L’Alliance exige une forte initiative mondiale pour l’égalité de genres et les médias

L’Alliance mondiale pour le genre et les médias (AMGM) a appelé les Etats membres de l’ONU à accorder un rôle puissant aux questions du genre, des médias et des TIC dans les Objectifs de Développement Durable (SDG) pour la période après 2015.

« Nous ne pouvons pas parler d’égalité, de bonne gouvernance, de liberté d’expression ou encore de gestion durable alors que l’on fait taire des femmes dans et par le biais des médias et que les nouvelles technologies sont utilisées pour nuire aux droits des femmes et des journalistes femmes », a remarqué le Comité de pilotage (ISC) de l’AMGM, un réseau global de 500 organismes de médias et de développement des médias, d’associations et de sociétés civiles.

Le Comité de pilotage de l’AMGM, qui s’est réuni pour la première fois les 4 et 5 novembre 2014 à Genève sous l’égide de l’UNESCO et de l’ISESCO, a déclaré que le droit à la communication, l’accès à l’information et aux technologies de l’information et de la communication (TIC) fait partie intégrante du développement durable. Selon l’AMGM, « il est frappant de voir à quel point ce sujet est absent des 17 objectifs de développement durable et des 169 objectifs qui remplaceront les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) l’année prochaine.»

Des recherches de l’Association mondiale pour la communication chrétienne (WACC) constatent que les femmes sont à la source d’à peine 24% des contenus médiatiques. Une étude mondiale de la Fondation internationale des femmes dans les médias (IWMF) montre que les femmes représentent seulement 36% des reporters et 1/4 des décideurs dans les médias. Plusieurs études révèlent un écart croissant entre les hommes et les femmes propriétaires ou usagers des TIC. En outre, les nouveaux médias nourrissent de nouvelles formes de violence envers les femmes et les jeunes filles, tels que le harcèlement, l’abus de faiblesse, et le trafic d’êtres humains.

Les menaces et violences contre les professionnels des médias, notamment les attaques mortelles, sont en général bien documentées par des organisations telles que l’Organisation mondiale des journaux (WAN-IFRA), la Fédération internationale des journalistes (FIJ), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters Sans Frontières (RSF). Cependant, aucun groupe n’enregistre les données relatives aux menaces de sécurité des journalistes femmes à l’échelle mondiale. Les signalements des attaques contre les femmes travaillant dans les médias restent au mieux anecdotiques.

Les points que l’AMGM veut ancrer dans les SDG comprennent :

  • La participation égale et effective des femmes ainsi que la non-violence à leur égard, dans tous les domaines de la pratique et la gestion des médias.
  • Un accès égal aux avantages des TIC dans les médias pour les femmes.
  • Le droit à la sécurité et l’intégrité physique dans l’espace publique numériquement médiatisé.
  • Une représentation juste et équilibrée des genres et des femmes dans les médias, en ce qui concerne le contenu et la portée de ces représentations.
  • Une couverture médiatique sensible et adéquate de la violence contre les femmes et les jeunes filles et qui soit axée sur le respect de leurs droits.
  • Le respect de l’égalité des chances entre femmes et hommes dans les médias, les politiques des TIC et les cursus éducatifs.
  • Des formations et campagnes sur le genre, les médias et la maîtrise de l’information.

Fondée après une conférence majeure sur le genre et les médias tenue par l’UNESCO et ses partenaires à Bangkok en décembre 2013, l’AMGM cherche à exploiter les nouvelles opportunités mais aussi à aborder les défis liés à l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes dans et par les médias, dont l’architecture a radicalement changé dans le contexte des sociétésdu savoir.

L’AMGM-ISC se préoccupe du fait que le progrès vers des médias qui soutiennent l’égalité des genres et les droits des femmes reste douloureusement lent. L’AMGM donnera plus d’ampleur et de visibilité aux initiatives régionales et mondiales sur le genre et les médias afin d’accélérer le changement. En outre, l’AMGM s’engage pour que le droit des femmes à la communication gagne de l’importance dans l’évaluation actuelle des objectifs « Bejing+20 », dans les débats sur l’agenda du développement post-2015 et le Sommet pour la société de l’information (WSIS+10).

Les priorités identifiées par l’AMGM comprennent :

  • L’autonomisation des femmes et l’égalité des genres dans et par les médias pour une meilleure représentation des femmes dans les instances de direction des médias.
  • Une meilleure protection contre la violence et l’abus des journalistes femmes en et hors ligne. Cela implique l’assemblage d’une base de données solide sur la violence contre les femmes dans les médias.
  • Renforcer la recherche, les dispositifs politiques et les meilleures pratiques pour des contenus et des pratiques médiatiques sensibles à la question du genre. Développer des directives d’un bon journalisme.
  • Rassembler et partager les mesures politiques, les contenus et les bonnes pratiques qui font avancer l’égalité des genres dans et par les médias et les TIC.
  • Promouvoir la recherche sur les femmes dans les médias.

L’ISC s’est mis d’accord sur son fonctionnement, y compris sur les sous-comités thématiques ou régionaux : jeunesse, recherche, renforcement des capacités et formation, plaidoyer politique, communication, campagnes et relations externes, médias, politiques TIC, contenu et pratique.

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