L’éducation comme stratégie de prévention du génocide. Mme Irina Bokova prend part à une manifestation ministérielle parallèle consacrée à la prévention du génocide.

Le 24 septembre, la Directrice générale de l’UNESCO, Mme Irina Bokova, a participé à la manifestation intitulée « Vers des sociétés inclusives : l’autonomisation et l’éducation comme stratégie de prévention du génocide », dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations Unies.

La rencontre organisée conjointement par le Ministre d’État de la Belgique, M. De Decker, et la Ministre des affaires étrangères du Ghana, Mme Hannah Tatteh,  était animée par le Conseiller spécial du Secrétaire général pour la prévention du génocide, M. Adama Dieng.

L’objet de cette réunion parallèle était de réfléchir aux moyens de s’attaquer aux causes profondes des propos haineux, notamment par des actions de sensibilisation et des initiatives éducatives ciblées. À cet égard, une question essentielle était de se demander de quelle manière et dans quelle mesure les nouvelles technologies de la communication et de l’information pouvaient constituer un instrument éducatif de nature à favoriser une société inclusive.

La Directrice générale a insisté sur le rôle fondamental que peut jouer l’éducation s’agissant de modérer les propos haineux et la violence.

« La prévention du génocide commence sur les bancs de l’école », a-t-elle affirmé.

« L’éducation peut aider à prévenir les propos haineux et à vaincre les préjugés en faisant reculer l’ignorance, grâce à la promotion de l’apprentissage du vivre-ensemble, à la culture du respect de chacun (…). Il s’agit, à mes yeux, d’un impératif du point de vue des droits de l’homme, du développement et de la sécurité. » La Directrice générale a particulièrement mis en avant le besoin de développer l’éducation aux médias afin de prévenir les discours de haine et de promouvoir la tolérance grâce aux nouvelles TIC. « Dans un monde où un simple clic sépare le « local » du « mondial », nous devons renouveler notre engagement en faveur du dialogue, de la tolérance, de la réconciliation et de la compréhension, aussi bien en ligne que hors ligne. » Mme Bokova a poursuivi son discours en évoquant le leadership exercé par l’UNESCO dans la promotion de nouvelles formes de citoyenneté mondiale et de la liberté d’expression.

En outre, la Directrice générale a mis l’accent sur l’attachement de l’UNESCO à l’enseignement de l’histoire de l’Holocauste et des autres génocides. En particulier, elle a indiqué que l’Organisation avait récemment créé plusieurs chaires universitaires dédiées à l’enseignement des génocides et qu’elle collaborait avec plusieurs Ministères de l’éducation d’Afrique et d’Amérique latine sur ce sujet.

« L’enseignement des génocides n’est pas qu’un travail de mémoire des personnes disparues », a-t-elle affirmé, « il s’agit d’un effort visant à alerter les populations d’aujourd’hui et à rappeler que les événements du passé peuvent se reproduire ».

Le Ministre d’État belge a déclaré qu’il fallait combattre les causes profondes des propos haineux par des actions de sensibilisation et des initiatives et programmes éducatifs que son pays s’engage à soutenir.

La Ministre des affaires étrangères du Ghana a appelé à sensibiliser les médias aux dangers que représentent l’incitation à la haine et à leur rôle dans la construction d’une culture de la paix. Elle a en outre souligné que « l’éducation des adultes était aussi importante que celle des enfants, puisque ces premiers étaient ceux qui incitaient à la violence ».

Le Conseiller spécial du Secrétaire général pour la prévention du génocide, M. Adama Dieng, a détaillé les mesures conjointes mises en œuvre par son bureau et l’UNESCO pour prévenir et traiter l’incitation à la violence qui peut conduire à des atrocités.

Irina Bokova a conclu par ces mots : « L’histoire nous apprend que l’humanité est capable du pire comme du meilleur. C’est pourquoi l’éducation est essentielle : elle permet de transmettre notre histoire commune, de cultiver le respect de l’égalité, des droits de l’homme et de la dignité, et de lutter contre toute forme de haine et de discrimination. Il s’agit d’une lutte pour le meilleur de l’humanité ».