESCO dans la lutte contre l'extrémisme violent et a souligné les efforts de l'Organisation afin de mieux intégrer la culture et l'éducation dans la réponse aux situations d'urgence.

A cette occasion, la Directrice générale a été honoré de recevoir un doctorat honoris causa de l'Université pour « son combat pour l’ouverture, pour la démocratie et le libre débat, pour la protection de la culture et des biens culturels, comme porte-drapeau en faveur du respect des droits des femmes et de l'égalité, pour son combat pour le droit à la différence et pour l'enseignement contre l'antisémitisme ».

« Les universités comptent parmi les institutions les plus anciennes au monde. Elles ont une histoire, forgée au fil des guerres, des conflits religieux et de toutes les révolutions auxquelles elles ont toujours survécu. Elles font aussi l’Histoire et elles construisent l’avenir », a déclaré le Recteur de l'Université de Genève, Yves Fluckiger. «Elles sont aujourd’hui plus indispensables que jamais. [...].  A travers le dialogue, la création de savoir, la transmission de la culture, elles sont le lieu de la liberté de pensée, de la recherche de la vérité [...].  Les universités sont l’antithèse de tous les fanatismes. De ces fanatismes qui mènent à la destruction de Palmyre et qui portent atteinte au patrimoine culturel mondial. »

« Nous avons voulu ‎distinguer aujourd'hui des femmes éminentes qui s'engagent pour le respect des droits humains au niveau mondial et au niveau local », a poursuivi le Recteur.

A cette occasion, la Directrice générale a salué « Mme Elisabeth Decrey-Warner, Présidente et co-fondatrice de l'Appel de Genève, grande défenseur des droits humains », qui a également été honoré de recevoir un doctorat honoris causa de l'Université. 

« C’est l’UNESCO que vous honorez à travers cette reconnaissance. Vous avez salué mon combat, sachez que c’est le combat de l’UNESCO, le combat de l’humanisme », a déclaré la Directrice générale.

À Genève, la Directrice générale a également participé à une réunion d'information pour les délégations et les États membres des Nations Unies sur « le rôle de l'UNESCO dans la lutte contre l'extrémisme violent : la nécessité d'investir dans l'éducation, la culture et l'éducation aux médias. » Après la présentation de la Directrice générale, une session de questions et réponses entre les États membres et la Directrice générale a eu lieu sur les défis de l'Organisation dans la lutte contre l'extrémisme violent à travers l'éducation et la lutte contre le trafic illicite d'objets culturels.