Irina Bokova défend le pluralisme par l’éducation

« De quel type d’éducation avons-nous besoin afin de bâtir un avenir plus pacifique et plus viable pour tous ? ». Au cours d’une table ronde tenue au Centre mondial du pluralisme à Ottawa (Canada), la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a présenté de nouvelles approches du vivre ensemble dans des sociétés toujours plus diverses et vulnérables.

Dans son allocution de bienvenue adressée à Mme Bokova, le Secrétaire général du Centre, M. John McNee, a affirmé que l’un des plus grands défis du XXIe siècle consistait à trouver les moyens de vivre ensemble au sein de sociétés diverses. « Lorsque la diversité est appréciée et acceptée, les sociétés sont plus pacifiques », a-t-il ainsi déclaré.

La Directrice générale a abondé en ce sens en ajoutant que l’extrémisme violent représentait l’une des plus graves menaces pesant sur la paix, la sécurité et le vivre ensemble : « Nous devons en comprendre les causes profondes et mettre à profit toute la force du mandat de l’UNESCO pour y faire face. Il nous faut plus que jamais rapprocher les cultures par le dialogue, dans le respect et la compréhension, et tirer le meilleur parti de la diversité ».

Elle a affirmé que l’éducation – mais pas n’importe-quelle éducation – constituait l’un des outils les plus puissants pour lutter contre l’extrémisme violent, tandis que le patrimoine culturel était un formidable moyen de promouvoir la diversité et la compréhension mutuelle. Elle a insisté sur la nécessité d’adopter de nouvelles approches et un nouvel état d’esprit pour permettre aux jeunes d’acquérir un esprit critique ainsi que les compétences culturelles offrant la possibilité d’un engagement citoyen.

Elle a présenté l’action menée par l’UNESCO pour promouvoir l’éduction à la citoyenneté mondiale et prévenir l’extrémisme violent, citant comme exemple deux forums mondiaux, et un troisième qui se tiendra à Ottawa en 2017, ainsi que le lancement prochain d’un guide à l’intention des enseignants.

S'en est suivi une discussion animée portant essentiellement sur la manière de renforcer les atouts du pluralisme et de faire en sorte qu’il fonctionne dans la pratique.

M. Khalil Shariff, Directeur général de la Fondation Aga Khan Canada, a plaidé pour une « vision bifocale » de l’éducation, qui prépare les jeunes à la fois au marché du travail et à leur rôle au sein des démocraties.

Le multilinguisme, le rôle de l’éducation dans la réconciliation, les nouvelles tendances en matière d’enseignement et d’apprentissage et le partage des bonnes pratiques, y compris en ce qui concerne l’intégration des réfugiés, ont été autant de sujets soulevés par les représentants des gouvernements, des ONG et de la communauté de l’éducation.

Le Centre mondial du pluralisme est le fruit d’un partenariat entre le Gouvernement du Canada et Son Altesse l’Aga Khan destiné à promouvoir une vision diverse et plurielle des sociétés.