Les jeunes d’Amérique latine rêvent de communautés durables

Des jeunes du Guatemala et du Salvador attaquent à la racine les effets du changement climatique afin d’intégrer le développement durable dans leurs communautés.

Ils font partie du programme des Jeunes Ambassadeurs, dirigé par Asociación SERES, une organisation qui a reçu le Prix UNESCO-Japon d’éducation en vue du développement durable (EDD) en novembre 2015, en récompense de son travail exceptionnel.

Malgré les obstacles que constituent la pauvreté, la guerre et les pénuries dans la région, l'organisation a apporté depuis sa fondation en 2009 des changements positifs grâce au développement durable, en autonomisant les jeunes.

Dans le cadre de ce programme, les participants élaborent des plans d'action à mettre en œuvre dans leurs communautés. Ils vont de la promotion d’une alimentation locale, du recyclage et de la gestion des déchets, à la formation de comités locaux de l'environnement.

« Malgré la richesse naturelle de ces territoires, beaucoup de gens d’ici vivent dans la pauvreté et ils sont très vulnérables à tout, y compris au changement climatique. Les jeunes sont laissés de côté, sans tissu social, forcés d’émigrer à la recherche de meilleures opportunités, dans un système qui impose des solutions sans leur demander ce qu'ils veulent vraiment ou de quoi ils ont besoin. C'est pourquoi j’ai pensé que la meilleure chose à faire était de commencer par les écouter », déclare Corrina Grace, fondatrice et directrice exécutive de SERES.

La « machete » pour le changement

Grâce à une série d'ateliers, les participants apprennent à mieux se comprendre, à s'améliorer et à renforcer leurs potentialités pour travailler sur leurs objectifs. En parallèle, les programmes comportent des informations techniques liées au développement durable, pertinentes au niveau local comme la souveraineté alimentaire, la permaculture, le changement climatique et la diversité biologique.

« SERES nous donne une « machete » pour travailler, elle nous aide à appliquer ce que nous apprenons à notre réalité et à élaborer des plans d'action dans nos groupes, nos communautés et au-delà », dit Antonio Sánchez, 28 ans, un ancien participant aujourd’hui fondateur et animateur de SERES au Salvador.

« Nos participants viennent de milieux très divers, autochtones, mestizos, fermiers, étudiants... et ils doivent trouver leur propre façon de changer ce qu’ils veulent changer, il n’y a pas de recette », dit Isabel Pérez, coordinatrice des stratégies.

Surmonter les obstacles, capitaliser sur la réussite

SERES a dû faire face à deux obstacles majeurs : convaincre les personnes plus âgées en particulier, de la pertinence du développement durable et de son rôle dans la résolution de problèmes comme l’amélioration des récoltes et les ressources limitées qui impactent la mise en œuvre des plans d'action. Mme Grace ajoute que l’association veut se développer pour passer des 1 500 jeunes gens avec qui elle travaille actuellement, à sept mille d'ici à 2020.

Le Prix UNESCO-Japon de l’ESD a été une excellente motivation. Lors de la cérémonie de remise du prix à l'UNESCO à Paris, en novembre 2015, la fondatrice et directrice Corrina Grace était accompagnée d’Abigail Quic, 26 ans, jeune chef maya des montagnes du Guatemala, preuve vivante du travail de SERES.

« Lorsque j'ai vu tous ces gens dans l’auditoire, je n’arrivais pas à croire qu’une jeune femme maya parlait à tous ces représentants du monde entier... alors j'ai dit ce que j’aurais dit à tout le monde sur cette planète : nous avons beaucoup à faire pour un monde meilleur, c'est pourquoi s'il vous plaît, rejoignez notre travail, peu importe qui vous êtes » se souvient Abigail Quic.

SERES s’ouvre à d'autres latitudes. En 2015, Global SERES a été créé pour impliquer davantage de partenaires dans le monde. SERES a aussi reçu des terres au Guatemala où elle projette de construire sa Comuniversidad, un centre destiné à jeter un pont entre les savoirs des communautés et les connaissances académiques.

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