Le journaliste né en Erythrée Dawit Isaak, lauréat du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano 2017

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Dawit Isaak en Suède, fin des années 80
© Kalle Ahlsén
30 Mars 2017

Actuellement en détention, le journaliste suédo-érythréen Dawit Isaak est le lauréat 2017 du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano. Dawit Isaac a été arrêté lors d’une opération de répression contre les médias en septembre 2001. Les dernières nouvelles qu’on a de lui remontent à 2005. Son lieu de détention n’est pas connu.

Un jury international indépendant de professionnels des médias a recommandé à l’unanimité Dawit Isaak, pour son courage, sa résistance et son engagement en faveur de la liberté d’expression. Cette recommandation a été approuvée par la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova.

« Défendre les libertés fondamentales demande de la détermination et du courage, cela requiert des militants courageux », a déclaré Irina Bokova, « C'est tout le sens de l'héritage de Guillermo Cano, et du message que nous envoyons aujourd'hui avec cette décision qui met en lumière le travail de Dawit Isaak »

« Le nom de Dawit Isaak s’ajoute à la longue liste de journalistes courageux qui ont travaillé sans relâche pour faire la lumière sur les zones d’ombre afin d’informer leurs communautés en dépit des obstacles », a déclaré Cilla Benkö, Présidente du jury du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano 2017. « Certains d’entre eux ont payé de leur vie le prix de la vérité et beaucoup ont été emprisonnés. Dawit Isaak a passé près de 16 ans en prison sans inculpation ni jugement. Je souhaite sincèrement que, grâce à ce prix, le monde se dise « Libérez Dawit Isaak maintenant ».

Dawit Isaak, dramaturge, journaliste et écrivain, s’est exilé en Suède en 1987, pays qui lui a ensuite octroyé la citoyenneté. Au lendemain de l’indépendance de l’Erythrée, il est retourné dans son pays natal et est devenu l’un des fondateurs et reporters de Setit, le premier journal indépendant du pays. Dawit Isaak était connu pour ses reportages critiques et engagés.

Le Prix sera décerné à l’occasion des célébrations de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai, qui auront lieu cette année à Jakarta (Indonésie) en présence de la Directrice générale de l’UNESCO et du Président indonésien, Joko Widodo.

Créé en 1997 par le Conseil exécutif de l'UNESCO, le Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano vise à distinguer une personne, une organisation ou une institution qui a contribué, de manière notable, à la défense et/ou à la promotion de la liberté de la presse où que ce soit dans le monde, surtout si pour cela elle a pris des risques.

Doté d’un montant de 25 000 dollars, le Prix a été créé en l’honneur de Guillermo Cano Isaza, journaliste colombien assassiné à l’entrée des bureaux du journal, El Espectador, à Bogotá, le 17 décembre 1986. Il est financé par la Fondation Cano (Colombie) et la Fondation Helsingin Sanomat (Finlande).

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Contacts médias : George Papagiannis, +33 (0) 1 45 68 17 06, g.papagiannis@unesco.org et Sylvie Coudray, +33 (0) 1 45 68 42 12, s.coudray@unesco.org