Irina Bokova rend hommage aux lauréats du prix Nobel de la paix 2014 à Oslo

La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, est à Oslo (Norvège) le 10 décembre 2014 pour assister à la cérémonie à l’Hôtel de ville de la remise du prix Nobel de la paix 2014 à deux ardents défenseurs du droit à l’éducation : Malala Yousafzaï, du Pakistan, et Kailash Satyarthi, d’Inde.

Les co-lauréats partagent le prix « pour leur lutte contre la répression des enfants et des jeunes et pour le droit de tous les enfants à l’éducation. »

« L’attribution du prix Nobel de la paix à ces deux ardents défenseurs de l’éducation est un message retentissant sur l'importance de l’éducation pour la construction de la paix durable à travers le monde », a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO dans un message à la suite de l’annonce des lauréats. « Ce prix Nobel est le prix Nobel pour l’éducation, c’est un prix pour l'éducation des filles – car la place d’un enfant, c’est d’être à l’école : toutes les filles et tous les garçons doivent être à l’école, et ne devraient pas en être empêchés en raison du mariage précoce, du travail, ou parce qu’ils sont traités comme des marchandises ou des produits, » a-t-elle continué.

À 17 ans, Malala Yousafzaï, la plus jeune lauréate du prix, a survécu à une tentative d’assassinat pour avoir défendu le droit des filles à l’éducation dans son Pakistan natal. Parallèlement à ses études qu’elle poursuit au Royaume-Uni, elle continue d’inspirer un mouvement international en faveur du droit à l’éducation, et s’est déplacée à Oslo avec d’autres jeunes militants du Nigéria, de Syrie et de son propre pays pour recevoir son prix.

Kailash Satyarthi, 60 ans, est à l’avant-garde du mouvement mondial pour l’abolition de l’esclavage et de l’exploitation des enfants. Grâce à sa fondation, Bachpan Bachao Andolan, il a libéré près de 84 000 enfants de la servitude. Au cours d’une conversation avec la Directrice générale à New Delhi le mois dernier, il a affirmé que « le changement est impulsé chaque jour en parlant des droits, et non de la charité envers les enfants. » Il a mené une marche d’une durée de six mois à travers l’Inde pour demander que le droit à l’éducation soit inscrit dans la Constitution, ce qui a été fait en 2009. Il a souligné l’importance de rallier les institutions et dirigeants religieux car « s’ils sont convaincus et épousent la cause de l’éducation des filles, ils pourront à leur tour convaincre d’autres personnes, et cela en sera d’autant plus puissant. »

L’UNESCO entretient des liens étroits avec les deux lauréats. En tant que fondateur et président de la Campagne mondiale pour l’éducation, Kailash Satyarthi fait figure de proue dans l’accès à l’éducation pour tous dans le monde. En solidarité avec Malala Yousafzaï, l’UNESCO et le gouvernement du Pakistan ont lancé le Fonds Malala pour l’éducation des filles en 2013, qui œuvre à travers des politiques de formation d’enseignants, de sensibilisation des communautés et d’éducation intégrant la distinction homme-femme pour surmonter les inégalités et les discriminations.

Le prix Nobel de la paix est décerné par un comité nommé par le parlement norvégien. Selon le testament d’Alfred Nobel, le prix de la paix doit être attribué à « une personne qui aura accompli le plus grand et le meilleur travail pour la fraternité entre nations, pour l’abolition ou la réduction des forces armées et pour la tenue et la promotion de congrès pour la paix ». Le prix est remis chaque 10 décembre, date de décès d’Alfred Nobel, et qui coïncide désormais avec la Journée des droits de l’homme.

Lors de sa visite à Oslo pour assister à la cérémonie de prix et au banquet, la Directrice générale rencontrera le Ministre des Affaires étrangères de Norvège, M. Borge Brende, ainsi que des membres de la Commission nationale norvégienne pour l’UNESCO.

Erna Solberg, Première Ministre de Norvège, a annoncé lors d’un événement organisé à l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre par l’Initiative mondiale pour l’éducation avant tout de l’ONU, que la Norvège allait doubler son aide financière en faveur d’une bonne éducation de qualité au cours des trois prochaines années. Un livre blanc sur l’éducation publié récemment affirme que la Norvège jouera un rôle moteur pour faire de l’éducation une priorité absolue dans la coopération internationale pour le développement, et mettra un fort accent pour toucher ceux qui en ont le plus besoin, notamment les filles.