L’éducation est essentielle pour la paix en Iraq

Le 2 novembre, durant sa visite officielle en Iraq, la Directrice générale a visité le camp Baharka pour les personnes déplacées (IDP), près d’Erbil. Elle était accompagnée par le Gouverneur d’Erbil, M. Nawzad Hadi Mawlood, et par le directeur du camp.

Elle a rencontré une douzaine d'étudiants et de parents, qui lui ont offert des peintures relatant leur vie d’aujourd’hui et passée.

Mohammed, âgé de 4 ans, a dessiné une école comme il l'imaginait. Un autre garçon a peint le drapeau de l'Iraq. Une mère de cinq enfants, qui vient d’une ville près de Mossoul, a esquissé les camps avec ses rangées de tentes. La Directrice générale a écouté les explications de chaque tableau et le récit des sentiments qu'ils évoquent. Un jeune homme a présenté un dessin d'une maison que l’on attaque et qu’un jeune garçon protège en plantant une rose.

« L’éducation, c’est la crise cachée de l’Iraq et je suis venue pour vous soutenir, en réponse aux terribles violations des droits de l'homme dont vous souffrez », a déclaré la Directrice générale.

Irina Bokova a posé la première pierre de l'école secondaire qui sera construite par l'UNESCO en décembre 2014 pour les habitants du camp, en soulignant l'importance d'aborder de front la crise de l'éducation et l'engagement de l'UNESCO à agir. Après avoir visité le camp, Irina Bokova a dévoilé une plaque sur l’école secondaire qui sera accessible aux élèves du camp – jeunes filles et garçons - en décembre 2014.

« L’éducation est un droit humain fondamental.  C’est aussi un impératif pour le développement et la sécurité de l’Iraq », a déclaré la Directrice générale. Nous ne pouvons pas permettre que toute une génération de jeunes Iraquiens soit privée de leur droit à l’éducation. Cela obscurcirait le futur du pays dans son ensemble encore davantage ».

Irina Bokova a lancé un appel en faveur d’un soutien accru aux structures éducatives en Iraq, soulignant que « cela doit figurer au cœur de tous les efforts de construction de la paix ».

L’Iraq compte désormais une des plus importantes populations de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays. Entre le 1er janvier et le 5 octobre 2014, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) y a recensé près de 1,814 million de personnes déplacées.

Le Camp de Baharka, un des quatre grands camps installés dans la région kurde d’Iraq, a été mis en place le 2 août 2014 en tant que camp pour les personnes déplacées. Auparavant, il s’agissait d’un camp de transit pour les réfugiés syriens. On y compte 617 familles, soit 3 219 personnes dont 1075 âgées de 5 à 17 ans.

Les étudiants, les jeunes et les personnes vulnérables, en particulier les femmes, constituent une part importante des personnes déplacées. Les jeunes sont particulièrement affectés par la crise et ont besoin de structures leur permettant de retrouver un semblant de normalité, une certaine stabilité et une confiance dans l’avenir afin de réduire le risque de vulnérabilité provoqué par la violence, les abus et la manipulation idéologique. Un grand nombre d’entre eux n’ont pas pu se présenter aux examens de juin 2014 à cause de la crise actuelle et cela peut compromettre leur avenir.

Alors qu’une partie des personnes déplacées du Kurdistan iraquien a pu s’installer temporairement chez des parents ou louer des logements, un très grand nombre d’entre elles a encore besoin d’un abri et des services de base. Pour répondre à ces besoins, le gouvernement de la région kurde d’Iraq, des agences des Nations Unies et des ONG internationales ont installé des camps et des abris temporaires dans le cadre des réponses d’urgence.

Face à cette crise des personnes déplacées, la Directrice générale a indiqué que l’UNESCO était en train de mettre en place quatre écoles secondaires totalement équipées dans les camps de Baharka (Gouvernorat d’Erbil), de Dawodiya (Gouvernorat de Dohouk) et Barzanja (Gouvernorat de Sulymanihiya) et de rénover 23 écoles secondaires dans des communautés de Dohouk, Erbil, Sulymanihiya, Basra, Najaf, Karbala et Bagdad.

Devant un auditoire composé d’élèves et d’enseignants, Irina Bokova a exprimé son indignation face aux violations des droits de l’homme, à la répression et aux violences dont ils ont été victimes.  « Les attaques et la répression par des extrémistes sont inacceptables et nous devons tout faire pour arrêter cela, pour vous aider à rentrer chez vous, pour assurer que toutes les filles et les garçons se rendent à l'école. » Elle a affirmé que, dans de telles circonstances, l’éducation est plus que jamais essentielle « pour le futur de l’Iraq, pour renforcer les perspectives de stabilité, pour combattre l’extrémisme, pour soutenir les droits de chaque femme et de chaque homme ».

« Pour cela, nous devons nous assurer que vous étudiez pour avoir la chance de réaliser vos rêves ».